Coronavirus : ce qu’il nous révèle

– Quand nos vies vacillèrent avec le COVID-19

– La destruction programmée du service de santé publique

De très nombreuses voix s’élèvent en ce moment dans la population posant la question suivante :  « le virus aurait-il tant tué si les politiques d’austérité n’avaient pas démantelé dans notre pays l’hôpital public ? ». A l’heure des comptes, la réponse va peser lourd car d’ores et déjà des recours, référés, plaintes commencent à être déposés auprès des tribunaux compétents pour mise en danger délibérée à grande échelle de la vie d’autrui. La crise sanitaire actuelle ne tient-elle pas autant à la dangerosité de la maladie qu’à la dégradation organisée de notre système sanitaire ? L’épidémie du Coronavirus découvre aux yeux de tous ( même des plus sceptiques) une organisation économique encore plus aberrante que ce que chacun pouvait soupçonner…Nous savons désormais ce qu’il en coûte de confier à des chaînes d’approvisionnement à travers le monde et opérant sans stocks, le soin de fournir à un pays en détresse les millions de masques de protection et les produits pharmaceutiques dont dépend la vie de ses malades, de son personnel hospitalier, de ses citoyens. Une organisation de l’absurde, instituée au début des années 2000, avec la tarification à l’activité (T2 A), proportionnant le financement des établissements au nombre d’actes médicaux effectués, plutôt qu’en fonction d’une planification réelle des besoins.

N’est-ce pas une situation curieuse que celle où l’État devient une source d’aggravation du problème par son obstination depuis des années à briser le système de santé, son propre système de santé ? Et si nous sommes naïfs, posons-nous encore la question suivante : comment la puissance publique peut-elle soudainement découvrir à l’occasion de l’épidémie de coronavirus ce que ses plus hauts responsables s’acharnaient à détruire ? Dissonance cognitive peut-être, une expression très usitée pour expliquer que  la main droite fait le contraire de la main gauche. D’un coup, nos gouvernants et leurs cohortes d’experts commenceraient à s’interroger sur notre dépendance à la Chine, au libre-échange, à l’avion et à mesurer à quel point nos systèmes économiques adossés à la mondialisation seraient mauvais pour la santé…épidémie ou pas d’ailleurs. Ah, les experts, « le problème avec les experts, c’est qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’ils ignorent » écrivait cruellement Nassim Nicholas Taleb dès avant la crise financière de 2008 ! Parce que oui, cela semble tomber sous le sens sans être grand stratège, qu’il faut pouvoir disposer d’une structure hospitalière publique assumant d’avoir en permanence des lits disponibles et on ne peut pas dire que le corps médical n’en ait pas averti les différents ministres de la santé ces dernières décennies. De même les récentes et fortes mobilisations des personnels de la santé, EHPAD et hôpitaux confondus réclamant à cor et à cri des moyens.

Etat des lieux quand le coronavirus COVID-19 s’invite en France : pourquoi la gestion de l’épidémie est-elle mensongère et criminelle ?

Donc, depuis des dizaines d’années les politiques d’austérité ont largement dépouillé nos services de santé de leur capacité d’accueil. Pour mémoire, si on remonte le temps, en 1980, la France comptait 11 lits d’hôpital (tous services confondus) pour 1000 habitants. On n’en dénombre plus que 6, mais cela ne suffisait pas à Agnès Buzin, alors en charge du ministère de la santé puisqu’elle proposait en septembre, de les livrer «  aux bons soins des gestionnaires de lits », chargés de pratiquer encore et encore des coupes sombres dans ce qu’il convient de nommer à présent une ressource rare : les lits d’hôpitaux. Quelques chiffres parlant encore, 70 000 lits fermés en France depuis 2004 et 4500 depuis 2018. Noam Chomsky, linguiste, philosophe et professeur américain de renommée mondiale avait prévenu et donné la recette : « Comment détruire un service public ? Commencer par baisser son financement. Il ne fonctionnera plus. Les gens s’énerveront, ils voudront autre chose. C’est la technique de base pour privatiser un service public ». Et le tour est joué, ni vu ni connu, je t’embrouille.

C’est la raison pour laquelle, dès le développement de l’épidémie en Chine courant décembre et au vu de l’état du système sanitaire français, le pire ne pouvait qu’advenir. Malheureusement pour nous, le pire s’est accru quand les pouvoirs publics et les autorités sanitaires de notre pays n’ont pas voulu prendre la mesure de la gravité de la situation. Il aurait fallu bien en amont, dès février faire porter des masques à toute la population, la tester, afin d’isoler les personnes atteintes du virus et les traiter (voir recommandations du professeur Raoult). Cela fut-il entrepris ? Non, alors que des professeurs de médecine, spécialistes, chercheurs sonnaient déjà l’alarme, le 7 mars, le Président de la République paradait dans une salle de spectacle de la capitale pour inciter les Parisiens à continuer à sortir, à aller au théâtre ! Les EHPAD auraient dû recevoir toute l’attention et bénéficier en priorité des matériels de protection. Cela fut-il fait ? Non, encore une fois, non bien sûr et nous avons assisté au drame qui s’est déroulé dans les hôpitaux, les EHPAD. Pendant les deux premières semaines de mars jusqu’à la date du confinement le 17 mars, le COVID-19 s’est propagé sans contrainte, rappelez-vous, les lieux publics restaient ouverts (théâtres, cinémas, restaurants, piscines etc.), le gouvernement, les media clamaient haut et fort que le port de masques et de gants était inutile. Que pouvaient-il dire d’autre que ce mensonge criminel, puisque de masques et de gants la France n’en disposait pas : aucun stock ! Depuis longtemps en effet ces protections de première nécessité sont fabriquées en Chine parce que là-bas les coûts sont nettement moindres, la main d’oeuvre y étant bon marché et meilleurs les profits pour les entreprises et leurs actionnaires. Puis la dérive sanitaire est montée d’un cran, l’Italie était totalement confinée mais les Français se devaient d’aller voter aux municipales, le dimanche 14 mars, alors que l’annonce du confinement chez nous était imminente. On nous enjoignait, avec la participation insistante des grands media de nous rendre aux urnes, même les plus âgés d’entre nous, alors même qu’il s’agissait de la tranche d’âge la plus vulnérable et que dans le même temps on nous recommandait de rester à la maison! Comment qualifier la gestion de cette crise : incohérence, confusion, incurie oui mais criminelle car il y eut morts de femmes et d’hommes.

Confinement, rôle des media et atteintes aux libertés individuelles

Tous les spécialistes en conviennent aujourd’hui : le confinement est le prix du manque de moyens du secteur hospitalier et médico-social dû à l’incurie des gouvernements qui se sont succédé depuis 30 ans. Nous n’en serions pas là, si le gouvernement français avait réagi correctement : la Corée, Taïwan, Singapour, Hong-Kong ont eu très peu de décès, sans confinement. Il ne s’agit pas de minimiser l’épidémie cependant diffuser plusieurs fois par jour le nombre de morts en France et dans le monde se révèle très anxiogène. Les chiffres fournis ne sont pas non plus clairement expliqués , ni contextualisés : il serait raisonnable de les mettre en perspective, de les comparer…par exemple avec les chiffres des morts lors des épidémies de grippes saisonnières des années précédentes. Nous aurions peut-être des surprises …Chaque hiver en dépit des vaccinations il faut le souligner, elles causent pourtant la disparition d’un nombre fort élevé de personnes souvent âgées et présentant des maladies à risque, nous en dressait-on la liste quotidiennement ? Pas particulièrement…Sauf, en 2008-2009 avec le virus H1NI…Soufflé qui retomba, alors pandémie virale ou pandémie de la peur, les citoyens devraient s’interroger sur ces surenchères médiatiques.

Les media ont-ils questionné les « petits soldats » des Agences régionales de santé (ARS), absents du combat puisque comme le faisait remarquer le Président nous sommes en guerre ? Drôles de guerriers absents du champ de bataille, quand les EHPAD les appelaient au secours, ils étaient encore plongés dans leur cynique logique comptable. Il suffit de rappeler les conditions dramatiques dans lesquelles l’EHPAD de Cornimont s’est retrouvé. Depuis leur création, les ARS ont vidé l’hôpital public de tous ses moyens, ses personnels et le font fonctionner en flux tendus.

Pour celles et ceux qui, comme de nombreux lanceurs d’alerte ou simples citoyens, observent en cherchant à décrypter la situation actuelle, il y a de quoi éprouver de justes craintes. Progressivement et à bas bruit, nous sommes entraînés dans un univers où les libertés se resserrent : COVID- 19 oblige, nous ressasse-t-on sur tous les tons ! D’ores et déjà plusieurs lois, décrets sont promulgués, en catimini, restrictions continues apportées aux libertés publiques au prétexte du « restez chez vous », de « la distanciation ». Le confinement qui aurait pu être évité comme expliqué plus haut, ce confinement est instrumentalisé pour réaliser plusieurs tests et s’attaquer aux libertés (malheureusement pas les tests de dépistage de la population toujours en attente) :

– Contrôle de la population : répression, emprisonnement, surveillance par hélicoptères et drônes, géolocalisation grâce aux smartphones, mise en place d’une infrastructure technologique de contrôle via la 5G
– Tests du télétravail
– Amplification de la soumission des media (pourtant déjà bien aux ordres )
– Destruction du Droit du travail
– Projets de vaccination massive et obligatoire etc.

Nous sommes là face à un recul historique des droits humains et des acquis sociaux. Une réalité qui est en train de s’installer dans nos vies et nos esprits. Gardons en mémoire et l’Histoire nous l’a montré à maintes reprises, qu’en période de catastrophe de tels dispositifs de surveillance et d’encadrement des peuples, s’ils sont largement acceptés, survivent trop souvent aux urgences qui les ont enfantés, devenant la norme, portant alors un coup terrible aux libertés fondamentales.

– Et après l’épidémie ? Suites judiciaires pour mauvaise gestion

Tout en haut de la hiérarchie, il faut savoir que l’exécutif commence à craindre des retombées judiciaires, il est vrai que les grands media évoquent peu le sujet, mais le coronavirus nous aura fait prendre conscience que si nous voulons obtenir de véritables informations et non des mensonges, ou pas d’informations du tout, nous devons aller à la pêche ailleurs : les sites ne manquent pas, à nous de démêler le vrai du faux, de recouper les informations et d’exercer notre intelligence : on en a le droit et le temps actuellement ! En ce moment les citoyens, les malades, soignants, pompiers, force de l’ordre qui auraient été victimes d’un préjudice direct du fait de la mauvaise gestion de l’épidémie sont incités à se regrouper et à se rapprocher d’avocats pour saisir la Cour de Justice de la République, à l’encontre de Messieurs Edouard Philippe, Christophe Castaner, et de Madame Agnès Buzyn pour violation des articles 121-3 et 221-6 du Code pénal par des membres du gouvernement (articles déjà utilisés dans l’affaire du sang contaminé).

Dans une démarche identique, ce sont désormais plus de 600 médecins qui ont eux aussi porté plainte contre E. Philippe et A. Buzyn devant la Cour de Justice de la République pour « Mensonge d’Etat ». Ce collectif de médecins baptisé C19, dénonce par cette plainte la non délivrance de masques respiratoires depuis plus de 2 mois, malgré une parfaite connaissance du danger de l’épidémie qui arrivait. Bien évidemment, l’auteur principal de l’épidémie est bien le coronavirus. Mais il existe des auteurs indirects en matière pénale dont la culpabilité si elle est établie serait accablante. Le Premier Ministre, la Ministre de la Santé, le Directeur Général de la Santé, qui sachant à quoi s’en tenir n’ont pas pris les mesures alors qu’elles relevaient de leurs compétences, en s’abstenant d’agir ont commis une faute pénale caractérisée en exposant autrui à »un risque d’une particulière gravité qu’ils ne pouvaient ignorer ». Emmanuel Macron quant à lui ne risque rien, protégé qu’il est par l’immunité présidentielle, pendant son mandat. Reste pour lui le déshonneur.

Devant ce fiasco, il va falloir se réveiller et imposer, que nous les citoyens de ce pays imposions un programme de rupture : tirer les leçons, revenir à l’esprit qui présida à la naissance de la Sécurité sociale en octobre 1945 sous l’impulsion d’Ambroise Croizat, ministre communiste alors que notre pays était gravement affecté par les destructions de la guerre. Revenir à l’esprit des « Jours heureux », ce si beau nom du programme du Conseil National de la Résistance. Voici notre devoir, en regard des personnes décédées, des soignants, de l’ensemble des habitants de notre planète, il en va de notre honneur de réagir afin que nous n’ayons pas traversé cette épreuve inutilement.

Si eux, en haut-lieu se sont déshonorés et auront à vivre jusqu’à leur fin, avec ce lourd poids sur la conscience, à nous il nous incombe de sortir grandis de l’adversité, clairvoyants, refusant d’être manipulés. Exerçons notre esprit critique et ne retombons pas dans la folle poursuite du profit.

Annie Aucante
Présidente de l’Association de défense des résidents de l’EHPAD de La Bresse et de leurs familles

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