Ce terrain pentu qui vous laisse pantois

(Suite à article du 6 juin « L’urbanisation façon La Louvière : plutôt indigeste ! »

Pour le service de l’urbanisme à La Bresse, la pente d’un terrain ne peut être une raison d’enclavement et Monsieur RAIDILLON, pour ne nommer personne, vous convaincra qu’il existe toujours une solution de desserte suffisante, pourvu que le terrain en question côtoie quelque part une voirie communale.

Cette façon candide ou calculée d’aborder un état d’enclavement en zone de montagne conduit pourtant dans de nombreux cas à créer des zones désertées, ce dont le PLU veut se prémunir, comme cela est précisé en zone d’urbanisation future 1AU: « La réalisation de l’opération ne doit pas provoquer la formation de terrains enclavés ou de délaissés de terrains inconstructibles » (Ce qui est en train de se produire par la délivrance d’un permis de construire illicite en zone voisine, non desservie par les réseaux publics)

Interrogée sur la question d’enclavement, la Préfecture apportera une réponse prudente sur le sujet : « votre terrain donne sur la voie publique. Il ne semble donc pas pouvoir être d’emblée considéré comme enclavé. », ce qui est vrai… mais qui, si aucun autre accès ne peut être trouvé, en interdirait la division, sous peine de créer précisément un délaissé de terrain inconstructible ou une enclave, en conséquence de la pente.

Ensuite, la Préfecture nous dit son incompétence, sur l’appréciation de l’état d’enclave : « Vous m’indiquez certes qu’il n’est pas possible de réaliser un accès du fait de la déclivité du terrain, mais il ne m’appartient pas de me prononcer sur cet aspect, qui relève de l’expertise des personnes compétentes en la matière (à savoir les services techniques de la mairie ou, à défaut, le juge civil). »

Revenons donc à ce que dit la loi, c’est-à-dire l’article 682 du Code Civil, et citons-le :

« Le propriétaire dont les fonds sont enclavés et qui n’a sur la voie publique aucune issue, ou qu’une issue insuffisante, … pour la réalisation d’opérations de construction ou de lotissement, est fondé à réclamer sur les fonds de ses voisins un passage suffisant pour assurer la desserte complète de ses fonds, à charge d’une indemnité proportionnée au dommage qu’il peut occasionner. » (c. civ. art. 682).

On le voit bien, cette loi se suffit à elle-même et n’a donc pas besoin d’être « traduite » ou manipulée. Elle n’interdit pas la division d’un terrain (lotissement), en cas d’issue insuffisante, (…ce qui irait d’ailleurs à l’encontre du PLU).

Alors, comme l’indique la Préfecture il reste à s’appuyer sur l’expertise des Services Techniques de la Mairie en se souvenant tout de même que la responsabilité incombe au maître d’ouvrage (le lotisseur).

Les Services Techniques de la Mairie sont en effet à même de pouvoir s’exprimer sur la question, puisqu’ils disposent de l’expérience du terrain, depuis bien longtemps.

Cette expertise s’est déjà exprimée, n’en déplaise à Monsieur RAIDILLON, par la décision de créer une réserve foncière de voirie destinée au désenclavement du secteur et d’autre part par son empreinte plus que centenaire lisible par simple observation du flanc de montagne concerné, sur lequel, du fait de la pente, on ne voit aucune construction en deuxième ligne à partir d’une même voie communale.

Une bonne expertise se caractérise aussi par son invariabilité dans le temps et ne doit pas être influencée par d’autres motivations inavouées, alors pourquoi ne pas appliquer ici comme ailleurs les règles et lois d’urbanisme, y compris celles du PLU ; ensemble cohérent garantissant les Droits du sol et un développement urbanistique conforme aux attentes ?

Bien que pathétique, la situation reste malgré tout en attente d’un dénouement raisonné.

DROIDUSOL

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RME de La Bresse : 5 années de gestion J. Mathieu et 3 millions en moins pour la commune !

Il est temps maintenant d’évoquer les résultats comptables de la gestion de Monsieur Mathieu. Les chiffres qui vous seront présentés dans les lignes qui suivent sont tous extrait des comptes administratifs de la RME. Ces comptes sont à disposition de qui les demande auprès des services de la commune. Une petite remarque toutefois, les comptes administratifs 2018 de la commune et de la RME, votés fin mars par le Conseil Municipal, ne sont toujours pas en ligne sur le site web de la commune à l’heure où j’écris cet article, alors que les années passées on pouvait les télécharger dès le mois d’avril. Les élus et Monsieur Mathieu en particulier chercheraient-ils à cacher aux Bressauds les terribles résultats de leur gestion désastreuse et partisane ?

Nous reparlerons de cet aspect du problème qui est loin d’être anodin et qui montre des élus pratiquant en permanence l’abus de pouvoir, tentant par tous les moyens de masquer ce qui devrait être public et permettre à minima, l’exercice d’un contrôle de leur action par les citoyens, ce qui est la moindre des choses. Quant à parler de démocratie nous en sommes encore très loin, dés l’instant où l’on pense qu’il suffit de déléguer à quelques-uns nos pouvoirs pour gérer le bien commun. Ce système de délégation qui consiste à abandonner dans les mains d’une oligarchie locale ou nationale nos capacités de décisions conduit inévitablement, sauf exceptions, à toutes les catastrophes, que cela soit dû à l’incompétence, ou à la défense et illustration d’intérêts particuliers ou personnels et bien souvent les deux ou les trois en même temps. Ce qui suit et qui concerne tous les citoyens de cette commune en est la démonstration éclatante.

J’ai fait le choix le moins arbitraire possible puisque j’ai choisi de comparer les 5 années de gestion de la RME (2014 à 2018) par Jérôme Mathieu, aux 5 années qui les ont précédées (2009 à 2013) et que nous appellerons gestion Guy Vaxelaire.

Comme vous pourrez le constater la comparaison est cruelle pour la gestion de Jérôme Mathieu et a toutes les chances de laisser des traces indélébiles et douloureuses dans la mémoire et le porte-monnaie du contribuable bressaud.

Mais avant d’aller plus loin, intéressons-nous au dernier exercice de la RME , celui de 2018, dont la publication se fait anormalement attendre mais que nous nous sommes malgré tout procurés.

Il se conclut par un déficit d’exploitation inédit dans l’histoire récente de la Régie. Les explications avancées par Jérome Mathieu lors du Conseil Municipal de mars et dans le bulletin municipal ne résistent pas, nous le verrons, deux secondes à l’analyse. Sans doute habitué à une opposition municipale à la perspicacité assez peu développée qui de plus fait preuve d’un amateurisme et d’une naïveté déconcertante, Jérôme Mathieu a pensé qu’un ou deux tours de passe-passe suffiraient à le sortir de cette ornière. Il n’avait pas tort, car fidèle à son habitude, pendant ce conseil comme pendant beaucoup d’autres, l’opposition municipale a regardé passer les explications de l’adjoint sans beaucoup sursauter !

Et pourtant il y avait de quoi tiquer ce jour là. Un déficit de cette ampleur, sans explication ni justification sérieuses, n’a jamais été constaté à la Régie, même dans les temps très anciens où certains élus confondaient finances publiques et finances privées. Je parle des années 60.

Car tout de même, le déficit réel de fonctionnement de l’exercice 2018 est de 113 172,23€, après réintégration de l’excédent de 2017.

L’opposition quant à elle, fait état d’un déficit de 31 000€ dans l’article qu’elle publie dans le bulletin municipal ! A moins d’une improbable erreur de frappe, on découvre ébahi qu’après 6 années aux postes d’adjoints puis 5 autres dans l’opposition, certains élus confondent encore fonctionnement et investissement !! Ce montant de 31 000€ est en effet tiré d’une déclaration de Jérôme Mathieu qui fait état du déficit imputable à la RME dans la section investissement du compte administratif. Il va sans dire que tous les élus ont en main les comptes administratifs avant le Conseil Municipal. On atteint ici des sommets d’inanité et l’on est en droit de s’interroger sur la crédibilité de ces élus qui malheureusement sont loin d’être seuls au fond de la classe ! Mais cela vient confirmer, s’il en était encore besoin ce que j’énonce en introduction, à savoir l’inéluctabilité des catastrophes produites par ce système que l’on nomme improprement démocratie.

Un petit mot d’explication pour les novices. La comptabilité publique locale qui s’inspire du plan comptable général traduit l’activité de l’année de la RME dans le compte administratif, lui-même divisé en deux sections, la section d’exploitation et la section d’investissement. C’est la première qui nous importe prioritairement ici. Elle se présente schématiquement sous la forme de deux tableaux, recettes et dépenses, la différence du total de chacun de ces tableaux donne le résultat de l’année considérée. C’est un excédent si les recettes sont supérieures aux dépenses, un déficit dans le cas contraire. Au terme de ce calcul on réintègre le résultat de l’année précédente, en moins si c’est un déficit, en plus si c’est un excédent. Les excédents dégagés par l’exploitation permettent de financer les quatre opérations suivantes :

1/ Financer l’investissement
2/ Amortir le matériel
3/ Reverser à la commune
4/ Reporter sur le fonctionnement de l’année suivante

Pour l’année 2018 le déficit se monte à 414 076,67€ et pour la première fois depuis très longtemps, la réintégration de l’excédent de l’année précédente ne permet plus de sortir les comptes du rouge, puisqu’ils enregistrent au final un déficit de 113 172,23€

Nous touchons là à un montant de déficit à la fois inédit et inquiétant. Mais en matière de déficit la démesure devient courante à La Bresse sous le mandat de cette équipe.

N’avait-elle pas réussi l’exploit de creuser en deux ans un trou de plus de 700 000€ à l’EHPAD, sans que l’opposition là encore n’y voit goutte et ne s’en émeuve outre mesure ! Depuis, la municipalité a dû mobiliser à deux reprises les ressources communales pour combler en partie le trou qu’elle avait laissé se creuser : Un premier versement de 300 000€ sous forme de subvention et une seconde participation de 220 000€ sous forme de garantie d’emprunt. Il lui reste encore 180 000€ à financer pour ne pas faire supporter aux résidents de l’EHPAD la charge de ses inconséquences. Sans parler des 50 000€ qu’ont commencé à toucher les résidents, en remboursement du trop-perçu des loyers de 2015, et dont elle refuse de réclamer la compensation au Conseil Départemental qui en est le seul responsable. (voir ici)

Pour ce qui est du déficit 2018 de la Régie, nous comprenons aisément que Jérôme Mathieu tente de minimiser la catastrophe, et accessoirement d’embrouiller le citoyen avec des explications emberlificotées et incohérentes, avec la participation involontaire, ou peut-être pas, allez savoir, de l’opposition municipale, chaque fois battant des records de pusillanimité. Mais les grosses ficelles utilisées ne peuvent tromper que les ingénus ou ceux qui ne veulent pas voir.

Quant aux explications avancées, examinons les sans rire. On nous parle de trois choses. La baisse des ventes, conséquence d’un climat plus chaud, la baisse des marges dues, disent-ils à l’ouverture des marchés et une histoire embrouillée de taxes servie par Jérôme Mathieu himself.

Vous remarquerez que cette année la sécheresse et les impayés ne sont pas, comme l’année dernière, appelés à la rescousse.

Toutes ces explications sont avancées sans la plus petite démonstration, comme s’il suffisait que Monsieur Mathieu le dise pour que cela soit vrai ! Ce n’est pas à nous de démontrer le contraire, c’est aux élus d’appuyer leurs dires sur des éléments concrets et vérifiables par tous. Je me contenterai donc de faire un sort à « l’ouverture des marchés de l’électricité à la concurrence » citée comme une cause de la baisse des marges. En effet l’ouverture des marchés date de 2004 pour les entreprises et de 2007 pour les particuliers. Il serait temps que Monsieur Mathieu s’en rende compte, cela lui éviterait d’aligner des inepties ! Le tableau ci-dessous extrait du site d’ENEDIS le confirme si besoin était. Et ne doutez pas que le reste soit à l’avenant !

Tableau extrait du site d’ENEDIS

Puis dans le compte-rendu du Conseil Municipal du 25 mars, Jérôme Mathieu s’essaye au lancer de leurres. Discipline à haut risque quand les leurres se transforment en grosses ficelles et se retournent contre leurs créateurs qui finissent par s’y prendre les pieds. J’invite les curieux à lire avec attention, page 6 du compte-rendu de ce Conseil municipal, le paragraphe sur la RME et particulièrement la dissertation surréaliste sur les aventures d’une somme considérable de 10 758,50€ !

Mais trêve de facilité, revenons au cœur de notre démonstration. Une seule année ne peut suffire à qualifier une gestion, et même si le déficit 2018 ne peut s’expliquer par des causes conjoncturelles, rien ne vaut une analyse comparée sur une période plus longue. Nous avons examiné la période la plus longue possible, cinq années, puisque c’est le temps pendant lequel l’équipe actuelle a exercé ses talents. Nous l’avons donc comparée aux cinq dernières années de gestion de l’équipe municipale précédente.

J’ai procédé de la manière suivante : en premier lieu j’ai extrait des comptes de charges, le reversement effectué par la RME au budget de la commune de l’année N+1 (comptes 672), ainsi que des comptes de produits, la somme équivalente inscrite dans l’excédent d’exploitation reporté de l’année N-1 (D 002).

Il ne restait plus qu’à calculer le résultat d’exploitation hors reversement au budget communal de chacune des années considérées, d’additionner les années Guy Vaxelaire d’une part, les années Jérôme Mathieu d’autre part, aux fins de les comparer. Le résultat de ce calcul fait l’objet du premier tableau.

Le second tableau compare le cumul des versements effectués par la Régie au budget communal.

1/ Le cumul sur 5 ans des résultats d’exploitation, hors reversement au budget communal s’établit ainsi :

Résultats d’exploitation, hors reversement au budget communal

Gestion Guy Vaxelaire (2009 – 2013) 4 057 247,65 €
Gestion Jérôme Mathieu (2014 – 2018) 2 612 747,07 €
Différence en faveur de la gestion G.V. 1 444 500,58 € (1)

2/ Le cumul sur 5 ans des reversements de la Régie au budget communal s’établit ainsi :

Reversement au budget de la commune

Gestion Guy Vaxelaire (2009 – 2013) 3 120 000€
Gestion Jérôme Mathieu (2014 – 2018) 1 650 000€
Différence en faveur de la gestion G.V. 1 470 000,00 € (2)
 
 3/ Soit un différentiel total (1 + 2) de 2 914 500,58 €

Ce dernier chiffre jette un éclairage sans appel sur les différences de gestion respective.

En 5 années le différentiel de résultat pour la Régie municipale est de 2 914 500,58€ en faveur de la gestion Vaxelaire.

Pour être précis cela signifie qu’en cinq ans de gestion Jérôme Mathieu, la Régie a dégagé un excédent de gestion (bénéfice) inférieur de presque 3 millions d’euros à celui dégagé par cinq années de gestion Guy Vaxelaire. La commune et ses contribuables apprécieront !

De surcroît, cette baisse de résultat est constatée, alors que la charge des remboursements de la dette est inférieure de 254 035,36€ sur les cinq années de gestion Jérôme Mathieu, si on les compare aux cinq années de gestion Guy Vaxelaire. (tableau ci-dessous)

Remboursement de la dette (intérêts + capital)

Gestion Guy Vaxelaire (2009 – 2013)

677 993,01€

Gestion Jérôme Mathieu (2014 – 2018)

423 887,65€

Différence en faveur de la gestion G.V.

254 035,36€

Monsieur Mathieu qui fait feu de tout bois, pensant que personne, ni sa majorité et certainement pas l’opposition n’iront vérifier la véracité de ses dires, dans les comptes de la RME, qu’il s’évertue d’ailleurs à maintenir cachés, évoque en guise d’explication un budget d’investissement à tenir. Encore une fois il a tout faux, la même comparaison des dépenses réelles d’investissement sur 10 ans donne les résultats suivants :

Dépenses réelles d’investissement

Gestion Guy Vaxelaire (2009 – 2013)

4 696 684,24€

Gestion Jérôme Mathieu (2014 – 2018)

3 500 536,73€

Différence en faveur de la gestion G.V.

1 196 147,51€

Soit des investissements supérieurs de 1 196 147,51€ en faveur de la gestion Vaxelaire.

Si nous résumons, alors que pendant les cinq ans de gestion Guy Vaxelaire la RME a dû rembourser 677 993,01€ de dette, soit 254 035,36€ de plus que pendant les cinq ans de gestion Jérôme Mathieu, et que dans les mêmes temps la RME investissait 1 196 147,51€ de plus pendant la période Guy Vaxelaire que pendant la période Jérôme Mathieu, ce dernier réussissait l’exploit de diminuer le résultat d’exploitation de 2 914 500,52€

Décidément, Monsieur Mathieu, vous aurez beaucoup de mal à masquer votre pleine et entière responsabilité dans le scandale à venir.

En réalité, il n’y a aucune explication, ni justification conjoncturelle à un tel désastre.

Il y a, en revanche, plusieurs explications, toutes liées à la gestion erratique et partisane de la RME par Jérôme Mathieu.

Nous avons déjà évoqué dans les articles précédents, la priorité donnée à la fabrication de neige industrielle par l’usine de Labellemontagne sur le turbinage de l’eau du lac de la Lande pour produire de l’électricité, dans les périodes de fortes demandes.

Les courbes de production des turbines de la Régie pendant certaines périodes sont éloquentes et permettent d’affirmer que les choix sont fait en fonction des besoins de Labellemontagne, pour sécuriser en priorité la production de neige industrielle.

La dernière décision municipale d’augmenter encore l’autorisation de prélèvement d’eau dans le barrage qui a été portée à 800 000m3 par saison, confirme s’il en était besoin que la gestion de Monsieur Mathieu et de la municipalité donne la priorité aux intérêts privés sur l’intérêt public. Il faut ajouter à cela le projet de rehaussement du barrage évoqué lors d’un dernier conseil municipal. Ce projet sera financé par la commune qui obtiendra sans doute des subventions publiques, mais bénéficiera pour partie au privé, qui non seulement n’y investira pas un centime, mais continuera à bénéficier gratuitement de l’eau pour fabriquer la neige

Il faut ajouter ou plutôt retrancher le manque à gagner généré par la diminution du prix de l’électricité « négocié » avec les gros consommateurs locaux dont fait partie Labellemontagne.

Ces négociations menées dans l’opacité la plus totale et au sujet desquelles nous nous interrogeons sur la manière dont elles ont été menées, ont sans nul doute affecté les ressources de la Régie. Par ailleurs, la Régie réalisant sa plus grosse marge sur l’électricité qu’elle produit et de préférence pendant les périodes de fortes demandes, on peut légitimement s’interroger sur les conséquences du nouveau mode de gestion adopté dans le secret par le Conseil d’administration de la Régie.

Lors du dernier Conseil Municipal, Monsieur Mathieu répondant à une question de l’opposition sur le nouveau mode de gestion de la Régie (que nous sommes les seuls à avoir révélé et analysé) affirme que cette option a été retenue car elle bénéficiera à terme à la Régie. C’est une contre-vérité supplémentaire, les explications fournies, disponibles dans le compte-rendu du Conseil Municipal du 25 mars font état d’une économie de 90 000€ à l’horizon 2020, la Régie n’ayant pas à s’acquitter de la taxe servant à financer le « mécanisme de capacité ». En réalité, l’abandon du mode de gestion ancien enlève à la Régie sa capacité de maîtriser et d’optimiser sa production électrique pour l’adapter aux périodes de fortes consommations et faire de l’écrêtement (voir article ici). Ce qui pour simplifier présentait le triple avantage de préserver l’environnement, d’augmenter les recettes et de diminuer les dépenses. De plus, l’application de cette taxe n’aurait pas impacté son résultat. C’est en réalité l’usager qui l’aurait payée, la Régie n’étant que le percepteur pour le compte d’un tiers. Enfin, les gains espérés d’une gestion maîtrisée, auraient largement compensé le coût pour l’usager et c’est la commune et le contribuable qui au bout du compte, grâce à une gestion allant dans le sens de l’intérêt collectif en auraient été bénéficiaires.

Au vu des résultats financiers désastreux, nous mettons sérieusement en doute la volonté et/ou la capacité de l’équipe actuelle de défendre au mieux l’intérêt public, c’est-à-dire celui du contribuable.

Résumons : un manque à gagner de 3 millions sur 5 ans du fait de la gestion partisane de cette équipe, soit en moyenne 600 000€ par an.

Au-delà d’un ou plusieurs événements conjoncturels fortement défavorables, qui n’ont en réalité pas eu lieu, l’analyse et la comparaison sur cinq années de gestion laissent peu de place aux affirmations gratuites, lancer de fumigènes, explications anecdotiques et autres manipulations de chiffres.

Le résultat est sans appel, votre gestion est un désastre pour la Régie et par voie de conséquence pour la commune. La commune dont l’équipe dirigeante actuelle a bénéficié d’un reversement de 1 millions d’€uros sur son budget 2014, dégagé par l’équipe précédente sur l’exploitation 2013 de la Régie. Cela a toutes les chances de ne pas se reproduire en 2020 année des élections municipales, puisque déjà en 2019 aucun reversement ne sera fait, et pour cause, à la commune.

Monsieur Mathieu et son équipe ont hérité d’un excédent, ils légueront un déficit !

Cette gestion a gravement fragilisé la Régie Municipale. Si les Bressauds veulent conserver cet héritage que d’autres ont su préserver et faire prospérer, ils doivent réagir très vite.

La Bresse le 06 Juin 2019

Dominique Humbert, alias Gracchus

Post Scriptum : dans le fil de cette enquête sur la Régie de nouveaux éléments sont apparus. Ils viennent confirmer et encore aggraver le tableau général constitué par cet article et les trois précédemment publiés. Pour ne pas surcharger le lecteur, j’ai décidé de traiter ces éléments dans un prochain article.

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La Bresse : l’urbanisme façon « La Louvière », plutôt indigeste !

Construction en 2ème ligne, en direction de la montagne : très, très rare, dans le secteur ! (En bas, à gauche de l’image)

Lorsqu’il s’agit, en région de montagne de desservir en voirie les terrains promis à l’urbanisation par le PLU, il faut, chacun le comprend, tenir compte du relief.
Ce n’est pas par des raidillons improbables et dangereux pour des constructions en 2eme rang que l’on peut y parvenir, mais bien en créant chaque fois que cela est possible des voies secondaires parcourant le flanc de montagne à altitude constante plutôt que dans le sens de la ligne de plus grande pente.
C’est pourtant ce qui est demandé à quelques propriétaires privés soucieux d’aménager au mieux leur terrain, à La Louvière. En clair on s’oppose en Mairie à ce que la partie élevée de leur terrain dispose d’un accès par le haut, ce qui serait pourtant possible pourvu que l’on veuille bien ouvrir la réserve foncière de voirie existante, intelligemment prévue auparavant… et qui permettrait la desserte des terrains situés de chaque côté de la voie à créer.
« Vos projets de découpage ne doivent pas aboutir à un enclavement volontaire » selon monsieur l’Adjoint à l’urbanisme, le 28/11/2016. Voilà c’est dit, la propriété doit rester d’un seul tenant sans quoi il faudrait parler d’enclave…, ce que l’on ne veut pas voir. (Article du 16 mai 2019)
Et si d’aventure une enclave se faisait jour, cela serait inévitablement la faute à la division parcellaire, et surtout pas à la pente du terrain… (ou au bon Dieu, c’est comme on voudra).
Monsieur l’adjoint à l’urbanisme s’autorise personnellement à interdire la parcellisation de terrains potentiellement constructibles, faisant du coefficient d’occupation du sol (COS du PLU) une variable ajustable à son gré !
Cette façon de faire présente des inconvénients majeurs pour la Commune, (à même nombre de parcelles viabilisées) :
– Un gaspillage de l’espace constructible conduisant à plus ou moins long terme à urbaniser des hauteurs de la commune, avec perte d’espace vert naturel.
– Des surcouts conséquents de viabilisation (longueur de réseaux fluides et voirie plus importants).
– Des surcouts d’entretien des réseaux et probablement une menace pour les ressources en eau, par augmentation des surfaces de ruissellement.
– Et, en l’absence de contrôle des aménagements privés et de desserte concertée, un risque pour la Commune de s’interdire de façon définitive d’éventuelles possibilités d’accès aux terrains communaux avoisinants.
A contrario, comme évoqué dans l’article du 21 mai consacré au « blitz-permis de construire », l’enclavement d’un terrain devient une aubaine pour qui se trouve en situation favorable, ce qui revient, en zone de montagne à exposer la richesse du sol à l’opportunisme et au favoritisme local.
Alors, à La Louvière, plutôt que de se satisfaire d’une gestion « à la petite semaine » favorable aux uns, confiscatoire pour d’autres, pourquoi ne pas respecter les règles locales et les lois garantes du respect de la propriété ?

DROIDUSOL

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Une réserve foncière bien malmenée !

Comme évoqué dans un article précédent «Cachez cette enclave que l’on ne saurait voir», l’équipe municipale actuelle semble bien convaincue de ce qu’elle n’a pas à prendre en considération l’état d’enclave naturelle de terrains privés.
Elle préfèrera condamner l’usage de la réserve foncière voulue par leurs prédécesseurs à la mairie, plutôt que de répondre favorablement à quelque cinq demandeurs d’accès. La réserve sera transformée en terrain d’aisance au bénéfice d’un riverain par un bail (révocable !!?) de 9 ans au prix défiant toute concurrence de 4.5 € par an.
Il s’agit, dira monsieur l’Adjoint à l’urbanisme de « défendre les intérêts de la Commune ». Monsieur le maire refusera de remettre le bail en question dont il a été tout de même fait mention dans le bulletin municipal de mai 2017.
Et quoi de mieux pour verrouiller le passage que d’y déposer des matériaux… (photo prise à l’issue de ces travaux en mai 2016)
En observant la photo, on pourrait être amené à penser que la réserve n’est pas assez large pour créer une voie, pourtant son emprise telle qu’elle a été définie est bien conforme à la norme avec une largeur de 8 m et les maisons sont bien en retrait de 4 m par rapport à la voie projetée. (Normal nous direz-vous, elle est prévue pour ce à quoi elle doit servir !)
Le problème est semble-t-il que le mur de soutènement privé empièterait sensiblement sur la réserve, sur toute sa longueur.
Est-ce là, la raison profonde de la condamnation du passage ?…
… Ou bien l’avis tout personnel de Monsieur le maire qui dira d’un point de vue très libéral, au sujet de la réserve : « Je voyais très mal cette desserte sur terrain communal… surtout pour desservir des parcelles privées » (lettre Oct 2016) :
… Comme si la Commune n’avait pas vocation à permettre la desserte utile de tout son territoire, selon son PLU et avant tout, ce qui est classé en zone constructible UC ! Selon Monsieur le maire, les terrains privés ne seraient donc plus considérés comme étant parties entières de la Collectivité mais comme de simples produits marchands que l’Administration communale pourrait manipuler à sa guise !
… Et comme si la Mairie n’avait pas elle aussi à respecter les règles : Celles de gestion des réserves foncières, (Code général de la propriété des personnes publiques en particulier L2122-1 second alinéa ; Code de l’urbanisme L221-2, celles du Code civil et de la Constitution en matière de droit du sol… et celles de son propre PLU ! (Art 1)
Serions-nous revenus à La Bresse, aux temps féodaux, dans le mépris des droits du citoyen ?
Il faut en tous cas préserver le droit à chacun de s’exprimer librement et dans le respect d’autrui – c’est essentiel – et à ce titre saluer l’existence de ce blog.
Alors, oui la vigilance s’impose à La Bresse, sans quoi les biens privés peuvent en être lourdement affectés : valorisés ou dévalorisés, c’est selon… au gré des influences locales ! Le chaos !

DROIDUSOL

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LE BLITZ-PERMIS DE CONSTRUIRE !

LE BLITZ-PERMIS DE CONSTRUIRE, vous connaissez ?
Mode d’emploi.

(Suite de l’article précédent, “Cachez cette enclave que l’on ne saurait voir…“)

Privés de desserte publique, les terrains privés de La Louvière sont vus désormais comme des « terres à conquérir » par tout porteur de projet désireux de profiter de l’aubaine.
Pour arriver à ses fins, c’est-à-dire à obtenir un ou plusieurs permis de construire dans le secteur, il lui faut s’inspirer de la technique guerrière visant à surprendre « l’ennemi » éventuel susceptible de s’opposer au projet.
Pour cela, il peut compter manifestement sur ses alliés Monsieur le maire et son Adjoint à l’urbanisme, soucieux d’aller vite en besogne car bien peu réceptifs aux questions d’enclavement.
Il suffit de considérer nous diront-ils – et c’est la loi – qu’un permis de construire est délivré sous réserve du Droit des Tiers.
Pour l’équipe en charge de l’urbanisme à La Bresse, cela signifie que les Droits des Tiers peuvent être ignorés lors de l’instruction du permis en question… et qu’il appartient aux Tiers de se manifester à ce moment-là, exclusivement. Avant le dépôt de demande de permis ou après la délivrance de celui-ci au-delà du délai imparti, les remarques éventuelles faites par les Tiers ne comptent pas.
D’où l’intérêt du blitzpermis de construire, stratégie de délivrance pratiquée à La Bresse autorisant le porteur de projet de s’affranchir d’à peu près tous les obstacles de voisinage que l’on peut rencontrer dans ce genre de démarche, à condition de bénéficier d’un minimum de complaisance de la part des décideurs.
Alors bien entendu, il convient pour ceux-ci d’aller vite en besogne… En prenant quelques précautions comme :
1) Ne pas perdre de temps à solliciter un certificat d’urbanisme,
2) Se limiter à présenter des promesses écrites, inutile de justifier la propriété du terrain, ni même d’en être propriétaire via un compromis ou acte valide. (Une simple autorisation de demande de permis de construire sur le terrain convoité d’un autre est suffisante),
3) Faire apparaître sur un plan ou document du permis, les servitudes nécessaires pour la réalisation du projet. (Inutile d’apporter la preuve de leurs existences),
4) Enfin, c’est essentiel : LE SILENCE.

Alors bressaudes, bressauds, soyez vigilants et vérifiez en permanence que votre propriété ne fait pas l’objet d’une convoitise exacerbée…

DROIDUSOL

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Cachez cette enclave que l’on ne saurait voir…

Chacun connaît à La Bresse « La montée impossible » … mais beaucoup ne savent peut-être pas que, pas très loin de là, c’est un autre jeu beaucoup moins ludique auquel s’adonne l’équipe municipale actuelle depuis trois ans et que l’on pourrait intituler « La desserte impossible ».

Il s’agit plus précisément de trouver une solution permettant de desservir plusieurs terrains privés de La Louvière, enfermés par la déclivité du sol, et pourquoi pas au-delà, des terrains communaux.

A cette fin, la municipalité précédente a instauré une réserve foncière de voirie communale dans ce secteur.

Plutôt que d’ouvrir celle-ci, Monsieur le Maire, aidé en cela par son adjoint et les services techniques, préféreront mener une réflexion pendant quelques 28 mois pour finalement décider de « jeter l’éponge », en clair : de livrer l’aménagement du secteur au chaos de la complaisance et de l’opportunisme.

Lorsque l’on est propriétaire de terrain à La Bresse, il faut donc être vigilant sans quoi tout peut arriver… y compris l’exécution de travaux sur votre terrain, à votre insu !

DROIDUSOL

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Le cul dans le ruisseau !

Vu la date de publication de cette brève dans le magazine gratuit, sac à pub, «100 % Vosges» j’ai immédiatement pensé à un poisson d’avril. Que nenni, après vérification scrupuleuse, j’ai dû m’asseoir sur mon derrière pour ne pas tomber par terre, le cul dans le ruisseau !

La WIFI installée en grande pompe à l’hôpital Emile Durkeim d’Épinal dans le service d’oncologie. Opération rendue possible grâce à un don du Rotary club ! Ces bonnes âmes du Rotary grands amateurs de pince-fesses et toujours à la recherche de bonnes actions susceptibles d’entretenir leur bonne conscience, auraient-ils tout à coup, reniant leur passé et leurs traditions, décidés d’abréger la vie des cancéreux du service en les exposant aux ondes délétères du WIFI. Cette technologie étant sans doute responsable, de nombreuses études l’affirment aujourd’hui, de troubles et de maladies, le cancer étant l’une d’entre elles, chez nos concitoyens.

La question se pose, mais il en est une seconde que nous ne pouvons éluder, comment des médecins oncologues peuvent-ils valider pareille incongruité ?

Est-il besoin de rappeler que c’est dans ce même hôpital alors dénommé « Jean Monnet » qu’a éclaté l’affaire des irradiés d’Épinal !

Le 07/04/2019
Gracchus

 

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Lettre ouverte aux candidats aux Élections Municipales de 2020

Mesdames, Messieurs,

La période de campagne est propice aux réflexions. Et, comme vous, nous, citoyens, observons nos villes et villages et nourrissons nos pensées des meilleurs desseins.

Nous vous savons préoccupés à rassembler les troupes, qui porteront vos ambitieux programmes.Et, nous Citoyens, spéculons volontiers, sur les idées fécondes, dont nous nous plaisons, déjà, à imaginer les bienfaits.

Dans vos bureaux- boutiques de campagne vous vous affichez ostensiblement. Des groupes de travail, assidus à la tâche, témoignent de votre activité. Vous apparaissez, revenez, vous inscrivez au cœur de la commune que vous parcourez, dans tous les sens, arborant de merveilleux sourires, complices d’une spontanéité retrouvée .

Battre le pavé, serrer des mains, pousser la porte des commerces, pavoiser, c’est le programme commun, la démarche partagée de tous les candidats. Tous affichent, en ces périodes de quête, un regain d’intérêt pour le précieux citoyen. qui L’électeur en puissance jouit soudain de tous les égards, et d’attentions bien marquées. Cette écoute, réconfortante, franche et sincère, nous ferait presque oublier le temps passé des mandats accomplis derrière les murs opaques de vos sphères d’élus. Sachez quand même que nous nous souvenons des mois vécus, de ces longues périodes de règne, pendant lesquelles vous pratiquez l’extrême : l’indifférence, la suffisance, voir le mépris inéluctable, vertus des équipes couronnées . Et d’ailleurs, n’est-il pas l’exemple pathétique des pratiques exercées au plus haut niveau de l’Etat ? Combien sommes-nous, adhérents ou sympathisants des grands partis qui gouvernent, à nous interroger sur les mœurs et dérives de nos élites. Sous leurs jeux cyniques, les complots ourdis dans leurs propres chapelles, sur l’exercice zélé de la comédie gouvernementale ou majorité et opposition n’ont d’autres alternatives que l’affrontement dans la caricature et le ridicule !

Nous sommes las et indignés de tous ces comportements qui dévalorisent les fonctions et détournent des urnes. Aussi, nous nous interrogeons sur nos prétendants locaux à courir l’investiture de partis dont l’hégémonie confisque toute forme réelle de démocratie.

La bénédiction d’un premier secrétaire de parti, fût-elle de droite, de gauche ou du centre ne confère à nos yeux, aucune espèce de reconnaissance ou de légitimité aux candidats en lice pour les élections municipales . Nos villes et villages ont besoin d’un projet politique en phase avec les réalités locales, avec l’urgence d’une situation devenue préoccupante. Une ambition portée par des femmes et des hommes sincères, dont les promesses se convertissent en actes, au-delà des campagnes,pendant l’exercice plein de leurs mandats. Et c’est bien là que le bât blesse. A vous entendre, vous, prétendants êtes tous porteurs de bons sentiments, de générosité, de serments de solidarité, d’ouverture et de rassemblement. Et tous revendiquez cet impérieux désir d’être les élus de tous. Pourtant ! Quel soin, vous apportez à vous quereller dans vos propres familles, à errer vers des comportements illusoires et forcés, annonciateurs de tous les désamours, diviser pour régner, et abuser finalement d’un pouvoir que vous ne partagez guère plus qu’avec des minorités réduites et bâillonnées.

De ces ressentiments, contraires à la vérité, nous ne voulons plus. Tel est le sens de notre démarche. Notre confiance, nous ne souhaitons plus l’accorder par défaut aux survivants d’un deuxième tour électif issu d’un simulacre éculé, rabattu.

Selon les forces recensées au soir du premier vote, s’engagera, en effet, la partie que vous attendez tant et redoutez tout à la fois, l’entre deux tours, cette parenthèse, trouble orchestrée par les scores respectifs qui détermineront le statut du dominant, pour les alliances. Car, oui, il vous faudra, vous réunir, négocier, marchander, faire des concessions, museler vos orgueils pour espérer la meilleure place dans le giron du futur conseil municipal.

Et c’est ainsi, dans la contrainte et la soumission, que se dessineront les contours d’une équipe, issue du mariage forcé de gens dont on aurait apprécié d’harmonieuses fiançailles .

Mesdames et Messieurs les candidats, nous sommes nombreux à vous avoir interpellé sur les bienfaits et les attentes d’un dialogue ouvert, d’un rapprochement intelligent, d’une ambition vraiment partagée. En fait, nous vous avons interpellé sur tout ce que vous prônez dans vos discours de séduction, dans vos déclarations d’amour. Le résultat de cette pratique qui perdure, nous le connaissons, malheureusement, et en mesurons tous les jours,les conséquences. Des gens, qui ne s’apprécient pas, qui s’évitent, ne se parlent pas, vont certes partager le pouvoir, mais pas l’envie authentique de réussir ensemble ! Et ces discordances fondamentales, ces amertumes profondes façonneront le prochain mandat, comme elles ont modelé les précédents. Au sein même des majorités, la fracture consommée annihilera toute forme participative nécessaire au fond du débat qui devrait se nourrir des forces et des intelligences, disponibles et volontaires.

Il est grand temps de montrer l’exemple

Nos villes et villages ont beaucoup souffert de ces situations qui appauvrissent, au fil des ans, ses indéniables ressources. Il deviendrait urgent d’abandonner les chamailleries fratricides, stériles, pour se mobiliser sur un combat plus noble, ambitieux et indispensable. Un combat, capable de renverser les tendances inquiétantes qui menacent l’avenir de nos cités.

Nous avons une histoire, un riche patrimoine. Nos villes et villages, sont un label, dont l’attractivité a perduré mais qui, à présent, régresse . Nous ne nous convertirons donc pas le bénéfice entier, de nos nombreux atouts et subirons, passivement, l’érosion naturelle, qui affecte tant de territoires ne disposant pourtant pas d’attraits comparables. Et qu’importe ce qui a été accompli, en bien ou en mal, par les uns ou les autres. L’urgence, commande simplement de ne pas réemprunter le chemin des divisions qui conduisent, inéluctablement à l’échec . Nous sommes tous concernés par un autre destin, en nos qualités de citoyens, jeunes, actifs, retraités, commerçants, chefs d’entreprises, et associations.

Nous sommes tous impactés par la faillite ou la bonne fortune de nos collectivités et conscients que les prochaines années seront déterminantes. Notre futur, c’est assurément le présent et l’actualité de la prochaine campagne, que nous entendons, influencer, pour capitaliser sur nos diverses ressources ?

Alors, permettez nous, Mesdames et Messieurs les candidats, de vous adresser cette humble requête, cette supplique partagée, dont nous apprécierons la prise en compte. Seriez-vous enclins à prendre une initiative pour opérer le rassemblement, inévitable, pressant et attendu, en amont de cette prochaine élection capitale, pour l’avenir de nos territoires. L’échéance du mois de Mars 2020 ne doit pas s’appréhender comme une aventure individuelle, hasardeuse. En ces temps tourmentés, quand la crise appelle à la mobilisation et à la solidarité, la force collective est une clé essentielle de la réussite. Et, il serait grand temps que celles et ceux qui aspirent aux plus hautes responsabilités montrent l’exemple.

Nous attendons, espérons et serons attentifs à l’écho que vous accorderez à ce propos.

Roger FROISSARD

Saulxures sur Moselotte

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Le grand déballage national

le grand deballage

A la Bresse, ce vendredi soir avait lieu un débat organisé par la municipalité dans le cadre du Grand débat national. C’est le second débat auquel j’assistais, le premier s’étant tenu à Epinal. On peut regretter qu’à la Bresse un nombre restreint de personnes s’y soient exprimées, alors que c’est bien l’objet de ces réunions que de le faire. Crainte de prendre la parole en public, de se faire mal voir, de n’avoir rien à dire etc. c’est bien dommage. Aussi quand certains ont reproché à ceux qui s’exprimaient de monopoliser la parole, on a atteint des sommets dans la mauvaise foi ! La parole était libre que n’en ont-ils profité ? En réalité on le constate une fois de plus, non la parole est loin d’être libérée pour la majorité des gens. Peu d’interventions sur les problèmes de fond de notre société, en revanche quelques timides propositions de rapiéçages, de pansements sur une jambe de bois, une fois encore nos concitoyens espèrent des améliorations s’ils jouent le jeu, croyant à la poupée qui tousse, qui tousse depuis des décennies sans jamais guérir :

« Voilà des gens qui, une génération après l’autre, auront vu leur condition de salariés moyens perdre toujours davantage ses droits, ses protections, ses rémunérations, du fait de politiques visant à récupérer sur le dos des travailleurs toujours plus de plus-value pour rémunérer les grands investisseurs et autres pirates bancaires bénéficiaires des intérêts exorbitants, indécents, de la dette publique. Les classes moyennes voient tout cela, depuis longtemps, mais elles n’ont toujours pas compris, parce qu’elles ne veulent pas comprendre et continuent à s’en remettre du soin de les gouverner à des créatures du système, à tous les niveaux.[……]La capacité de la classe moyenne à se reproduire à chaque génération avec les adaptations nécessaires, est intimement et circulairement liée à celle du système capitalisme et à sa logique salariale  d’asservissement, de collaboration et de séduction. Trop d’intellectuels qui se disent dans l’opposition politique croient qu’il suffit pour combattre le système d’aller dévotement mettre, en manière d’exorcisme, un bulletin dans une urne électorale[…..] Il ne s’agit pas simplement de combattre, le temps d’une campagne électorale…les politiques des partis de gouvernement […..]comme s’il était encore possible de croire aujourd’hui que le capitalisme est réformable de l’intérieur, en réduisant la lutte politique et sociale aux consultations électorales et les élections aux sondages d’opinion. ».

Extraits de La chronique d’Alain Accardo – Journal La décroissance février 2019

Effectivement, on retrouvait dans la salle cet état d’esprit à la Bresse (comme à Epinal ): soumission à l’ordre établi, croyance naïve dans les effets d’annonce et les promesses pourtant jamais tenues des pouvoirs en place. Sans doute et je m’en attriste beaucoup, un aveuglement plus facile à vivre qu’un combat à mener chaque jour. A la fin de la réunion, un macronien convaincu a voulu m’assommer d’un : « Vous, vous êtes contretout !»,  la phrase censée tuer quand on manque d’arguments, véritable cliché à La Bresse qui va de pair avec le sempiternel : « Vous polémiquez !», qu’on a d’ailleurs pas entendu ce soir-là. Heureusement, je suis immunisée. Contrairement à ce que mes détracteurs pensent, je suis pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité, pour la justice sociale, pour la solidarité des plus forts envers les plus faibles, pour la protection de la nature et de l’environnement, pour la biodiversité …Sans aucun doute nous ne nous battons pas pour les mêmes pour !

Ci-dessous, le texte que j’ai lu devant l’assemblée vendredi dernier, légèrement amendé.

« Grand déballage national »

Depuis le 15 janvier dernier, beaucoup s’accordent à remarquer qu’en réalité nous n’assistons pas à un grand débat national prenant en considération l’intérêt général, mais davantage à un catalogue interminable, d’idées, de propositions souvent contradictoires entre elles, d’ailleurs.

Le grand débat part dans tous les sens mais n’était-ce pas à prévoir, se transformant au fil des réunions en un  grand déballage national. Il risque aussi de mal finir  car il ne suffit pas d’écouter les doléances, il faudra ensuite concrétiser et apporter des réponses pertinentes : ou alors ce qu’on nous propose là, est un débat qui compte pour du beurre, pour amuser la galerie. Le Président Macron dans son rôle d’animateur/bateleur n’abuse plus grand monde avec ces pathétiques tours de passe-passe, ni les Gilets Jaunes, ni les Français qui continuent de les soutenir massivement.

N’est-il pas pour le moins inquiétant de voir un Président de la République et quelques-uns de ses ministres, sillonner la France pour aller à la rencontre des Français (élus et citoyens) afin d’écouter leurs doléances ? Il me semble qu’ils l’avaient déjà fait lors de leurs campagnes électorales…Et depuis qu’ils sont au gouvernement à quoi ont-ils donc oeuvré ? Ont-ils été aveugles et sourds depuis deux années d’exercice du pouvoir ? Je crains bien que oui.

Le soi-disant « Grand-débat national » est une fumisterie, une de plus, il s’agit clairement d’une nième manipulation du pouvoir en place, de la COM comme ils l’avouent, déclarant « on n’a pas bien communiqué sur nos projets»comme s’il s’agissait de cela ! Il a fallu que le peuple, les citoyens revêtant des gilets jaunes descendent dans la rue et fassent entendre un ras le bol généralisé. Alors, miracle E. Macron et son gouvernement prennent conscience, d’un coup, que tout ne va pas pour le mieux au royaume de France, qu’il y a des mécontents et de graves problèmes : les chômeurs, les précaires, les retraités, la jeunesse, le pouvoir d’achat, la santé publique avec les hôpitaux et les EHPAD etc. Les Gilets Jaunes ont dressé un inventaire des problèmes, effarant et terrible inventaire pour ceux qui nous gouvernent, ceux d’aujourd’hui mais aussi ceux qui les ont précédés. Le constat est implacable : ils sont aux affaires et n’ont rien vu, rien entendu ou plutôt rien voulu voir, rien voulu entendre ! Quelle hypocrisie, quelle arrogance de la part de la classe politique.

Mais n’acceptons plus d’être leurs dupes et ne nous laissons pas berner par leur pseudo grand débat. Les Français n’ont que faire d’un état des lieux, nous connaissons tous la situation de notre pays, ce que nous devons exiger ce sont des changements, ce vieux système capitalisme est à l’agonie. Cette république d’élus, censés nous représenter qui en fait, nous méprisent est moribonde. Les élus dans leur grande majorité, nous mentent depuis des décennies, nous exploitent et nous rackettent à présent, en nous écrasant sous leurs taxes. Depuis plus de deux mois, des femmes et des hommes que l’on dit d’en bas (mais pas seulement) ont occupé les ronds-points, la rue pour crier leur révolte devant l’injustice qui leur, qui nous est faite : nous assistons au combat des Communards et des Versaillais, des faibles contre les puissants, des exploités contre leurs exploiteurs, tout simplement à la lutte des classes toujours d’actualité.

Débattons entre citoyens, refusons des thèmes encore une fois imposés d’en haut, débattons librement sur le fond. Sans hauteur de vue dans le débat, nous allons privilégier les intérêts particuliers (résoudre des problèmes personnels) alors que c’est l’intérêt général qu’il faut prendre en compte. Gardons bien en tête que le but non avoué de ces débats, n’est pas de répondre aux justes revendications, mais de le rendre inopérant par l’absence de mise en perspective des propositions. Si nous acceptons de jouer le jeu avec leurs cartes alors, une fois de plus nous serons floués : prenons nos vies en main, nous en avons le droit et l’entière légitimité.

Le 11 février 2019
Annie Aucante

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La Bresse Hohneck, Alerte Orange, la caisse enregistreuse reste ouverte !

Aujourd’hui dimanche 10 février, l’alerte jaune puis orange sont déclenchées sur les départements du Grand Est, Vosges et Alsace notamment. Des vents de 110 km/h sont annoncés par Météo France à partir de 12h. Selon l’article (copie d’écran jointe) de Vosges matin la station de Gérardmer annonce la fermeture de toutes ses pistes à compter de 13h tandis que la station de La Bresse Hohneck conservera une majorité de pistes et remontées mécaniques ouvertes.

Vosges matin 10/02/2019

Les deux stations, distantes de quelques km à vol d’oiseau (pas plus de 3 km) sont soumises toutes deux aux mêmes aléas climatiques, comment peut-on expliquer que l’une ferme et l’autre pas ?

Les risques graves d’accidents, chutes d’arbres, de branches, incidents mécaniques etc sont identiques pour les deux stations. La direction de « Labellemontagne » société gestionnaire de la station La Bresse Hohneck a décidé une fois de plus de privilégier le tiroir caisse à la sécurité des personnes, administrant la preuve que pour elle, ses clients sont d’abord des portes monnaies, avant d’être quoi que ce soit d’autre, et singulièrement des personnes humaines.

La réponse du directeur de la station de La Bresse au journaliste vaut son pesant d’or : « on reste vigilant » vigilant à quoi ? Au nombre de blessés, voire pire ? Quel est le quota de blessés acceptable avant de fermer le sacro-saint tiroir-caisse ?

Une autre question mérite, elle aussi d’être posée. Pourquoi le Préfet des Vosges ne prend-il pas un arrêté de fermeture des pistes pendant la période concernée ?

Cette absence de décision des autorités est totalement insensée et malheureusement récurrente dans le département. Leur rôle est d’assurer la protection des populations et d’anticiper les risques. Dans la situation qui nous occupe les risques sont avérés et l’on ne peut que s’interroger sur les vraies raisons de cette passivité irresponsable du Préfet.

Le 10 février 2019
Gracchus

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La Bresse tribune tragi-comique

Ce mois-ci dans le Bulletin municipal de La Bresse, la tribune du groupe majoritaire nous offre une nouvelle fois l’occasion de rire un peu !

Ce n’est normalement pas l’objet d’une telle tribune, mais il semblerait qu’à La Bresse le ou les glossateurs de celle-ci aient manqué, et c’est dommage, une belle carrière de comédien tragi-comique.

Voilà en effet ce qu’écrit un des rédacteurs, au sujet de la gestion de l’eau, dont on a pu apprécier à quel point la municipalité n’avait cure :

« L’équilibre entre les différents usages de l’eau est aussi au cœur de nos réflexions et nous continuerons à faire preuve de pragmatisme et de réalisme plutôt que de céder au populisme et aux fausses affirmations, jusqu’à aller, pour certains, à de la fausse information, voir de la diffamation, via des blogs ou des réseaux soit disant sociaux qui n’ont d’objectifs que de faire parler de leur auteur, mais en restant chaleureusement cacher derrière des pseudos protecteurs. » (Sic)

Le style inimitable et la répétition laborieuse des mêmes idées fixes, ne laissent que peu de doute sur l’identité de l’écrivain, mais pour ne pas le désobliger et afin d’éviter de lui faire une trop grande publicité, nous l’appellerons Monsieur M., M. comme Monsieur.

Abordons en premier lieu la face comique du personnage. Comment peut-il nous expliquer que « certains, qui n’ont (pour) objectif que de faire parler d’eux »… « restent chaleureusement (sic) cacher (re-sic) derrière des pseudos protecteurs. »Monsieur M. peut-être sous la trop grande pression de ses émotions et appliqué à tenter de convaincre ses concitoyens, en vient à perdre son latin et accessoirement son français !

Quant au tragique, il suinte tristement derrière chaque mot. C’est un tragique de répétition qui procède par rabâchage des rengaines du temps et se nourrit de terme, comme « populisme », mot valise qui sert à masquer l’absence totale du début de l’ombre d’une idée simple. Enfin avec l’utilisation du terme« diffamation » lui aussi déjà employé, le tragique vire au pathétique. Monsieur M. si diffamation il y a, que n’allez-vous demander réparation devant les tribunaux ?

Le 08 février 2019

Gracchus (? chaleureusement (sic) caché derrière!)

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EHPAD de La Bresse 2015 – 2019 : quatre années de combat la victoire au bout !

30 janvier 2018 Epinal manifestation des EHPAD

Association de défense des résidents de l’EHPAD de La Bresse et de leurs familles
Communiqué

La Bresse le 02 février 2019

EHPAD de La Bresse 2015 – 2019 : quatre années de combat la victoire au bout !

Le Président du CCAS de la Bresse mis en demeure par le Préfet de rembourser les résidents…Nous avons gagné !!! Le droit des plus faibles l’a emporté sur le chantage du département et sur la tentative d’abus de pouvoir et la mauvaise foi du CCAS de la Bresse et de son président.

À l’issue de presque quatre années d’un long combat juridique et semé d’embûches par ceux-là même chargés de faire appliquer et respecter la loi, justice est enfin rendue aux résidents présents en 2015 dans l’établissement (ou à leurs descendants en cas de décès), victimes d’une augmentation de la tarification insupportable. 

– 1 – Rappel des faits ayant abouti à cette décision

Juillet 2015 dépôt d’un recours contre l’augmentation des tarifs décidés par le Département des Vosges.

Août 2017 le Département est condamné et doit reprendre un nouvel arrêté fixant de nouveaux tarifs pour 2015, ce à quoi il procède en octobre 2017.

Dans les 14 mois suivants, le CCAS à qui incombe la charge de rembourser les résidents, en dépit de nombreuses relances de ma part, va utiliser divers procédés dilatoires jusqu’à voter une délibération refusant à l’unanimité d’exécuter les paiements.

J’ai dû saisir le 17 juillet 2018 le Préfet des Vosges pour qu’il procède à un mandatement d’office auprès de la Trésorerie de Cornimont, afin de rembourser les résidents. Suite à une analyse juridique extrêmement détaillée de la Direction générale des collectivités locales – DGCL du Ministère de l’Intérieur (et oui l’affaire est remontée haut!)…, le Préfet des Vosges a conclu à la légitimité de ma demande et adressé au Président du CCAS et Maire de La Bresse, le 27 novembre dernier, une mise en demeure de payer, sous la menace de procéder à un mandatement d’office.

Curieusement, lors de la réunion tenue en présence des familles à l’EHPAD, le 3 décembre dernier, M. Hubert Arnould, maire de notre commune a déclaré publiquement et avec force, que le CCAS ne paierait pas ! Puis, le 10 décembre le maire, en parfaite contradiction avec sa déclaration précédente du 3 décembre, répond au Préfet par courrier, qu’il a procédé au mandatement de la somme due à ma mère !!!

Suite de ce déplorable feuilleton, le 17 janvier 2019, ma mère n’ayant toujours reçu aucun versement, soit près d’un mois après l’affirmation mensongère du maire de la Bresse, au Préfet des Vosges tout de même, il m’a fallu envoyer un énième courrier à M. Arnould avec copie au Préfet, pour enfin obtenir justice et constater récemment le versement de la somme due sur le compte de ma mère.

A ce jour et à ma connaissance, un autre résident a reçu le remboursement qui lui était dû, après l’avoir demandé par courrier adressé au Président du CCAS.

Cette possibilité est désormais ouverte à tous les résidents présents en 2015 ou leurs ayant droit. Le remboursement s’élève à un peu plus de 500€ par personne. Nous les invitons à faire cette démarche par courrier auprès du Président du CCAS. Nous nous interrogeons sur le silence du maire et du CCAS concernant cette régularisation auprès des résidents et des familles. Le CCAS ne peut s ‘exonérer aujourd’hui de rembourser l’ensemble des résidents.

Mettons à ce sujet les choses au point. Le Maire et le CCAS ont osé affirmer que pour rembourser les résidents il faudrait augmenter la redevance, ajoutant dans un élan de mauvaise foi que cela équivaudrait à faire payer les nouveaux résidents pour les anciens. Qu’espèrent-ils en répandant de telles inepties ? Opposer les résidents les uns aux autres ? Masquer leur incompétence qui depuis le début ne s’est jamais démentie ? S’exonérer d’exiger que le Conseil Départemental assure le financement total de ce remboursement ? Ce qui ne serait que justice. Sans doute un peu de tout cela.

Notre association a toujours considéré que c’était au CCAS d’assumer la responsabilité du remboursement, ce qu’il a été contraint de commencer à faire grâce à notre action, et au Département d’en assurer le financement, environ 50 000€.

Une équipe municipale et un CCAS dignes de ce nom auraient agi dans ce sens avec le soutien des résidents et de leurs familles pour exiger ce financement du département. L’équipe municipale bressaude s’est illustrée par son inaction et le CCAS par une décision insensée, s’opposant à la loi et à l’intérêt des résidents en votant à l’unanimité, le refus de rembourser.

Nous demandons :

1/ Que le CCAS procède au remboursement de tous les résidents présents en 2015 ou de leurs ayants droit sans attendre qu’ils se manifestent.

2/ Que le Département des Vosges seul responsable de cette situation verse au CCAS, sous la forme qui lui conviendra (subvention exceptionnelle ou tout autre dispositif) le montant total des remboursements.

3/ Nous appelons le CCAS à cesser de vouloir faire supporter la charge de ses inconséquences et de celles du Département aux plus faibles, qui ne portent aucune responsabilité dans cette affaire, et à se joindre à notre demande auprès du Département.

La présidente
Annie Aucante

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Épinal un “grand débat” Mon œil !

Jérôme Rodrigues Gravement blessé à l’œil par un tir de LBD

Lundi 28 janvier la municipalité d’Épinal ouvrait “l’espace Cours” au public, invité à participer au “grand débat” qu’elle organisait dans le plus grand respect des prescriptions macroniennes et néanmoins présidentielles. Un débat pipé animé par un journaliste de génuflexion directeur général de Vosges télévision/Vià Vosges, média sous le contrôle total et aux ordres de l’exécutif municipal d’Epinal et du département des Vosges. Afin de fixer les idées il est recommandé de visionner ici la composition de l’organe directeur de ce que certains pensent pouvoir qualifier de média indépendant… Et pour ne pas fâcher au delà du raisonnable, nous n’évoquerons pas ici le financement de ce parangon d’indépendance que même Poutine nous envie.

Quatre thèmes imposés, un temps de parole limité à 2 minutes et un animateur des débats dont l’indépendance annoncée peut être remisée au rayon des bluettes. Toutes les conditions étaient réunies pour une opération de communication !

Nous eûmes en introduction le droit d’écouter Monsieur Heinrich Maire d’Épinal et puissance invitante. Après nous avoir doctement affirmé qu’il ne participerait pas au débat et qu’il n’interférerait d’aucune manière dans celui-ci (nous verrons que ce n’était pas nécessaire tant son ombre aura plané sur les paroles et l’animation du « débat » de Dominique Renauld son obligé…) il termina tout de même par ces mots, lancés en guise d’avertissement à peine déguisé, à ces Gaulois dépensiers que nous sommes : «Je voudrais vous donner quelques éléments de contexte, je ne vous abrutirez pas de chiffres, je ne donnerai que trois chiffres. La dépense sociale représente 57 % de la dépense publique. Le taux de prélèvement obligatoire est de 45 % du PIB, soit 10 points de plus que la moyenne de l’OCDE, et enfin 44 % des foyers payent l’impôt ». C’est en effet une belle manière de ne pas prendre part au débat, en présentant, mine de rien, ces chiffres (éléments de contexte), comme les trois piliers d’un modèle éternel et indépassable, qu’il serait illusoire de mettre en cause et dans lequel les Français seraient les cancres du fond de la classe, car on l’aura deviné M. Heinrich nous suggère finement que la dépense sociale est trop élevée ainsi que les prélèvements obligatoires dont il se garde bien de nous dire de quoi ils sont composés.

Mais le plus extraordinaire dans cette Pagnolade, c’est que Monsieur Heinrich, réussit, en trois chiffres, le tour de force d’enfumer son auditoire. Quel talent ! En effet, en 2016, en France, les impôts sur le revenu et sur les bénéfices des sociétés représentaient seulement 10,6% du PIB et 23,3% des recettes fiscales. Un ratio bien inférieur à celui de la moyenne des pays de l’OCDE

En réalité la principale composante des «recettes fiscales», ce que M. Heinrich appelle prélèvement obligatoire, est constituée dans notre pays par les cotisations de sécurité sociale qui représentent 36,4% du total. En 2015, pour ce même ratio, la moyenne des pays de l’OCDE se situait à 26,2%.

On le voit, c’est donc bien sur les cotisations de sécurité sociale que se distingue la France qui par ailleurs se retrouve dans la moyenne sur d’autres prélèvements comme la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) par exemple, voire en dessous de cette moyenne pour les impôts sur le revenu et sur les bénéfices des sociétés.

Comme les cotisations sociales d’assurance maladie, chômage et retraite donnent accès à des revenus différés, on peut donc légitimement se demander si nous méritons vraiment notre titre de champion du monde de la pression fiscale comme Monsieur Heinrich voudrait nous le faire croire.

Le débat n’était pas commencé que déjà M. Heinrich avait sauté dedans avec ses gros sabots ! Loin d’être innocente cette sortie du Maire d’Épinal appelle au moins deux remarques. La première concerne le fond, en désignant indistinctement et en diabolisant le principe de la cotisation sociale, il vient confirmer son allégeance à la doxa macronienne qui prévoit, sous couvert de réforme, la privatisation massive de la santé, des retraites et au-delà de tous les services publics. Ce faisant il tente de nous enfermer dans un jeu de dupe, dans lequel, nous le peuple de France n’aurons jamais la main, puisqu’à partir de dés pipés nous sommes condamnés à ramer sans cesse pour combler des trous financiers – pour certains imaginaires – dont notre irresponsabilité de dernier de la classe serait la cause ! Il ne nous reste plus qu’à nous ranger aux solutions qui nous sont si généreusement offertes, et qui consacrent la toute puissance d’un système politique, économique et financier qui écrase le peuple, épuise les ressources, et rend invivable notre seul habitat possible, la terre.

La seconde remarque porte sur la forme, non seulement les organisateurs de ce barnum nommé « grand débat » en fixe unilatéralement les règles, mais de surcroît ils se précipitent pour les violer.

Et ils voudraient après cela nous faire des procès en totalitarisme, au motif que nous refusons et dénonçons leur jeu de C..

Intéressons-nous maintenant à l’animateur du débat, ne l’avons-nous pas entendu s’indigner qu’un intervenant mette en cause l’indépendance des journalistes ! Peut-être pensait-il à lui, qui sait? Chacun est susceptible un jour ou l’autre de trouver son chemin de Damas ! Durant le débat, il a essayé désespérément de rebondir dès qu’une question ou une intervention qui lui semblait aller dans le sens de la préservation du système représentatif apparaissait. C’était tout simplement pathétique et je n’ai pu m’empêcher de ressentir de la compassion pour cet homme, malmené dans ses certitudes et son petit bonheur bourgeois qui ne comprenait littéralement rien à la problématique soulevée par le mouvement des Gilets Jaunes. Il n’était pas le seul ce soir là, à ne rien comprendre, et partageait son incompréhension avec une forte délégation de l’establishment spinalien, commerçants aisés, élus en nombre à la mine goguenarde venus là se réjouir du mauvais tour qu’ils pensaient jouer aux Gilets Jaunes, et quelques demi bourgeoises et bourgeois pas moins réjouis d’être venus assister au spectacle du Gilet Jaune fumé (nous sommes dans les Vosges !) tout ce petit monde sagement rangé autour du Maire, a eu l’occasion d’exposer à tous le vide qui les habite. Vide, tout de même peuplé des pires lieux communs appris dans l’entre-soi des arrières salles de leur commerce, royaume de la caisse enregistreuse et du coffre-fort. Lieux communs annonés, répétés à l’envi dans une atmosphère de crétinisme conquérant. Pour résumer, la bourgeoisie locale ne nous avait pas dépêché ses plus fins, ni plus brillants représentants, mais en existent-ils de plus reluisants ?

Nous eûmes l’occasion de nous réjouir un temps du spectacle de quelques uns de ces spécimens bien gratinés lâchés sans freins au milieu de la piste. Mais au-delà de l’anecdote, de ces gens, qui ne manquent pas une occasion de condamner la violence qu’ils disent abhorrer, suintaient une haine sans fard à l’égard des Gilets jaunes. Une haine de classe, une haine de Versaillais pour les Communards.

Quels objectifs visent à atteindre Macron et ses affidés dans cette opération ? Pourquoi réunir les gens pour leur demander d’exprimer leurs idées et les propositions qu’ils souhaiteraient faire sur quatre thèmes imposés. Propositions, déjà connues de tous, pour la plupart d’entre-elles, afin d’en faire un catalogue à la Prévert, puis une fois sifflée la fin de partie, en extraire une par-ci par-là et ouvrir un nouveau grand barnum communicationnel qui mettra en scène les admirables capacités d’écoutes de nos politiciens, qui pour conclure, voteront quelques textes de lois dont ils ont le secret pour tenter encore d’enfouir la révolte du peuple, faisant leur profit de cette phrase prononcée par Tancrède, jeune politicien aux dents longues dans « le Guépard » de Lampedusi « Il faut que tout change pour que rien ne change »

Enfin, voilà ce que déclarait ce vendredi 25 janvier, Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) qui s’est désistée de l’organisation du « Grand débat » : “Nous n’avions pas prévu de faire une opération de communication, on avait prévu de faire un grand débat“. Quand certains de leurs proches font preuve de perspicacité, nous ne pouvons qu’applaudir.

Il ne fait guère de doute qu’ils prennent les Gilets Jaunes pour des imbéciles, c’est d’ailleurs ce que clament haut et fort dans les médias à leur botte quelques uns de leurs courtisans, le mépris étant toujours prêt à bondir de leur bouche. Là aussi ils se trompent, nous avons éventé leurs secrets de fabrication sur lesquels repose la domination qu’ils exercent et qu’ils cherchent désespérément à maintenir.

Bien sûr leur ignominie sournoise trompera encore une partie du peuple, qu’ils tenteront de dresser contre l’autre tout en hurlant à la provocation, à la guerre civile. Comme les Versaillais de 1871 ils n’hésiteront pas à exercer la plus grande violence contre les Communards dont les Gilets Jaunes sont les héritiers. Ils se sont déjà engagés dans cette voie en ordonnant à leur police de blesser, mutiler gravement les manifestants depuis deux mois. Faire peur, instaurer la terreur, c’est leur réponse et ils voudraient nous faire croire au dialogue !

Je conclurai en empruntant ces quelques lignes à un texte de Michel Onfray :

« …couvrir les ennemis des Gilets Jaunes, couvrir les chauffards qui utilisent leurs véhicules comme des “armes par destination” comme il est dit quand on trouve un coupe-ongles dans un sac à dos de gilet-jaune, couvrir des policiers déchaînés, c’est continuer dans la direction empruntée depuis le début par le chef de l’Etat: faire le choix de la guerre civile. » Michel Onfray

Le spectacle ayant assez duré, les Gilets jaunes, porte-parole de la nouvelle association vosgienne décidèrent de quitter la salle, le débat, l’animateur, le Maire, le député, le sénateur et les versaillais. Ils se levèrent et sortirent.

Le 31 janvier 2019
Gracchus

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Un système à bout de souffle ou comment le mouvement des gilets jaunes a fini de révéler l’imposture

Le système de la représentation faussement nommé « démocratie », dans lequel ceux qui y croient encore, sont appelés tous les cinq ou six ans à désigner des représentants, est fabriqué de telle manière qu’il consacre l’impunité totale et quasi permanente des élus dans leur action ou inaction. Quelle que soit leur incompétence, l’accumulation de leurs erreurs, ils réussissent presque toujours a se faire reconduire dans leur mandat. Les raisons sont multiples, l’une d’entre-elles est l’utilisation massive de la communication comme manipulation. La communication servant toujours à opacifier la réalité et souvent à la falsifier amplement. Une autre, est la durée entre deux élections qui augmente la distance entre le citoyen et la chose publique, à laquelle il est appelé à s’intéresser de loin en loin, alors qu’elle oriente notre vie et que ses effets sont quotidiens et nécessiterait, si l’on veut agir sur eux, que l’on y consacre du temps chaque jour. Les candidats sortants à l ‘élection ont beau jeu de présenter, pour ceux qui daignent le faire, un bilan de leur mandat dans lequel n’apparaît bien sûr que ce qui peut être présenté comme des réussites, même si souvent ils ne portent dans celles-ci aucune responsabilité. En revanche les erreurs, les échecs voire l’absence d’action ne sont mentionnés nulle part et sont de toute façon tombés dans l’oubli. Et c’est ainsi que court le monde à la catastrophe, en croyant vivre en démocratie, alors que nous avons confié à quelques-uns, sans aucun moyen sérieux de contrôle, ce que nous devrions assumer collectivement chaque jour. Cet abandon de souveraineté du peuple faussement baptisé démocratie, n’est en réalité qu’une forme de dictature rendue acceptable au plus grand nombre, par le moyen de techniques de propagande et de bourrage de crâne rebaptisées elle-aussi, des innocents vocables de « communication » et de « publicité ».

La légitimité dont se réclament, drapés dans leur écharpe de pacotille, ces élus, n’est en réalité qu’une captation du pouvoir du peuple au profit de quelques-uns, une escroquerie sociétale qui a su se parer des atours de la démocratie et surtout réussit à se faire accepter par le plus grand nombre. Cela est heureusement en train de changer, et si tous les élus ne sont pas à ranger dans les catégories des incompétents ou des affairistes, notamment les plus petits d’entre-eux, il n’en reste pas moins vrai qu’ils sont pour la plupart victimes consentantes ou non de l’ordre établi. Ils ne sont pas à l’abri, et pourquoi le seraient-ils, des manipulations de masse qui présentent le système comme le « moins mauvais » d’entre tous les autres. Il est à cet égard édifiant d’observer la solidarité catégorielle des élus, quel que soit leur niveau dans la hiérarchie républicaine, lorsque la fonction est mise en cause au travers de l’un d’entre eux. Cette solidarité repose sur la conviction jamais questionnée que critiquer cette fonction équivaudrait à mettre en cause le principe démocratique, mais vise en réalité à préserver les privilèges attachés à celle-ci. Privilèges, qui pour les petits élus sont juste symboliques, mais qui le sont de moins en moins, dès que l’on grimpe dans la hiérarchie, pour devenir de plus en plus sonnants et trébuchants, jusqu’à atteindre dans les assemblées régionales nationales et européennes des niveaux qui feraient illico, de tout homme sensé, un sans-culotte enragé prêt à monter à l’assaut de toutes les Bastilles s’il en était informé.

Le système politique et institutionnel instaure et augmente intentionnellement la distance du citoyen à la chose publique, afin de le rendre encore plus dépendant de l’illusion démocratique, incarnée par le vote quinquennal ou sexennal de désignation des représentants. Comment peut-on soutenir, que se rendre une fois tous les cinq ou six ans, cinq minutes dans un isoloir pour abandonner son pouvoir de décision soit le nec plus ultra de la démocratie. Cinq minutes c’est le tiers du temps passé chaque jour par un homme normalement constitué, dans les toilettes ! Quinze minutes par jour pour le transit intestinal, cinq minutes tous les cinq ans pour les affaires publiques ! Le suffrage universel devient de la sorte, l’outil privilégié de la dépossession des prérogatives qu’une véritable démocratie se devrait de conférer aux citoyens, notamment celles de délibérer et décider de la conduite des affaires publiques. S’il restait quelques possibilités pour des citoyens, désireux malgré tout de s’intéresser de près aux affaires publiques, localement et/ou nationalement dans leur village, leur ville, département et dans le pays, celles-ci fondent actuellement comme neige au soleil. Les pouvoirs en place s’ingénient à interposer des obstacles de plus en plus insurmontables à l’obtention des informations indispensables à une connaissance satisfaisante de l’action publique. La réforme en cours qui vise à la suppression de l’enquête publique en est une illustration, il en existe beaucoup d’autres, la loi récemment adoptée dans l’enthousiasme général par le groupe parlementaire majoritaire sur le secret des affaires par exemple etc.. Le tropisme d’une grande partie des élus pour le secret confirme, s’il en était besoin, cette dérive d’une forme douce de dictature vers une forme plus brutale. Ceci étant la conséquence directe de la difficulté accrue pour les puissants, d’obtenir le consentement du peuple à son oppression. (cf « La fabrication du consentement » Noam Chomsky et Edward Herman). Sans doute, est-il raisonnable de penser que la suite logique de la loi sur le secret des affaires s’incarnera dans une loi pour la protection du secret de l’action publique !

Cette évolution probable vers des formes de plus en plus brutales et autoritaires de notre système politique est à la fois une mauvaise et une bonne nouvelle. Mauvaise, parce que le processus en cours, d’étouffement progressif des libertés peut amener au moins pour un temps, à une paralysie et un recul de l’action collective de libération et de transformation du monde. Bonne, parce qu’elle révèle et annonce la fin inexorable d’un monde qui avait réussi le tour de force de rendre ses victimes complices de leur aliénation.

Le mouvement des Gilets Jaunes a ouvert une voie qui ne se refermera plus. Celle de l’absolue nécessité pour le peuple de ne plus abandonner la délibération et les décisions qui lui reviennent à des représentants quels qu’ils soient.

Alors, pour tenter de rafistoler la coque du bateau qui prend l’eau, on sort les vieilles lunes de la manipulation politique que sont la « démocratie participative », autrement nommée « cause toujours tu m’intéresses » et le « grand débat ». Il en est même, pas les plus finauds, qui nous proposent le vote obligatoire !!! Moment ultime et paroxystique du crétinisme ambiant.

La leçon de ce qu’ils nomment “la crise des Gilets Jaunes” que tirent déjà aujourd’hui les politiciens et qu’ils confirmeront sans nul doute demain, est toujours la même et manque singulièrement d’originalité et de pertinence. C’est disent-ils un déficit de communication et d’information, nous ne sommes pas suffisamment pédagogues. Devant tant de pusillanimité on reste sans voix. Eux qui possèdent à peu près tous les médias grands et petits de ce pays auraient été incapables de bien communiquer ? Sont-ils à ranger en plus dans la catégorie des gros nuls ? Je laisse la réponse ouverte !

Cette conclusion surréaliste signifie aussi qu’est exclue de leur esprit toute modification de leur manière d’agir. Ils disent, « on continue comme avant mais on communiquera plus et mieux ! » Ils sont incapables de penser le monde hors de leurs catégories étriquées, tant pis nous changerons le monde sans eux.

Et tout de même, que penser de ces hommes politiques, censés selon eux, représenter leurs mandants, qui nous déclarent benoîtement vouloir écouter les demandes et revendications des Français et organisent pour cela un « grand débat », ouvre des « cahiers de doléances » et font presque, pour les plus assidus, acte de contrition publique ! De deux choses l’une ou ils n’ont depuis 40 ans (c’est Macron qui le dit) pas fait le boulot pour lequel ils sont grassement payés, ou ils tentent de nous tendre un sucre d’orge pour nous endormir et recommencer de plus belle comme avant une fois la “crise” passée. Dans le premier cas, 40 ans sans faire le job, ils doivent dégager, dans le second, il est encore plus urgent de les sortir.

Le 30 janvier 2019
Gracchus

A suivre sur ce blog, une analyse du « grand débat » d’Épinal

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Appel de la première « Assemblée des assemblées» des Gilets Jaunes

APPEL DE LA PREMIÈRE « ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES » DES

GILETS JAUNES

Nous, Gilets Jaunes des ronds-points, des parkings, des places, des assemblées, des manifs, nous sommes réunis ces 26 et 27 janvier 2019 en « Assemblée des assemblées », réunissant une centaine de délégations, répondant à l’appel des Gilets Jaunes de Commercy

(https://www.youtube.com/watch?v=GB1-Sg4jt7Y&t=14s).

Depuis le 17 novembre, du plus petit village, du monde rural à la plus grande ville, nous nous sommes soulevés contre cette société profondément violente, injuste et insupportable. Nous ne nous laisserons plus faire ! Nous nous révoltons contre la vie chère, la précarité et la misère. Nous voulons, pour nos proches, nos familles et nos enfants, vivre dans la dignité. 26 milliardaires possèdent autant que la moitié de l’humanité, c’est inacceptable. Partageons la richesse et pas la misère ! Finissons-en avec les inégalités sociales ! Nous exigeons l’augmentation immédiate des salaires, des minimas sociaux, des allocations et des pensions, le droit inconditionnel au logement et à la santé, à l’éducation, des services publics gratuits et pour tous.

C’est pour tous ces droits que nous occupons quotidiennement des ronds-points, que nous organisons des actions, des manifestations et que nous débattons partout. Avec nos gilets jaunes, nous reprenons la parole, nous qui ne l’avons jamais.

Et quelle est la réponse du gouvernement ? La répression, le mépris, le dénigrement. Des morts et des milliers de blessés, l’utilisation massive d’armes par tirs tendus qui  mutilent, éborgnent, blessent et traumatisent. Plus de 1000 personnes ont été  arbitrairement condamnées et emprisonnées. Et maintenant la nouvelle loi dite « anti-casseur » vise tout simplement à nous empêcher de manifester. Nous condamnons toutes les violences contre les manifestants qu’elles viennent des forces de l’ordre ou des groupuscules violents. Rien de tout cela ne nous arrêtera ! Manifester est un droit fondamental. Fin de l’impunité pour les forces de l’ordre ! Amnistie pour toutes les victimes de la répression !

Et quelle entourloupe que ce grand débat national qui est en fait une campagne de communication du gouvernement, qui instrumentalise nos volontés de débattre et  décider ! La vraie démocratie, nous la pratiquons dans nos assemblées, sur nos ronds-points, elle n’est ni sur les plateaux télé ni dans les pseudos tables rondes organisées par Macron.

Après nous avoir insultés et traités de moins que rien, voilà maintenant qu’il nous présente comme une foule haineuse fascisante et xénophobe. Mais nous, nous sommes tout le contraire : ni raciste, ni sexiste, ni homophobe, nous sommes fiers d’être ensemble avec nos différences pour construire une société solidaire.

Nous sommes forts de la diversité de nos discussions, en ce moment même des centaines d’assemblées élaborent et proposent leurs propres revendications. Elles touchent à la démocratie réelle, à la justice sociale et fiscale, aux conditions de travail, à la justice écologique et climatique, à la fin des discriminations. Parmi les revendications et propositions stratégiques les plus débattues, nous trouvons : l’éradication de la misère  sous toutes ses formes, la transformation des institutions (RIC, constituante, fin des privilèges des élus…), la transition écologique (précarité énergétique, pollutions industrielles…), l’égalité et la prise en compte de toutes et tous quelle que soit sa nationalité (personnes en situation de handicap, égalité hommes-femmes, fin de l’abandon des quartiers populaires, du monde rural et des outres-mers…).

Nous, Gilets Jaunes, invitons chacun avec ses moyens, à sa mesure, à nous rejoindre. Nous appelons à poursuivre les actes (acte 12 contre les violences policières devant les commissariats, actes 13, 14…), à continuer les occupations des ronds-points et le blocage de l’économie, à construire une grève massive et reconductible à partir du 5 février. Nous appelons à former des comités sur les lieux de travail, d’études et partout ailleurs pour  que cette grève puisse être construite à la base par les grévistes eux-mêmes. Prenons nos affaires en main ! Ne restez pas seuls, rejoignez-nous !

Organisons-nous de façon démocratique, autonome et indépendante ! Cette assemblée  des assemblées est une étape importante qui nous permet de discuter de nos revendications et de nos moyens d’actions. Fédérons-nous pour transformer la société !

Nous proposons à l’ensemble des Gilets Jaunes de faire circuler cet appel. Si, en tant que groupe gilets jaunes, il vous convient, envoyez votre signature à Commercy  (assembleedesassemblees@gmail.com). N’hésitez pas à discuter et formuler des propositions pour les prochaines « Assemblées des assemblées », que nous préparons  d’ores et déjà.

Macron Démission ! Vive le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple.

Appel proposé par l’Assemblée des Assemblées de Commercy des 26 et 27 janvier 2019

Il sera ensuite proposé pour adoption dans chacune des assemblées locales.

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RME La Bresse, ne voudrait-on pas nous cacher quelque-chose ?

Jérôme Mathieu, Président de la Régie Municipale d’Électricité de la Bresse

Monsieur Mathieu, adjoint chargé de l’énergie, Président de la Régie Municipale d’Électricité de La Bresse, et affublé d’un nombre imposant de titres, qu’il serait trop long d’énumérer ici, a-t-il des choses à dissimuler à propos de la gestion de la Régie Municipale d’Électricité ?

Nous serions tentés de le penser, et voici pourquoi.

Il y a un peu plus d’un mois, le 11 décembre 2018 pour être précis, le Président de l’association « La Bresse environnement », Dominique Humbert pour continuer à être précis a adressé par mail une demande de communication de documents à la Régie. Cette requête est parfaitement encadrée par la loi N° 78-753 du 17 juillet 1978, intégrée depuis au Code des relations entre le public et l’administration qui définit précisément le droit de toute personne à l’information.

Quels sont les documents demandés ? Rien que de très banal puisqu’il s’agit des comptes rendus des trois dernières années du Conseil d’administration de la Régie. Ces documents, souvent réclamés, sont bien entendu communicables à toute personne qui en fait la demande. Et quoi de plus normal puisqu’il s’agit en l’espèce de la gestion d’un bien commun.

Un mois après la réception du mail, délai maximum accordé par la loi pour répondre, la Régie fit savoir à M. Humbert qu’elle refusait de lui transmettre les documents listés au motif que ceux-ci « contiennent des éléments qui ont trait à la gestion du personnel de la Régie et de ce fait sont confidentiels ». Cette réponse lapidaire ne cite évidemment aucun texte de loi qui viendrait à l’appui de cette affirmation. Sans doute Monsieur Mathieu, pense-t-il par la voix de son directeur que sa parole fait loi. Il ne manque pour conclure, que cette phrase par laquelle s’achevait les lettres patentes des Rois capétiens “car ceci est notre bon plaisir“.

La loi, si elle prévoit plusieurs restrictions à la transmission de documents, notamment en cas d’atteintes à la vie privée, ne cite jamais la gestion des ressources humaines dans ses articles.

Mais imaginons contre toute logique que, dans les comptes rendus de la Régie, on fasse état de questions relatives à la vie privée des salariées. Imaginons aussi pourquoi pas, que ce soit une sorte de tradition bien singulière à la Régie Municipale et que tous les conseils d’administration soient en partie consacrés aux affaires privées des salariés. Imaginons enfin que les comptes-rendus soient truffés de détails personnels et ressemblent plus à un journal intime qu’à un pensum gestionnaire et technique. Et bien même dans ce cas hautement improbable, la loi est claire et indique que le document doit être communiqué après occultation des mentions en cause. Article L311-7 du code cité plus haut.

La manœuvre est grossière et si Monsieur Mathieu avait raison il suffirait que dans chaque réunion, conseil d’administration, de collectivités et d’établissements publics, on traite du cas du petit dernier embauché pour préserver les comptes-rendus de la curiosité forcément malsaine de citoyens inquiets, mais néanmoins curieux de la gestion de leur commune.

Cela nous révèle de surcroît quelle conception Monsieur Mathieu se fait de la démocratie. Sa course effrénée aux postes qui se libèrent, qu’il s’agisse du Conseil économique et social régional, du Pays de Remiremont, de la Com-com, du Conseil Départemental et j’en passe, doit lui conférer un sentiment de toute puissance, et comme beaucoup de ses semblables, il se pense au-dessus des lois.

A quoi bon délivrer aux citoyens ce qui leur revient, mieux vaut organiser par toutes sortes de moyens dilatoires, l’opacité des choix, laisser penser que l’on informe, alors que l’on répand des rideaux de fumée, pour au bout du compte détourner la loi et bâillonner la démocratie. Car il n’est pas de démocratie véritable sans accès à l’information, la chose publique doit être accessible au citoyen sans restriction aucune, sinon celles, rares, prévues par la loi.

Cette attitude détestable n’est pas l’apanage de M. Mathieu, d’autres avant lui dans nos régions, ont mis en pratique les mêmes procédés, je n’en citerai qu’un, digne de partager le podium avec lui, l’actuel Maire de Ventron, M Dousteyssier, qui après avoir refusé la communication de l’étude qui avait convaincu la Communauté de communes qu’il présidait alors, d’investir à fonds perdu l’argent des contribuables dans l’affaire Fibers de triste mémoire, a été contraint de s’exécuter par la Commission d’Accès aux Documents Administratifs, saisie de ce refus. La prescription de la Commission lui permettait toutefois d’occulter les mentions relatives au secret des affaires, devinez ce que fit ce grand homme, sur les trente six pages que comptait l’étude il en masquât 98 % au feutre noir, ne laissant ici et là que quelques conjonctions de coordination et mots isolés. Quand je vous disais qu’il avait une tête de vainqueur ! Je ne doute pas que ce monsieur et ses affidés de l’époque, Jérôme Mathieu en faisait partie, avaient beaucoup de choses à cacher ! (Voir l’étude dissimulée ici et le dossier complet là).

Décidément « il y a quelque chose de pourri au royaume de France ». Nos spécimens locaux ne font pas exception, car vous l’avez compris on retrouve partout et à tous les niveaux de la classe politique ce tropisme pour la dissimulation. Il serait tellement plus simple de gérer la chose publique comme un quelconque caporal chef; circulez il n’y a rien à voir !

Pour en revenir à la Régie et à son Président, un recours vient d’être déposé à la CADA par Dominique Humbert. Cette procédure qui devrait être l’exception devient malheureusement la règle dans notre pays. Dans la plupart des cas l’affaire se conclut à l’avantage du demandeur, mais l’objectif n’est-il pas de gagner du temps et de parier sur le découragement et l’écœurement des citoyens qui osent demander ce qui leur est dû et faire tout simplement appliquer la loi.

Comment s’étonner devant tant de morgue et de mépris que les ronds-points de notre pays fleurissent de jaune depuis deux mois ? Le jaune est aussi une des couleurs du printemps et le peuple de France pourrait bien le fêter avant l’heure !

La Bresse le 15 janvier 2019

Gracchus

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Violence contre violence

Il me semble plus que nécessaire au vu de la situation actuelle de remettre les pendules à l’heure, ces vieilles pendules déréglées quand on écoute nos gouvernants et leurs indéfectibles alliés que sont les media. Violence contre violence ? Qui et où sont les vrais coupables ? Petit rappel à la littérature pour nous éclairer …

Le romancier américain Jack London, dans son livre Le talon de fer, paru en 1908, nous révèle ce que finalement nous savons et expérimentons depuis la nuit des temps, à savoir que la violence n’est jamais le fait du peuple mais toujours celui de ceux qui l’oppriment et veulent continuer à l’asservir.

                                                                                      Léa Pétremand

In Le monde diplomatique janvier 2019

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La Régie municipale d’électricité de La Bresse au centre d’une stratégie de détournement de l’intérêt public au profit d’intérêts privés. “Plus belle la Régie” (épisode 2)

1 - La Régie

J'évoquais à la fin de mon précédent article sur la Régie, une modification de taille dans sa gestion. Elle est intervenue début 2017. Cette modification s'est faite en catimini sans qu'aucune information ne soit communiquée au Conseil municipal, ni a fortiori à la population.
La Régie, qui jusqu'à présent vendait sa production directement aux usagers bressauds et achetait chaque jour à des fournisseurs (EDF, Electricité de Strasbourg) le différentiel entre production et consommation locale, revend désormais toute sa production à un agrégateur suisse, qui a une obligation d'achat.

La mise en œuvre de cet accord a pour contrepartie l'obligation faite à la Régie d'acheter la totalité de la consommation de ses clients à ses fournisseurs extérieurs sur la base d'une prévision annuelle au tarif négocié. En cas de dépassement de cette prévision de consommation le surplus est facturé à la Régie sur la base des prix du marché spot de l'électricité (marché au comptant). Ces tarifs étant notoirement très élevés.

Cette modification fondamentale dans la gestion, vendre toute la production et être dans l'obligation de racheter l'intégralité de l'électricité consommée par ses clients, enlève toute marge de manœuvre à la Régie. En effet, avant cette opération, elle pouvait gérer et écrêter les pics de consommation grâce à ses turbines. L'électricité, qui comme chacun sait, ne se stocke pas, doit être produite et immédiatement consommée. Les périodes de fortes consommations, particulièrement par grand froid, pouvaient avoir pour conséquence un dépassement des plafonds fixés contractuellement avec les fournisseurs, ce qui pouvait générer des pénalités importantes à payer par la Régie. C'est ainsi que la possibilité d'augmenter la production locale, d’écrêter à ces périodes permettait d'éviter ces surcoûts.
C'est d'ailleurs dans cet objectif que la turbine de la Lande a fait l'objet d'un investissement important au moment de son achat. En effet c'est un matériel de pointe capable de produire beaucoup sur des périodes limitées et destiné justement à écrêter les pics de consommation.
La nouvelle configuration enlève toute visibilité et retire tout intérêt à une gestion efficace des turbines. En effet que l'on produise ou non de l'électricité à cette période n'a plus le même intérêt que précédemment, Le kilowatt produit pour écrêter une forte demande se valorisait au prix qu'aurait dû coûter le dépassement. Le système actuel de prévision annuelle ne laisse plus aucune marge de manœuvre à la Régie désormais privée de ses moyens d'action prisonnière des aléas climatiques.

Cette situation nouvelle présente un grand avantage pour l'actuel Président du Conseil d'administration de la Régie, elle lui permet notamment de justifier que l'on réserve en hiver l'eau du barrage de la Lande à la fabrication industrielle de neige artificielle.

Jérôme Mathieu, pour ne pas le citer, l'a d'ailleurs exprimé publiquement en déclarant que l'eau de ce barrage devait être utilisée en priorité pour la fabrication de neige artificielle, en second pour l'eau potable et enfin, pour la production électrique. Je serais tenté d'ajouter, s'il en reste!!!
Même le Maire a dû à l'époque recadrer son adjoint en remettant les priorités dans le bon ordre, sans toutefois rappeler que cette retenue a d'abord été réalisée pour augmenter significativement la production d'électricité de la Régie municipale. Il est probable que le Maire se soit souvenu ou qu'on lui ait rappelé que la commune avait fini par gagner en justice contre les associations qui avaient déposé des recours à l'époque contre la construction du barrage au motif que l'objet de la retenue était la production d'électricité et que la Régie pouvait être assimilée à EDF en tant que service public. Une déclaration publique du Président du Conseil d'Administration de la Régie modifiant substantiellement la destination première de cet ouvrage aurait pu ouvrir un boulevard à de nouveaux recours en justice.
Qui a dit ; tourner sept fois sa langue dans sa bouche…. Monsieur Mathieu ?

Il n'en demeure pas moins que les déclarations du Maire ne correspondent pas à la réalité qui fait aujourd'hui du barrage de la Lande le domaine réservé de Labellemontagne pour la production industrielle de neige artificielle. L'autorisation de prélèvement a été porté à 800 000m3 par saison ! Le barrage, à son niveau maximum a une capacité de 700 000m3.

Ce nouveau fonctionnement constitue une première étape dans la disparition programmée de la Régie. Privée de tout intérêt à agir et à décider du niveau optimum de sa production, elle devient, comme un bouchon ballotté au rythme des vagues, la marionnette des éléments. Il n'est pas exclu que l'on nous explique qu'elle pourra à terme être confiée à un opérateur externe qui de par sa taille, pourra négocier de meilleurs prix d'achat de l'électricité. Et le tour est joué.

Afin de compléter ce tableau, nous nous intéresserons, dans le prochain épisode de ce feuilleton, aux performances financières de la Régie, et nous pourrons constater qu'elles sont, sous la gestion de Jérôme Mathieu, en chute libre.

Sommes-nous en train d'assister à la Régie à un scénario similaire à celui qui s'est déroulé à l'EHPAD de la Clairie, qui s'est conclu, je le rappelle, par l'obligation pour la municipalité d'éponger un déficit abyssal. Les finances de la ville et en dernier ressort les contribuables pourraient-ils le supporter… (la suite au prochain épisode...)

2 - Labellemontagne

Intéressons-nous maintenant à un acteur central de ce dossier : la société « Labellemontagne » grand consommateur d'eau et d'électricité, toutes deux au centre de l'activité de la Régie.

Depuis la saison d'hiver 2016-2017, autorisation a été donnée par la Municipalité à « Labellemontagne » de doubler la capacité de prélèvement en eau pour fabriquer de la neige. De 500m3/heure à 1000m3/heure. La puissance des pompes a été augmentée en proportion ainsi que la consommation d'électricité. Cette eau est puisée dans le barrage de La Lande et ne produit aucune contrepartie financière pour la commune.

Dans le même temps, Labellemontagne a renégocié l'abonnement et les prix de l'électricité à la baisse avec la Régie qui l'a accepté :

Davantage d'eau gratuite pour les canons à neige = moins d'électricité produite + diminution du coût de l'électricité. Labellemontagne gagne sur tous les tableaux, et il n'est pas excessif d'affirmer que le contribuable bressaud subventionne abondamment Labellemontagne !

Dans ces conditions on ne voit pas pourquoi la commune ne reprendrait pas en régie l'exploitation de la station ?

3 - La Municipalité

3/1 Sécheresse

En période de pénurie d'eau, ce qui était encore le cas il y a 2 semaines la municipalité aurait dû anticiper la saison d'hiver. Il serait en effet inadmissible qu'en l'absence de nouvelles précipitations consistantes d'ici la période d'hiver, on continue d'alimenter les canons à neige des pistes de ski, en faisant passer les loisirs de quelques-uns devant l'intérêt général, en captant pour le profit de quelques privés une ressource commune qui doit d'abord satisfaire les besoins de tous.

C'est pourtant ce qui s'est passé ! (voir communiqué des associations ici)

On le voit la course en avant vers toujours plus d'équipements (360 canons à neige sur le seul domaine de La Bresse-Hohneck) mène inexorablement vers des conflits d'usage et des détournements de plus en plus flagrants des moyens et des ressources communs au bénéfice de quelques-uns. Tout cela pour des activités aussi essentielles pour l'humanité et le genre humain - dans un contexte de réchauffement climatique et d'effondrement de la biodiversité - que la fabrication industrielle de neige artificielle !

Alors que l'utilisation des canons à neige peut se concevoir comme un complément, notamment pour permettre un enneigement suffisant des parties les plus basses du domaine skiable, ils sont aujourd'hui utilisés,  même en l'absence de chutes de neige, pour couvrir la totalité des pistes.

3/2 Résumons la situation :

  • Labellemontagne est autorisée à doubler les prélèvements en eau qui passe de 500m3/heure à 1000m3/heure.
  • Cette eau prélevée dans le barrage de La Lande lui est cédée gratuitement. L'investissement et les coûts d'entretien de l'ouvrage sont entièrement assumés par la commune
  • Ce prélèvement massif risque fortement de rendre problématiques les prélèvements d'eau potable pour les usagers, car en faisant baisser le niveau de la retenue souvent bas en hiver, il contribue à augmenter la concentration de matières organiques solubles produites par la décomposition de la tourbe présente sous la masse d'eau et à engorger les systèmes de filtration, déjà très coûteux, mis en place.
  • Ce prélèvement intervient évidemment en soustraction des possibilités de production électrique des turbines situées en aval. Turbine de La Lande et turbine de la côte 750. Ces deux installations étant les plus productives et les plus rentables de la Régie.
  • Nous sommes de surcroît en période de très forte consommation d'électricité, donc au moment où la production d'énergie renouvelable est la plus utile à la planète et à la lutte contre le réchauffement climatique ! Mais cela n'a, semble-t-il, pas la moindre réalité pour cette municipalité !
  • Nous devons encore, last but not least, ajouter à cela la négociation à la baisse de l'abonnement et des tarifs de l’électricité au bénéfice de Labellemontagne. En effet, faisant suite à l'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence la société Labellemontagne, pourtant déjà largement attributaire, on vient de le voir, de cadeaux en tout genre concédés par la municipalité, a voulu encore pousser plus loin son avantage, en exerçant une « amicale pression » sur la Régie pour qu'elle baisse ses tarifs, ce que cette dernière s'est, semble-t-il, empressée d'accepter…

3/3 Manque à gagner

Cela fait beaucoup et j'engage les personnes qui le souhaiteraient à évaluer le coût total du manque à gagner pour la Régie et la commune et par voie de conséquence, le montant du cadeau fait, à l'insu de leur plein gré, par les contribuables bressaud aux actionnaires privés de Labellemontagne. Les documents et les éléments permettant ce calcul sont disponibles à la Mairie et à la Régie. Ce sont des documents administratifs communicables à toute personne qui en fait la demande.

Ceux qui feront cette démarche seront sans nul doute étonnés du résultat, et concluront aisément avec moi qu'une reprise en régie de la Délégation de Service Public de la station par la commune, même dans une conjoncture économique et climatique en voie de dégradation lui serait bien plus profitable ainsi qu'aux contribuables, que la situation actuelle. En effet celle-ci se traduit par une mise en danger de l'approvisionnement en eau potable des habitants, un pillage du bien commun au bénéfice d’intérêts privés, une atteinte à la capacité de production électrique de la Régie municipale et une ponction significative des ressources financières de la commune.

3/4 Redevance

Je connais par avance les objections qui me seront faites, parmi celles-ci il est souvent fait référence au montant de la redevance que verse Labellemontagne chaque année à la commune, redevance calculée en partie sur le chiffre d'affaires réalisé. Les représentants de cette société font entendre régulièrement des plaintes déchirantes lorsqu'ils évoquent cette « captation » sur leurs profits.

Certains parmi leurs admirateurs extasiés s'offusquent même que la commune prélève autant, mais laissons les imbéciles regarder le doigt quand celui-ci montre la lune. Si on les écoute, la commune devrait mettre gratuitement à disposition la totalité des surfaces du domaine skiable, ou tout au plus percevoir pour cela une indemnité symbolique.

Il apparaît clairement que la stratégie mise en œuvre depuis quatre ans par les dirigeants de Labellemontagne, avec le concours de la municipalité, vise d'une part à s’exonérer de toutes les contraintes attachées à l'activité et d'autre part, à obtenir des facilités et des avantages par toutes sortes de moyens afin de récupérer le montant de cette redevance que la direction de cette société n'a jamais digérée.

On verra dans le prochain épisode quelles en sont les conséquences pour les finances communales.

3/5 Gestion privée, gestion publique.

Certains, toujours les mêmes, objecteront qu'une gestion privée est toujours plus efficace qu'une gestion publique. On se demande toujours sur quelles expériences ils s'appuient pour répandre de telles âneries.
Puisque nous évoquons le cas de Labellemontagne, je renvoie à une des stations qu'elle a gérée, celle de Pralognan la Vanoise dans les Alpes, où la municipalité a dû mettre fin à leur collaboration. Sans doute que Labellemontagne n'y avait pas obtenu tous les avantages dont elle bénéficie chez nous !!

Certains encore opposent le privé, qui investit et sait prendre des risques, au public, frileux qui ne sait pas innover. Ils oublient simplement de préciser que les risques pris par le privé sont toujours payés par le public, de même que les investissements bénéficiaires du public sont bien souvent cédés pour peu de chose au privé. Deux exemples emblématiques à l'appui de mes dires, le dernier grand crash bancaire de 2008 qui a vu l'état injecter des milliards d'€uros, et la vente à vil prix des sociétés d'autoroutes à Vinci, Eiffage et Abertis Compagnies dont les actionnaires engrangent chaque année plus d'un milliard de dividendes !!! Chaque jour apporte son lot d'illustration de ce principe, à grande ou à petite échelle, privatisation des profits, socialisation des pertes.

La réalité est souvent triviale et peut se résumer à quelques propositions simples. Il en est une que je livre à votre sagacité : la gestion privée sur le domaine public se nourrit toujours d'aides et d'avantages arrachés au bien public pour servir l'intérêt privé. Sans ces avantages prélevés sur l'intérêt collectif ces sociétés s'effondrent.
Cette proposition peut d'ailleurs être étendue à la plupart des activités industrielles et commerciales qui sans l'intervention, sous des formes variées, de la puissance publique, donc de la collectivité des citoyens, ne pourraient survivre.

Nous pourrions, en guise de conclusion temporaire, évoquer comment par le passé, suite à des saisons touristiques médiocres, les gestionnaires de stations, le dirigeant de Labellemontagne en tête, ont fait le siège du Préfet et des Collectivités, régions et départements, afin d'obtenir aides, subventions et avances de trésorerie qui pour certaines ne seront jamais remboursées.

Monsieur le Maire et Monsieur l'adjoint, il est temps d'annoncer la couleur et de faire part aux habitants de votre stratégie et de vos véritables intentions, concernant la Régie Municipale d'électricité.

Il est possible aussi, que vous n'ayez jamais eu la moindre réflexion stratégique. Je n'ai aucune peine à l'imaginer après vous avoir observé dans vos diverses actions ou plutôt inactions, au sujet de nombreux dossiers importants pour la commune, depuis que vous êtes élus. Ceux du Collége et de l'EHPAD, pour ne citer que les plus spectaculaires.

Dans cette très probable hypothèse, cela ne justifie pas toutefois que vous persistiez à multiplier les cadeaux et à céder aux injonctions et au chantage exercés par une société privée.

La Bresse le 18 décembre 2018
Gracchus

Posted in Enquête, Environnement, La Bresse, Régie Municipale d'électricité | Commentaires fermés sur La Régie municipale d’électricité de La Bresse au centre d’une stratégie de détournement de l’intérêt public au profit d’intérêts privés. “Plus belle la Régie” (épisode 2)