Le grand déballage national

le grand deballage

A la Bresse, ce vendredi soir avait lieu un débat organisé par la municipalité dans le cadre du Grand débat national. C’est le second débat auquel j’assistais, le premier s’étant tenu à Epinal. On peut regretter qu’à la Bresse un nombre restreint de personnes s’y soient exprimées, alors que c’est bien l’objet de ces réunions que de le faire. Crainte de prendre la parole en public, de se faire mal voir, de n’avoir rien à dire etc. c’est bien dommage. Aussi quand certains ont reproché à ceux qui s’exprimaient de monopoliser la parole, on a atteint des sommets dans la mauvaise foi ! La parole était libre que n’en ont-ils profité ? En réalité on le constate une fois de plus, non la parole est loin d’être libérée pour la majorité des gens. Peu d’interventions sur les problèmes de fond de notre société, en revanche quelques timides propositions de rapiéçages, de pansements sur une jambe de bois, une fois encore nos concitoyens espèrent des améliorations s’ils jouent le jeu, croyant à la poupée qui tousse, qui tousse depuis des décennies sans jamais guérir :

« Voilà des gens qui, une génération après l’autre, auront vu leur condition de salariés moyens perdre toujours davantage ses droits, ses protections, ses rémunérations, du fait de politiques visant à récupérer sur le dos des travailleurs toujours plus de plus-value pour rémunérer les grands investisseurs et autres pirates bancaires bénéficiaires des intérêts exorbitants, indécents, de la dette publique. Les classes moyennes voient tout cela, depuis longtemps, mais elles n’ont toujours pas compris, parce qu’elles ne veulent pas comprendre et continuent à s’en remettre du soin de les gouverner à des créatures du système, à tous les niveaux.[……]La capacité de la classe moyenne à se reproduire à chaque génération avec les adaptations nécessaires, est intimement et circulairement liée à celle du système capitalisme et à sa logique salariale  d’asservissement, de collaboration et de séduction. Trop d’intellectuels qui se disent dans l’opposition politique croient qu’il suffit pour combattre le système d’aller dévotement mettre, en manière d’exorcisme, un bulletin dans une urne électorale[…..] Il ne s’agit pas simplement de combattre, le temps d’une campagne électorale…les politiques des partis de gouvernement […..]comme s’il était encore possible de croire aujourd’hui que le capitalisme est réformable de l’intérieur, en réduisant la lutte politique et sociale aux consultations électorales et les élections aux sondages d’opinion. ».

Extraits de La chronique d’Alain Accardo – Journal La décroissance février 2019

Effectivement, on retrouvait dans la salle cet état d’esprit à la Bresse (comme à Epinal ): soumission à l’ordre établi, croyance naïve dans les effets d’annonce et les promesses pourtant jamais tenues des pouvoirs en place. Sans doute et je m’en attriste beaucoup, un aveuglement plus facile à vivre qu’un combat à mener chaque jour. A la fin de la réunion, un macronien convaincu a voulu m’assommer d’un : « Vous, vous êtes contretout !»,  la phrase censée tuer quand on manque d’arguments, véritable cliché à La Bresse qui va de pair avec le sempiternel : « Vous polémiquez !», qu’on a d’ailleurs pas entendu ce soir-là. Heureusement, je suis immunisée. Contrairement à ce que mes détracteurs pensent, je suis pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité, pour la justice sociale, pour la solidarité des plus forts envers les plus faibles, pour la protection de la nature et de l’environnement, pour la biodiversité …Sans aucun doute nous ne nous battons pas pour les mêmes pour !

Ci-dessous, le texte que j’ai lu devant l’assemblée vendredi dernier, légèrement amendé.

« Grand déballage national »

Depuis le 15 janvier dernier, beaucoup s’accordent à remarquer qu’en réalité nous n’assistons pas à un grand débat national prenant en considération l’intérêt général, mais davantage à un catalogue interminable, d’idées, de propositions souvent contradictoires entre elles, d’ailleurs.

Le grand débat part dans tous les sens mais n’était-ce pas à prévoir, se transformant au fil des réunions en un  grand déballage national. Il risque aussi de mal finir  car il ne suffit pas d’écouter les doléances, il faudra ensuite concrétiser et apporter des réponses pertinentes : ou alors ce qu’on nous propose là, est un débat qui compte pour du beurre, pour amuser la galerie. Le Président Macron dans son rôle d’animateur/bateleur n’abuse plus grand monde avec ces pathétiques tours de passe-passe, ni les Gilets Jaunes, ni les Français qui continuent de les soutenir massivement.

N’est-il pas pour le moins inquiétant de voir un Président de la République et quelques-uns de ses ministres, sillonner la France pour aller à la rencontre des Français (élus et citoyens) afin d’écouter leurs doléances ? Il me semble qu’ils l’avaient déjà fait lors de leurs campagnes électorales…Et depuis qu’ils sont au gouvernement à quoi ont-ils donc oeuvré ? Ont-ils été aveugles et sourds depuis deux années d’exercice du pouvoir ? Je crains bien que oui.

Le soi-disant « Grand-débat national » est une fumisterie, une de plus, il s’agit clairement d’une nième manipulation du pouvoir en place, de la COM comme ils l’avouent, déclarant « on n’a pas bien communiqué sur nos projets»comme s’il s’agissait de cela ! Il a fallu que le peuple, les citoyens revêtant des gilets jaunes descendent dans la rue et fassent entendre un ras le bol généralisé. Alors, miracle E. Macron et son gouvernement prennent conscience, d’un coup, que tout ne va pas pour le mieux au royaume de France, qu’il y a des mécontents et de graves problèmes : les chômeurs, les précaires, les retraités, la jeunesse, le pouvoir d’achat, la santé publique avec les hôpitaux et les EHPAD etc. Les Gilets Jaunes ont dressé un inventaire des problèmes, effarant et terrible inventaire pour ceux qui nous gouvernent, ceux d’aujourd’hui mais aussi ceux qui les ont précédés. Le constat est implacable : ils sont aux affaires et n’ont rien vu, rien entendu ou plutôt rien voulu voir, rien voulu entendre ! Quelle hypocrisie, quelle arrogance de la part de la classe politique.

Mais n’acceptons plus d’être leurs dupes et ne nous laissons pas berner par leur pseudo grand débat. Les Français n’ont que faire d’un état des lieux, nous connaissons tous la situation de notre pays, ce que nous devons exiger ce sont des changements, ce vieux système capitalisme est à l’agonie. Cette république d’élus, censés nous représenter qui en fait, nous méprisent est moribonde. Les élus dans leur grande majorité, nous mentent depuis des décennies, nous exploitent et nous rackettent à présent, en nous écrasant sous leurs taxes. Depuis plus de deux mois, des femmes et des hommes que l’on dit d’en bas (mais pas seulement) ont occupé les ronds-points, la rue pour crier leur révolte devant l’injustice qui leur, qui nous est faite : nous assistons au combat des Communards et des Versaillais, des faibles contre les puissants, des exploités contre leurs exploiteurs, tout simplement à la lutte des classes toujours d’actualité.

Débattons entre citoyens, refusons des thèmes encore une fois imposés d’en haut, débattons librement sur le fond. Sans hauteur de vue dans le débat, nous allons privilégier les intérêts particuliers (résoudre des problèmes personnels) alors que c’est l’intérêt général qu’il faut prendre en compte. Gardons bien en tête que le but non avoué de ces débats, n’est pas de répondre aux justes revendications, mais de le rendre inopérant par l’absence de mise en perspective des propositions. Si nous acceptons de jouer le jeu avec leurs cartes alors, une fois de plus nous serons floués : prenons nos vies en main, nous en avons le droit et l’entière légitimité.

Le 11 février 2019
Annie Aucante

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La Bresse Hohneck, Alerte Orange, la caisse enregistreuse reste ouverte !

Aujourd’hui dimanche 10 février, l’alerte jaune puis orange sont déclenchées sur les départements du Grand Est, Vosges et Alsace notamment. Des vents de 110 km/h sont annoncés par Météo France à partir de 12h. Selon l’article (copie d’écran jointe) de Vosges matin la station de Gérardmer annonce la fermeture de toutes ses pistes à compter de 13h tandis que la station de La Bresse Hohneck conservera une majorité de pistes et remontées mécaniques ouvertes.

Vosges matin 10/02/2019

Les deux stations, distantes de quelques km à vol d’oiseau (pas plus de 3 km) sont soumises toutes deux aux mêmes aléas climatiques, comment peut-on expliquer que l’une ferme et l’autre pas ?

Les risques graves d’accidents, chutes d’arbres, de branches, incidents mécaniques etc sont identiques pour les deux stations. La direction de « Labellemontagne » société gestionnaire de la station La Bresse Hohneck a décidé une fois de plus de privilégier le tiroir caisse à la sécurité des personnes, administrant la preuve que pour elle, ses clients sont d’abord des portes monnaies, avant d’être quoi que ce soit d’autre, et singulièrement des personnes humaines.

La réponse du directeur de la station de La Bresse au journaliste vaut son pesant d’or : « on reste vigilant » vigilant à quoi ? Au nombre de blessés, voire pire ? Quel est le quota de blessés acceptable avant de fermer le sacro-saint tiroir-caisse ?

Une autre question mérite, elle aussi d’être posée. Pourquoi le Préfet des Vosges ne prend-il pas un arrêté de fermeture des pistes pendant la période concernée ?

Cette absence de décision des autorités est totalement insensée et malheureusement récurrente dans le département. Leur rôle est d’assurer la protection des populations et d’anticiper les risques. Dans la situation qui nous occupe les risques sont avérés et l’on ne peut que s’interroger sur les vraies raisons de cette passivité irresponsable du Préfet.

Le 10 février 2019
Gracchus

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La Bresse tribune tragi-comique

Ce mois-ci dans le Bulletin municipal de La Bresse, la tribune du groupe majoritaire nous offre une nouvelle fois l’occasion de rire un peu !

Ce n’est normalement pas l’objet d’une telle tribune, mais il semblerait qu’à La Bresse le ou les glossateurs de celle-ci aient manqué, et c’est dommage, une belle carrière de comédien tragi-comique.

Voilà en effet ce qu’écrit un des rédacteurs, au sujet de la gestion de l’eau, dont on a pu apprécier à quel point la municipalité n’avait cure :

« L’équilibre entre les différents usages de l’eau est aussi au cœur de nos réflexions et nous continuerons à faire preuve de pragmatisme et de réalisme plutôt que de céder au populisme et aux fausses affirmations, jusqu’à aller, pour certains, à de la fausse information, voir de la diffamation, via des blogs ou des réseaux soit disant sociaux qui n’ont d’objectifs que de faire parler de leur auteur, mais en restant chaleureusement cacher derrière des pseudos protecteurs. » (Sic)

Le style inimitable et la répétition laborieuse des mêmes idées fixes, ne laissent que peu de doute sur l’identité de l’écrivain, mais pour ne pas le désobliger et afin d’éviter de lui faire une trop grande publicité, nous l’appellerons Monsieur M., M. comme Monsieur.

Abordons en premier lieu la face comique du personnage. Comment peut-il nous expliquer que « certains, qui n’ont (pour) objectif que de faire parler d’eux »… « restent chaleureusement (sic) cacher (re-sic) derrière des pseudos protecteurs. »Monsieur M. peut-être sous la trop grande pression de ses émotions et appliqué à tenter de convaincre ses concitoyens, en vient à perdre son latin et accessoirement son français !

Quant au tragique, il suinte tristement derrière chaque mot. C’est un tragique de répétition qui procède par rabâchage des rengaines du temps et se nourrit de terme, comme « populisme », mot valise qui sert à masquer l’absence totale du début de l’ombre d’une idée simple. Enfin avec l’utilisation du terme« diffamation » lui aussi déjà employé, le tragique vire au pathétique. Monsieur M. si diffamation il y a, que n’allez-vous demander réparation devant les tribunaux ?

Le 08 février 2019

Gracchus (? chaleureusement (sic) caché derrière!)

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EHPAD de La Bresse 2015 – 2019 : quatre années de combat la victoire au bout !

30 janvier 2018 Epinal manifestation des EHPAD

Association de défense des résidents de l’EHPAD de La Bresse et de leurs familles
Communiqué

La Bresse le 02 février 2019

EHPAD de La Bresse 2015 – 2019 : quatre années de combat la victoire au bout !

Le Président du CCAS de la Bresse mis en demeure par le Préfet de rembourser les résidents…Nous avons gagné !!! Le droit des plus faibles l’a emporté sur le chantage du département et sur la tentative d’abus de pouvoir et la mauvaise foi du CCAS de la Bresse et de son président.

À l’issue de presque quatre années d’un long combat juridique et semé d’embûches par ceux-là même chargés de faire appliquer et respecter la loi, justice est enfin rendue aux résidents présents en 2015 dans l’établissement (ou à leurs descendants en cas de décès), victimes d’une augmentation de la tarification insupportable. 

– 1 – Rappel des faits ayant abouti à cette décision

Juillet 2015 dépôt d’un recours contre l’augmentation des tarifs décidés par le Département des Vosges.

Août 2017 le Département est condamné et doit reprendre un nouvel arrêté fixant de nouveaux tarifs pour 2015, ce à quoi il procède en octobre 2017.

Dans les 14 mois suivants, le CCAS à qui incombe la charge de rembourser les résidents, en dépit de nombreuses relances de ma part, va utiliser divers procédés dilatoires jusqu’à voter une délibération refusant à l’unanimité d’exécuter les paiements.

J’ai dû saisir le 17 juillet 2018 le Préfet des Vosges pour qu’il procède à un mandatement d’office auprès de la Trésorerie de Cornimont, afin de rembourser les résidents. Suite à une analyse juridique extrêmement détaillée de la Direction générale des collectivités locales – DGCL du Ministère de l’Intérieur (et oui l’affaire est remontée haut!)…, le Préfet des Vosges a conclu à la légitimité de ma demande et adressé au Président du CCAS et Maire de La Bresse, le 27 novembre dernier, une mise en demeure de payer, sous la menace de procéder à un mandatement d’office.

Curieusement, lors de la réunion tenue en présence des familles à l’EHPAD, le 3 décembre dernier, M. Hubert Arnould, maire de notre commune a déclaré publiquement et avec force, que le CCAS ne paierait pas ! Puis, le 10 décembre le maire, en parfaite contradiction avec sa déclaration précédente du 3 décembre, répond au Préfet par courrier, qu’il a procédé au mandatement de la somme due à ma mère !!!

Suite de ce déplorable feuilleton, le 17 janvier 2019, ma mère n’ayant toujours reçu aucun versement, soit près d’un mois après l’affirmation mensongère du maire de la Bresse, au Préfet des Vosges tout de même, il m’a fallu envoyer un énième courrier à M. Arnould avec copie au Préfet, pour enfin obtenir justice et constater récemment le versement de la somme due sur le compte de ma mère.

A ce jour et à ma connaissance, un autre résident a reçu le remboursement qui lui était dû, après l’avoir demandé par courrier adressé au Président du CCAS.

Cette possibilité est désormais ouverte à tous les résidents présents en 2015 ou leurs ayant droit. Le remboursement s’élève à un peu plus de 500€ par personne. Nous les invitons à faire cette démarche par courrier auprès du Président du CCAS. Nous nous interrogeons sur le silence du maire et du CCAS concernant cette régularisation auprès des résidents et des familles. Le CCAS ne peut s ‘exonérer aujourd’hui de rembourser l’ensemble des résidents.

Mettons à ce sujet les choses au point. Le Maire et le CCAS ont osé affirmer que pour rembourser les résidents il faudrait augmenter la redevance, ajoutant dans un élan de mauvaise foi que cela équivaudrait à faire payer les nouveaux résidents pour les anciens. Qu’espèrent-ils en répandant de telles inepties ? Opposer les résidents les uns aux autres ? Masquer leur incompétence qui depuis le début ne s’est jamais démentie ? S’exonérer d’exiger que le Conseil Départemental assure le financement total de ce remboursement ? Ce qui ne serait que justice. Sans doute un peu de tout cela.

Notre association a toujours considéré que c’était au CCAS d’assumer la responsabilité du remboursement, ce qu’il a été contraint de commencer à faire grâce à notre action, et au Département d’en assurer le financement, environ 50 000€.

Une équipe municipale et un CCAS dignes de ce nom auraient agi dans ce sens avec le soutien des résidents et de leurs familles pour exiger ce financement du département. L’équipe municipale bressaude s’est illustrée par son inaction et le CCAS par une décision insensée, s’opposant à la loi et à l’intérêt des résidents en votant à l’unanimité, le refus de rembourser.

Nous demandons :

1/ Que le CCAS procède au remboursement de tous les résidents présents en 2015 ou de leurs ayants droit sans attendre qu’ils se manifestent.

2/ Que le Département des Vosges seul responsable de cette situation verse au CCAS, sous la forme qui lui conviendra (subvention exceptionnelle ou tout autre dispositif) le montant total des remboursements.

3/ Nous appelons le CCAS à cesser de vouloir faire supporter la charge de ses inconséquences et de celles du Département aux plus faibles, qui ne portent aucune responsabilité dans cette affaire, et à se joindre à notre demande auprès du Département.

La présidente
Annie Aucante

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Épinal un “grand débat” Mon œil !

Jérôme Rodrigues Gravement blessé à l’œil par un tir de LBD

Lundi 28 janvier la municipalité d’Épinal ouvrait “l’espace Cours” au public, invité à participer au “grand débat” qu’elle organisait dans le plus grand respect des prescriptions macroniennes et néanmoins présidentielles. Un débat pipé animé par un journaliste de génuflexion directeur général de Vosges télévision/Vià Vosges, média sous le contrôle total et aux ordres de l’exécutif municipal d’Epinal et du département des Vosges. Afin de fixer les idées il est recommandé de visionner ici la composition de l’organe directeur de ce que certains pensent pouvoir qualifier de média indépendant… Et pour ne pas fâcher au delà du raisonnable, nous n’évoquerons pas ici le financement de ce parangon d’indépendance que même Poutine nous envie.

Quatre thèmes imposés, un temps de parole limité à 2 minutes et un animateur des débats dont l’indépendance annoncée peut être remisée au rayon des bluettes. Toutes les conditions étaient réunies pour une opération de communication !

Nous eûmes en introduction le droit d’écouter Monsieur Heinrich Maire d’Épinal et puissance invitante. Après nous avoir doctement affirmé qu’il ne participerait pas au débat et qu’il n’interférerait d’aucune manière dans celui-ci (nous verrons que ce n’était pas nécessaire tant son ombre aura plané sur les paroles et l’animation du « débat » de Dominique Renauld son obligé…) il termina tout de même par ces mots, lancés en guise d’avertissement à peine déguisé, à ces Gaulois dépensiers que nous sommes : «Je voudrais vous donner quelques éléments de contexte, je ne vous abrutirez pas de chiffres, je ne donnerai que trois chiffres. La dépense sociale représente 57 % de la dépense publique. Le taux de prélèvement obligatoire est de 45 % du PIB, soit 10 points de plus que la moyenne de l’OCDE, et enfin 44 % des foyers payent l’impôt ». C’est en effet une belle manière de ne pas prendre part au débat, en présentant, mine de rien, ces chiffres (éléments de contexte), comme les trois piliers d’un modèle éternel et indépassable, qu’il serait illusoire de mettre en cause et dans lequel les Français seraient les cancres du fond de la classe, car on l’aura deviné M. Heinrich nous suggère finement que la dépense sociale est trop élevée ainsi que les prélèvements obligatoires dont il se garde bien de nous dire de quoi ils sont composés.

Mais le plus extraordinaire dans cette Pagnolade, c’est que Monsieur Heinrich, réussit, en trois chiffres, le tour de force d’enfumer son auditoire. Quel talent ! En effet, en 2016, en France, les impôts sur le revenu et sur les bénéfices des sociétés représentaient seulement 10,6% du PIB et 23,3% des recettes fiscales. Un ratio bien inférieur à celui de la moyenne des pays de l’OCDE

En réalité la principale composante des «recettes fiscales», ce que M. Heinrich appelle prélèvement obligatoire, est constituée dans notre pays par les cotisations de sécurité sociale qui représentent 36,4% du total. En 2015, pour ce même ratio, la moyenne des pays de l’OCDE se situait à 26,2%.

On le voit, c’est donc bien sur les cotisations de sécurité sociale que se distingue la France qui par ailleurs se retrouve dans la moyenne sur d’autres prélèvements comme la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) par exemple, voire en dessous de cette moyenne pour les impôts sur le revenu et sur les bénéfices des sociétés.

Comme les cotisations sociales d’assurance maladie, chômage et retraite donnent accès à des revenus différés, on peut donc légitimement se demander si nous méritons vraiment notre titre de champion du monde de la pression fiscale comme Monsieur Heinrich voudrait nous le faire croire.

Le débat n’était pas commencé que déjà M. Heinrich avait sauté dedans avec ses gros sabots ! Loin d’être innocente cette sortie du Maire d’Épinal appelle au moins deux remarques. La première concerne le fond, en désignant indistinctement et en diabolisant le principe de la cotisation sociale, il vient confirmer son allégeance à la doxa macronienne qui prévoit, sous couvert de réforme, la privatisation massive de la santé, des retraites et au-delà de tous les services publics. Ce faisant il tente de nous enfermer dans un jeu de dupe, dans lequel, nous le peuple de France n’aurons jamais la main, puisqu’à partir de dés pipés nous sommes condamnés à ramer sans cesse pour combler des trous financiers – pour certains imaginaires – dont notre irresponsabilité de dernier de la classe serait la cause ! Il ne nous reste plus qu’à nous ranger aux solutions qui nous sont si généreusement offertes, et qui consacrent la toute puissance d’un système politique, économique et financier qui écrase le peuple, épuise les ressources, et rend invivable notre seul habitat possible, la terre.

La seconde remarque porte sur la forme, non seulement les organisateurs de ce barnum nommé « grand débat » en fixe unilatéralement les règles, mais de surcroît ils se précipitent pour les violer.

Et ils voudraient après cela nous faire des procès en totalitarisme, au motif que nous refusons et dénonçons leur jeu de C..

Intéressons-nous maintenant à l’animateur du débat, ne l’avons-nous pas entendu s’indigner qu’un intervenant mette en cause l’indépendance des journalistes ! Peut-être pensait-il à lui, qui sait? Chacun est susceptible un jour ou l’autre de trouver son chemin de Damas ! Durant le débat, il a essayé désespérément de rebondir dès qu’une question ou une intervention qui lui semblait aller dans le sens de la préservation du système représentatif apparaissait. C’était tout simplement pathétique et je n’ai pu m’empêcher de ressentir de la compassion pour cet homme, malmené dans ses certitudes et son petit bonheur bourgeois qui ne comprenait littéralement rien à la problématique soulevée par le mouvement des Gilets Jaunes. Il n’était pas le seul ce soir là, à ne rien comprendre, et partageait son incompréhension avec une forte délégation de l’establishment spinalien, commerçants aisés, élus en nombre à la mine goguenarde venus là se réjouir du mauvais tour qu’ils pensaient jouer aux Gilets Jaunes, et quelques demi bourgeoises et bourgeois pas moins réjouis d’être venus assister au spectacle du Gilet Jaune fumé (nous sommes dans les Vosges !) tout ce petit monde sagement rangé autour du Maire, a eu l’occasion d’exposer à tous le vide qui les habite. Vide, tout de même peuplé des pires lieux communs appris dans l’entre-soi des arrières salles de leur commerce, royaume de la caisse enregistreuse et du coffre-fort. Lieux communs annonés, répétés à l’envi dans une atmosphère de crétinisme conquérant. Pour résumer, la bourgeoisie locale ne nous avait pas dépêché ses plus fins, ni plus brillants représentants, mais en existent-ils de plus reluisants ?

Nous eûmes l’occasion de nous réjouir un temps du spectacle de quelques uns de ces spécimens bien gratinés lâchés sans freins au milieu de la piste. Mais au-delà de l’anecdote, de ces gens, qui ne manquent pas une occasion de condamner la violence qu’ils disent abhorrer, suintaient une haine sans fard à l’égard des Gilets jaunes. Une haine de classe, une haine de Versaillais pour les Communards.

Quels objectifs visent à atteindre Macron et ses affidés dans cette opération ? Pourquoi réunir les gens pour leur demander d’exprimer leurs idées et les propositions qu’ils souhaiteraient faire sur quatre thèmes imposés. Propositions, déjà connues de tous, pour la plupart d’entre-elles, afin d’en faire un catalogue à la Prévert, puis une fois sifflée la fin de partie, en extraire une par-ci par-là et ouvrir un nouveau grand barnum communicationnel qui mettra en scène les admirables capacités d’écoutes de nos politiciens, qui pour conclure, voteront quelques textes de lois dont ils ont le secret pour tenter encore d’enfouir la révolte du peuple, faisant leur profit de cette phrase prononcée par Tancrède, jeune politicien aux dents longues dans « le Guépard » de Lampedusi « Il faut que tout change pour que rien ne change »

Enfin, voilà ce que déclarait ce vendredi 25 janvier, Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) qui s’est désistée de l’organisation du « Grand débat » : “Nous n’avions pas prévu de faire une opération de communication, on avait prévu de faire un grand débat“. Quand certains de leurs proches font preuve de perspicacité, nous ne pouvons qu’applaudir.

Il ne fait guère de doute qu’ils prennent les Gilets Jaunes pour des imbéciles, c’est d’ailleurs ce que clament haut et fort dans les médias à leur botte quelques uns de leurs courtisans, le mépris étant toujours prêt à bondir de leur bouche. Là aussi ils se trompent, nous avons éventé leurs secrets de fabrication sur lesquels repose la domination qu’ils exercent et qu’ils cherchent désespérément à maintenir.

Bien sûr leur ignominie sournoise trompera encore une partie du peuple, qu’ils tenteront de dresser contre l’autre tout en hurlant à la provocation, à la guerre civile. Comme les Versaillais de 1871 ils n’hésiteront pas à exercer la plus grande violence contre les Communards dont les Gilets Jaunes sont les héritiers. Ils se sont déjà engagés dans cette voie en ordonnant à leur police de blesser, mutiler gravement les manifestants depuis deux mois. Faire peur, instaurer la terreur, c’est leur réponse et ils voudraient nous faire croire au dialogue !

Je conclurai en empruntant ces quelques lignes à un texte de Michel Onfray :

« …couvrir les ennemis des Gilets Jaunes, couvrir les chauffards qui utilisent leurs véhicules comme des “armes par destination” comme il est dit quand on trouve un coupe-ongles dans un sac à dos de gilet-jaune, couvrir des policiers déchaînés, c’est continuer dans la direction empruntée depuis le début par le chef de l’Etat: faire le choix de la guerre civile. » Michel Onfray

Le spectacle ayant assez duré, les Gilets jaunes, porte-parole de la nouvelle association vosgienne décidèrent de quitter la salle, le débat, l’animateur, le Maire, le député, le sénateur et les versaillais. Ils se levèrent et sortirent.

Le 31 janvier 2019
Gracchus

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Un système à bout de souffle ou comment le mouvement des gilets jaunes a fini de révéler l’imposture

Le système de la représentation faussement nommé « démocratie », dans lequel ceux qui y croient encore, sont appelés tous les cinq ou six ans à désigner des représentants, est fabriqué de telle manière qu’il consacre l’impunité totale et quasi permanente des élus dans leur action ou inaction. Quelle que soit leur incompétence, l’accumulation de leurs erreurs, ils réussissent presque toujours a se faire reconduire dans leur mandat. Les raisons sont multiples, l’une d’entre-elles est l’utilisation massive de la communication comme manipulation. La communication servant toujours à opacifier la réalité et souvent à la falsifier amplement. Une autre, est la durée entre deux élections qui augmente la distance entre le citoyen et la chose publique, à laquelle il est appelé à s’intéresser de loin en loin, alors qu’elle oriente notre vie et que ses effets sont quotidiens et nécessiterait, si l’on veut agir sur eux, que l’on y consacre du temps chaque jour. Les candidats sortants à l ‘élection ont beau jeu de présenter, pour ceux qui daignent le faire, un bilan de leur mandat dans lequel n’apparaît bien sûr que ce qui peut être présenté comme des réussites, même si souvent ils ne portent dans celles-ci aucune responsabilité. En revanche les erreurs, les échecs voire l’absence d’action ne sont mentionnés nulle part et sont de toute façon tombés dans l’oubli. Et c’est ainsi que court le monde à la catastrophe, en croyant vivre en démocratie, alors que nous avons confié à quelques-uns, sans aucun moyen sérieux de contrôle, ce que nous devrions assumer collectivement chaque jour. Cet abandon de souveraineté du peuple faussement baptisé démocratie, n’est en réalité qu’une forme de dictature rendue acceptable au plus grand nombre, par le moyen de techniques de propagande et de bourrage de crâne rebaptisées elle-aussi, des innocents vocables de « communication » et de « publicité ».

La légitimité dont se réclament, drapés dans leur écharpe de pacotille, ces élus, n’est en réalité qu’une captation du pouvoir du peuple au profit de quelques-uns, une escroquerie sociétale qui a su se parer des atours de la démocratie et surtout réussit à se faire accepter par le plus grand nombre. Cela est heureusement en train de changer, et si tous les élus ne sont pas à ranger dans les catégories des incompétents ou des affairistes, notamment les plus petits d’entre-eux, il n’en reste pas moins vrai qu’ils sont pour la plupart victimes consentantes ou non de l’ordre établi. Ils ne sont pas à l’abri, et pourquoi le seraient-ils, des manipulations de masse qui présentent le système comme le « moins mauvais » d’entre tous les autres. Il est à cet égard édifiant d’observer la solidarité catégorielle des élus, quel que soit leur niveau dans la hiérarchie républicaine, lorsque la fonction est mise en cause au travers de l’un d’entre eux. Cette solidarité repose sur la conviction jamais questionnée que critiquer cette fonction équivaudrait à mettre en cause le principe démocratique, mais vise en réalité à préserver les privilèges attachés à celle-ci. Privilèges, qui pour les petits élus sont juste symboliques, mais qui le sont de moins en moins, dès que l’on grimpe dans la hiérarchie, pour devenir de plus en plus sonnants et trébuchants, jusqu’à atteindre dans les assemblées régionales nationales et européennes des niveaux qui feraient illico, de tout homme sensé, un sans-culotte enragé prêt à monter à l’assaut de toutes les Bastilles s’il en était informé.

Le système politique et institutionnel instaure et augmente intentionnellement la distance du citoyen à la chose publique, afin de le rendre encore plus dépendant de l’illusion démocratique, incarnée par le vote quinquennal ou sexennal de désignation des représentants. Comment peut-on soutenir, que se rendre une fois tous les cinq ou six ans, cinq minutes dans un isoloir pour abandonner son pouvoir de décision soit le nec plus ultra de la démocratie. Cinq minutes c’est le tiers du temps passé chaque jour par un homme normalement constitué, dans les toilettes ! Quinze minutes par jour pour le transit intestinal, cinq minutes tous les cinq ans pour les affaires publiques ! Le suffrage universel devient de la sorte, l’outil privilégié de la dépossession des prérogatives qu’une véritable démocratie se devrait de conférer aux citoyens, notamment celles de délibérer et décider de la conduite des affaires publiques. S’il restait quelques possibilités pour des citoyens, désireux malgré tout de s’intéresser de près aux affaires publiques, localement et/ou nationalement dans leur village, leur ville, département et dans le pays, celles-ci fondent actuellement comme neige au soleil. Les pouvoirs en place s’ingénient à interposer des obstacles de plus en plus insurmontables à l’obtention des informations indispensables à une connaissance satisfaisante de l’action publique. La réforme en cours qui vise à la suppression de l’enquête publique en est une illustration, il en existe beaucoup d’autres, la loi récemment adoptée dans l’enthousiasme général par le groupe parlementaire majoritaire sur le secret des affaires par exemple etc.. Le tropisme d’une grande partie des élus pour le secret confirme, s’il en était besoin, cette dérive d’une forme douce de dictature vers une forme plus brutale. Ceci étant la conséquence directe de la difficulté accrue pour les puissants, d’obtenir le consentement du peuple à son oppression. (cf « La fabrication du consentement » Noam Chomsky et Edward Herman). Sans doute, est-il raisonnable de penser que la suite logique de la loi sur le secret des affaires s’incarnera dans une loi pour la protection du secret de l’action publique !

Cette évolution probable vers des formes de plus en plus brutales et autoritaires de notre système politique est à la fois une mauvaise et une bonne nouvelle. Mauvaise, parce que le processus en cours, d’étouffement progressif des libertés peut amener au moins pour un temps, à une paralysie et un recul de l’action collective de libération et de transformation du monde. Bonne, parce qu’elle révèle et annonce la fin inexorable d’un monde qui avait réussi le tour de force de rendre ses victimes complices de leur aliénation.

Le mouvement des Gilets Jaunes a ouvert une voie qui ne se refermera plus. Celle de l’absolue nécessité pour le peuple de ne plus abandonner la délibération et les décisions qui lui reviennent à des représentants quels qu’ils soient.

Alors, pour tenter de rafistoler la coque du bateau qui prend l’eau, on sort les vieilles lunes de la manipulation politique que sont la « démocratie participative », autrement nommée « cause toujours tu m’intéresses » et le « grand débat ». Il en est même, pas les plus finauds, qui nous proposent le vote obligatoire !!! Moment ultime et paroxystique du crétinisme ambiant.

La leçon de ce qu’ils nomment “la crise des Gilets Jaunes” que tirent déjà aujourd’hui les politiciens et qu’ils confirmeront sans nul doute demain, est toujours la même et manque singulièrement d’originalité et de pertinence. C’est disent-ils un déficit de communication et d’information, nous ne sommes pas suffisamment pédagogues. Devant tant de pusillanimité on reste sans voix. Eux qui possèdent à peu près tous les médias grands et petits de ce pays auraient été incapables de bien communiquer ? Sont-ils à ranger en plus dans la catégorie des gros nuls ? Je laisse la réponse ouverte !

Cette conclusion surréaliste signifie aussi qu’est exclue de leur esprit toute modification de leur manière d’agir. Ils disent, « on continue comme avant mais on communiquera plus et mieux ! » Ils sont incapables de penser le monde hors de leurs catégories étriquées, tant pis nous changerons le monde sans eux.

Et tout de même, que penser de ces hommes politiques, censés selon eux, représenter leurs mandants, qui nous déclarent benoîtement vouloir écouter les demandes et revendications des Français et organisent pour cela un « grand débat », ouvre des « cahiers de doléances » et font presque, pour les plus assidus, acte de contrition publique ! De deux choses l’une ou ils n’ont depuis 40 ans (c’est Macron qui le dit) pas fait le boulot pour lequel ils sont grassement payés, ou ils tentent de nous tendre un sucre d’orge pour nous endormir et recommencer de plus belle comme avant une fois la “crise” passée. Dans le premier cas, 40 ans sans faire le job, ils doivent dégager, dans le second, il est encore plus urgent de les sortir.

Le 30 janvier 2019
Gracchus

A suivre sur ce blog, une analyse du « grand débat » d’Épinal

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Appel de la première « Assemblée des assemblées» des Gilets Jaunes

APPEL DE LA PREMIÈRE « ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES » DES

GILETS JAUNES

Nous, Gilets Jaunes des ronds-points, des parkings, des places, des assemblées, des manifs, nous sommes réunis ces 26 et 27 janvier 2019 en « Assemblée des assemblées », réunissant une centaine de délégations, répondant à l’appel des Gilets Jaunes de Commercy

(https://www.youtube.com/watch?v=GB1-Sg4jt7Y&t=14s).

Depuis le 17 novembre, du plus petit village, du monde rural à la plus grande ville, nous nous sommes soulevés contre cette société profondément violente, injuste et insupportable. Nous ne nous laisserons plus faire ! Nous nous révoltons contre la vie chère, la précarité et la misère. Nous voulons, pour nos proches, nos familles et nos enfants, vivre dans la dignité. 26 milliardaires possèdent autant que la moitié de l’humanité, c’est inacceptable. Partageons la richesse et pas la misère ! Finissons-en avec les inégalités sociales ! Nous exigeons l’augmentation immédiate des salaires, des minimas sociaux, des allocations et des pensions, le droit inconditionnel au logement et à la santé, à l’éducation, des services publics gratuits et pour tous.

C’est pour tous ces droits que nous occupons quotidiennement des ronds-points, que nous organisons des actions, des manifestations et que nous débattons partout. Avec nos gilets jaunes, nous reprenons la parole, nous qui ne l’avons jamais.

Et quelle est la réponse du gouvernement ? La répression, le mépris, le dénigrement. Des morts et des milliers de blessés, l’utilisation massive d’armes par tirs tendus qui  mutilent, éborgnent, blessent et traumatisent. Plus de 1000 personnes ont été  arbitrairement condamnées et emprisonnées. Et maintenant la nouvelle loi dite « anti-casseur » vise tout simplement à nous empêcher de manifester. Nous condamnons toutes les violences contre les manifestants qu’elles viennent des forces de l’ordre ou des groupuscules violents. Rien de tout cela ne nous arrêtera ! Manifester est un droit fondamental. Fin de l’impunité pour les forces de l’ordre ! Amnistie pour toutes les victimes de la répression !

Et quelle entourloupe que ce grand débat national qui est en fait une campagne de communication du gouvernement, qui instrumentalise nos volontés de débattre et  décider ! La vraie démocratie, nous la pratiquons dans nos assemblées, sur nos ronds-points, elle n’est ni sur les plateaux télé ni dans les pseudos tables rondes organisées par Macron.

Après nous avoir insultés et traités de moins que rien, voilà maintenant qu’il nous présente comme une foule haineuse fascisante et xénophobe. Mais nous, nous sommes tout le contraire : ni raciste, ni sexiste, ni homophobe, nous sommes fiers d’être ensemble avec nos différences pour construire une société solidaire.

Nous sommes forts de la diversité de nos discussions, en ce moment même des centaines d’assemblées élaborent et proposent leurs propres revendications. Elles touchent à la démocratie réelle, à la justice sociale et fiscale, aux conditions de travail, à la justice écologique et climatique, à la fin des discriminations. Parmi les revendications et propositions stratégiques les plus débattues, nous trouvons : l’éradication de la misère  sous toutes ses formes, la transformation des institutions (RIC, constituante, fin des privilèges des élus…), la transition écologique (précarité énergétique, pollutions industrielles…), l’égalité et la prise en compte de toutes et tous quelle que soit sa nationalité (personnes en situation de handicap, égalité hommes-femmes, fin de l’abandon des quartiers populaires, du monde rural et des outres-mers…).

Nous, Gilets Jaunes, invitons chacun avec ses moyens, à sa mesure, à nous rejoindre. Nous appelons à poursuivre les actes (acte 12 contre les violences policières devant les commissariats, actes 13, 14…), à continuer les occupations des ronds-points et le blocage de l’économie, à construire une grève massive et reconductible à partir du 5 février. Nous appelons à former des comités sur les lieux de travail, d’études et partout ailleurs pour  que cette grève puisse être construite à la base par les grévistes eux-mêmes. Prenons nos affaires en main ! Ne restez pas seuls, rejoignez-nous !

Organisons-nous de façon démocratique, autonome et indépendante ! Cette assemblée  des assemblées est une étape importante qui nous permet de discuter de nos revendications et de nos moyens d’actions. Fédérons-nous pour transformer la société !

Nous proposons à l’ensemble des Gilets Jaunes de faire circuler cet appel. Si, en tant que groupe gilets jaunes, il vous convient, envoyez votre signature à Commercy  (assembleedesassemblees@gmail.com). N’hésitez pas à discuter et formuler des propositions pour les prochaines « Assemblées des assemblées », que nous préparons  d’ores et déjà.

Macron Démission ! Vive le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple.

Appel proposé par l’Assemblée des Assemblées de Commercy des 26 et 27 janvier 2019

Il sera ensuite proposé pour adoption dans chacune des assemblées locales.

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RME La Bresse, ne voudrait-on pas nous cacher quelque-chose ?

Jérôme Mathieu, Président de la Régie Municipale d’Électricité de la Bresse

Monsieur Mathieu, adjoint chargé de l’énergie, Président de la Régie Municipale d’Électricité de La Bresse, et affublé d’un nombre imposant de titres, qu’il serait trop long d’énumérer ici, a-t-il des choses à dissimuler à propos de la gestion de la Régie Municipale d’Électricité ?

Nous serions tentés de le penser, et voici pourquoi.

Il y a un peu plus d’un mois, le 11 décembre 2018 pour être précis, le Président de l’association « La Bresse environnement », Dominique Humbert pour continuer à être précis a adressé par mail une demande de communication de documents à la Régie. Cette requête est parfaitement encadrée par la loi N° 78-753 du 17 juillet 1978, intégrée depuis au Code des relations entre le public et l’administration qui définit précisément le droit de toute personne à l’information.

Quels sont les documents demandés ? Rien que de très banal puisqu’il s’agit des comptes rendus des trois dernières années du Conseil d’administration de la Régie. Ces documents, souvent réclamés, sont bien entendu communicables à toute personne qui en fait la demande. Et quoi de plus normal puisqu’il s’agit en l’espèce de la gestion d’un bien commun.

Un mois après la réception du mail, délai maximum accordé par la loi pour répondre, la Régie fit savoir à M. Humbert qu’elle refusait de lui transmettre les documents listés au motif que ceux-ci « contiennent des éléments qui ont trait à la gestion du personnel de la Régie et de ce fait sont confidentiels ». Cette réponse lapidaire ne cite évidemment aucun texte de loi qui viendrait à l’appui de cette affirmation. Sans doute Monsieur Mathieu, pense-t-il par la voix de son directeur que sa parole fait loi. Il ne manque pour conclure, que cette phrase par laquelle s’achevait les lettres patentes des Rois capétiens “car ceci est notre bon plaisir“.

La loi, si elle prévoit plusieurs restrictions à la transmission de documents, notamment en cas d’atteintes à la vie privée, ne cite jamais la gestion des ressources humaines dans ses articles.

Mais imaginons contre toute logique que, dans les comptes rendus de la Régie, on fasse état de questions relatives à la vie privée des salariées. Imaginons aussi pourquoi pas, que ce soit une sorte de tradition bien singulière à la Régie Municipale et que tous les conseils d’administration soient en partie consacrés aux affaires privées des salariés. Imaginons enfin que les comptes-rendus soient truffés de détails personnels et ressemblent plus à un journal intime qu’à un pensum gestionnaire et technique. Et bien même dans ce cas hautement improbable, la loi est claire et indique que le document doit être communiqué après occultation des mentions en cause. Article L311-7 du code cité plus haut.

La manœuvre est grossière et si Monsieur Mathieu avait raison il suffirait que dans chaque réunion, conseil d’administration, de collectivités et d’établissements publics, on traite du cas du petit dernier embauché pour préserver les comptes-rendus de la curiosité forcément malsaine de citoyens inquiets, mais néanmoins curieux de la gestion de leur commune.

Cela nous révèle de surcroît quelle conception Monsieur Mathieu se fait de la démocratie. Sa course effrénée aux postes qui se libèrent, qu’il s’agisse du Conseil économique et social régional, du Pays de Remiremont, de la Com-com, du Conseil Départemental et j’en passe, doit lui conférer un sentiment de toute puissance, et comme beaucoup de ses semblables, il se pense au-dessus des lois.

A quoi bon délivrer aux citoyens ce qui leur revient, mieux vaut organiser par toutes sortes de moyens dilatoires, l’opacité des choix, laisser penser que l’on informe, alors que l’on répand des rideaux de fumée, pour au bout du compte détourner la loi et bâillonner la démocratie. Car il n’est pas de démocratie véritable sans accès à l’information, la chose publique doit être accessible au citoyen sans restriction aucune, sinon celles, rares, prévues par la loi.

Cette attitude détestable n’est pas l’apanage de M. Mathieu, d’autres avant lui dans nos régions, ont mis en pratique les mêmes procédés, je n’en citerai qu’un, digne de partager le podium avec lui, l’actuel Maire de Ventron, M Dousteyssier, qui après avoir refusé la communication de l’étude qui avait convaincu la Communauté de communes qu’il présidait alors, d’investir à fonds perdu l’argent des contribuables dans l’affaire Fibers de triste mémoire, a été contraint de s’exécuter par la Commission d’Accès aux Documents Administratifs, saisie de ce refus. La prescription de la Commission lui permettait toutefois d’occulter les mentions relatives au secret des affaires, devinez ce que fit ce grand homme, sur les trente six pages que comptait l’étude il en masquât 98 % au feutre noir, ne laissant ici et là que quelques conjonctions de coordination et mots isolés. Quand je vous disais qu’il avait une tête de vainqueur ! Je ne doute pas que ce monsieur et ses affidés de l’époque, Jérôme Mathieu en faisait partie, avaient beaucoup de choses à cacher ! (Voir l’étude dissimulée ici et le dossier complet là).

Décidément « il y a quelque chose de pourri au royaume de France ». Nos spécimens locaux ne font pas exception, car vous l’avez compris on retrouve partout et à tous les niveaux de la classe politique ce tropisme pour la dissimulation. Il serait tellement plus simple de gérer la chose publique comme un quelconque caporal chef; circulez il n’y a rien à voir !

Pour en revenir à la Régie et à son Président, un recours vient d’être déposé à la CADA par Dominique Humbert. Cette procédure qui devrait être l’exception devient malheureusement la règle dans notre pays. Dans la plupart des cas l’affaire se conclut à l’avantage du demandeur, mais l’objectif n’est-il pas de gagner du temps et de parier sur le découragement et l’écœurement des citoyens qui osent demander ce qui leur est dû et faire tout simplement appliquer la loi.

Comment s’étonner devant tant de morgue et de mépris que les ronds-points de notre pays fleurissent de jaune depuis deux mois ? Le jaune est aussi une des couleurs du printemps et le peuple de France pourrait bien le fêter avant l’heure !

La Bresse le 15 janvier 2019

Gracchus

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Violence contre violence

Il me semble plus que nécessaire au vu de la situation actuelle de remettre les pendules à l’heure, ces vieilles pendules déréglées quand on écoute nos gouvernants et leurs indéfectibles alliés que sont les media. Violence contre violence ? Qui et où sont les vrais coupables ? Petit rappel à la littérature pour nous éclairer …

Le romancier américain Jack London, dans son livre Le talon de fer, paru en 1908, nous révèle ce que finalement nous savons et expérimentons depuis la nuit des temps, à savoir que la violence n’est jamais le fait du peuple mais toujours celui de ceux qui l’oppriment et veulent continuer à l’asservir.

                                                                                      Léa Pétremand

In Le monde diplomatique janvier 2019

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La Régie municipale d’électricité de La Bresse au centre d’une stratégie de détournement de l’intérêt public au profit d’intérêts privés. “Plus belle la Régie” (épisode 2)

1 - La Régie

J'évoquais à la fin de mon précédent article sur la Régie, une modification de taille dans sa gestion. Elle est intervenue début 2017. Cette modification s'est faite en catimini sans qu'aucune information ne soit communiquée au Conseil municipal, ni a fortiori à la population.
La Régie, qui jusqu'à présent vendait sa production directement aux usagers bressauds et achetait chaque jour à des fournisseurs (EDF, Electricité de Strasbourg) le différentiel entre production et consommation locale, revend désormais toute sa production à un agrégateur suisse, qui a une obligation d'achat.

La mise en œuvre de cet accord a pour contrepartie l'obligation faite à la Régie d'acheter la totalité de la consommation de ses clients à ses fournisseurs extérieurs sur la base d'une prévision annuelle au tarif négocié. En cas de dépassement de cette prévision de consommation le surplus est facturé à la Régie sur la base des prix du marché spot de l'électricité (marché au comptant). Ces tarifs étant notoirement très élevés.

Cette modification fondamentale dans la gestion, vendre toute la production et être dans l'obligation de racheter l'intégralité de l'électricité consommée par ses clients, enlève toute marge de manœuvre à la Régie. En effet, avant cette opération, elle pouvait gérer et écrêter les pics de consommation grâce à ses turbines. L'électricité, qui comme chacun sait, ne se stocke pas, doit être produite et immédiatement consommée. Les périodes de fortes consommations, particulièrement par grand froid, pouvaient avoir pour conséquence un dépassement des plafonds fixés contractuellement avec les fournisseurs, ce qui pouvait générer des pénalités importantes à payer par la Régie. C'est ainsi que la possibilité d'augmenter la production locale, d’écrêter à ces périodes permettait d'éviter ces surcoûts.
C'est d'ailleurs dans cet objectif que la turbine de la Lande a fait l'objet d'un investissement important au moment de son achat. En effet c'est un matériel de pointe capable de produire beaucoup sur des périodes limitées et destiné justement à écrêter les pics de consommation.
La nouvelle configuration enlève toute visibilité et retire tout intérêt à une gestion efficace des turbines. En effet que l'on produise ou non de l'électricité à cette période n'a plus le même intérêt que précédemment, Le kilowatt produit pour écrêter une forte demande se valorisait au prix qu'aurait dû coûter le dépassement. Le système actuel de prévision annuelle ne laisse plus aucune marge de manœuvre à la Régie désormais privée de ses moyens d'action prisonnière des aléas climatiques.

Cette situation nouvelle présente un grand avantage pour l'actuel Président du Conseil d'administration de la Régie, elle lui permet notamment de justifier que l'on réserve en hiver l'eau du barrage de la Lande à la fabrication industrielle de neige artificielle.

Jérôme Mathieu, pour ne pas le citer, l'a d'ailleurs exprimé publiquement en déclarant que l'eau de ce barrage devait être utilisée en priorité pour la fabrication de neige artificielle, en second pour l'eau potable et enfin, pour la production électrique. Je serais tenté d'ajouter, s'il en reste!!!
Même le Maire a dû à l'époque recadrer son adjoint en remettant les priorités dans le bon ordre, sans toutefois rappeler que cette retenue a d'abord été réalisée pour augmenter significativement la production d'électricité de la Régie municipale. Il est probable que le Maire se soit souvenu ou qu'on lui ait rappelé que la commune avait fini par gagner en justice contre les associations qui avaient déposé des recours à l'époque contre la construction du barrage au motif que l'objet de la retenue était la production d'électricité et que la Régie pouvait être assimilée à EDF en tant que service public. Une déclaration publique du Président du Conseil d'Administration de la Régie modifiant substantiellement la destination première de cet ouvrage aurait pu ouvrir un boulevard à de nouveaux recours en justice.
Qui a dit ; tourner sept fois sa langue dans sa bouche…. Monsieur Mathieu ?

Il n'en demeure pas moins que les déclarations du Maire ne correspondent pas à la réalité qui fait aujourd'hui du barrage de la Lande le domaine réservé de Labellemontagne pour la production industrielle de neige artificielle. L'autorisation de prélèvement a été porté à 800 000m3 par saison ! Le barrage, à son niveau maximum a une capacité de 700 000m3.

Ce nouveau fonctionnement constitue une première étape dans la disparition programmée de la Régie. Privée de tout intérêt à agir et à décider du niveau optimum de sa production, elle devient, comme un bouchon ballotté au rythme des vagues, la marionnette des éléments. Il n'est pas exclu que l'on nous explique qu'elle pourra à terme être confiée à un opérateur externe qui de par sa taille, pourra négocier de meilleurs prix d'achat de l'électricité. Et le tour est joué.

Afin de compléter ce tableau, nous nous intéresserons, dans le prochain épisode de ce feuilleton, aux performances financières de la Régie, et nous pourrons constater qu'elles sont, sous la gestion de Jérôme Mathieu, en chute libre.

Sommes-nous en train d'assister à la Régie à un scénario similaire à celui qui s'est déroulé à l'EHPAD de la Clairie, qui s'est conclu, je le rappelle, par l'obligation pour la municipalité d'éponger un déficit abyssal. Les finances de la ville et en dernier ressort les contribuables pourraient-ils le supporter… (la suite au prochain épisode...)

2 - Labellemontagne

Intéressons-nous maintenant à un acteur central de ce dossier : la société « Labellemontagne » grand consommateur d'eau et d'électricité, toutes deux au centre de l'activité de la Régie.

Depuis la saison d'hiver 2016-2017, autorisation a été donnée par la Municipalité à « Labellemontagne » de doubler la capacité de prélèvement en eau pour fabriquer de la neige. De 500m3/heure à 1000m3/heure. La puissance des pompes a été augmentée en proportion ainsi que la consommation d'électricité. Cette eau est puisée dans le barrage de La Lande et ne produit aucune contrepartie financière pour la commune.

Dans le même temps, Labellemontagne a renégocié l'abonnement et les prix de l'électricité à la baisse avec la Régie qui l'a accepté :

Davantage d'eau gratuite pour les canons à neige = moins d'électricité produite + diminution du coût de l'électricité. Labellemontagne gagne sur tous les tableaux, et il n'est pas excessif d'affirmer que le contribuable bressaud subventionne abondamment Labellemontagne !

Dans ces conditions on ne voit pas pourquoi la commune ne reprendrait pas en régie l'exploitation de la station ?

3 - La Municipalité

3/1 Sécheresse

En période de pénurie d'eau, ce qui était encore le cas il y a 2 semaines la municipalité aurait dû anticiper la saison d'hiver. Il serait en effet inadmissible qu'en l'absence de nouvelles précipitations consistantes d'ici la période d'hiver, on continue d'alimenter les canons à neige des pistes de ski, en faisant passer les loisirs de quelques-uns devant l'intérêt général, en captant pour le profit de quelques privés une ressource commune qui doit d'abord satisfaire les besoins de tous.

C'est pourtant ce qui s'est passé ! (voir communiqué des associations ici)

On le voit la course en avant vers toujours plus d'équipements (360 canons à neige sur le seul domaine de La Bresse-Hohneck) mène inexorablement vers des conflits d'usage et des détournements de plus en plus flagrants des moyens et des ressources communs au bénéfice de quelques-uns. Tout cela pour des activités aussi essentielles pour l'humanité et le genre humain - dans un contexte de réchauffement climatique et d'effondrement de la biodiversité - que la fabrication industrielle de neige artificielle !

Alors que l'utilisation des canons à neige peut se concevoir comme un complément, notamment pour permettre un enneigement suffisant des parties les plus basses du domaine skiable, ils sont aujourd'hui utilisés,  même en l'absence de chutes de neige, pour couvrir la totalité des pistes.

3/2 Résumons la situation :

  • Labellemontagne est autorisée à doubler les prélèvements en eau qui passe de 500m3/heure à 1000m3/heure.
  • Cette eau prélevée dans le barrage de La Lande lui est cédée gratuitement. L'investissement et les coûts d'entretien de l'ouvrage sont entièrement assumés par la commune
  • Ce prélèvement massif risque fortement de rendre problématiques les prélèvements d'eau potable pour les usagers, car en faisant baisser le niveau de la retenue souvent bas en hiver, il contribue à augmenter la concentration de matières organiques solubles produites par la décomposition de la tourbe présente sous la masse d'eau et à engorger les systèmes de filtration, déjà très coûteux, mis en place.
  • Ce prélèvement intervient évidemment en soustraction des possibilités de production électrique des turbines situées en aval. Turbine de La Lande et turbine de la côte 750. Ces deux installations étant les plus productives et les plus rentables de la Régie.
  • Nous sommes de surcroît en période de très forte consommation d'électricité, donc au moment où la production d'énergie renouvelable est la plus utile à la planète et à la lutte contre le réchauffement climatique ! Mais cela n'a, semble-t-il, pas la moindre réalité pour cette municipalité !
  • Nous devons encore, last but not least, ajouter à cela la négociation à la baisse de l'abonnement et des tarifs de l’électricité au bénéfice de Labellemontagne. En effet, faisant suite à l'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence la société Labellemontagne, pourtant déjà largement attributaire, on vient de le voir, de cadeaux en tout genre concédés par la municipalité, a voulu encore pousser plus loin son avantage, en exerçant une « amicale pression » sur la Régie pour qu'elle baisse ses tarifs, ce que cette dernière s'est, semble-t-il, empressée d'accepter…

3/3 Manque à gagner

Cela fait beaucoup et j'engage les personnes qui le souhaiteraient à évaluer le coût total du manque à gagner pour la Régie et la commune et par voie de conséquence, le montant du cadeau fait, à l'insu de leur plein gré, par les contribuables bressaud aux actionnaires privés de Labellemontagne. Les documents et les éléments permettant ce calcul sont disponibles à la Mairie et à la Régie. Ce sont des documents administratifs communicables à toute personne qui en fait la demande.

Ceux qui feront cette démarche seront sans nul doute étonnés du résultat, et concluront aisément avec moi qu'une reprise en régie de la Délégation de Service Public de la station par la commune, même dans une conjoncture économique et climatique en voie de dégradation lui serait bien plus profitable ainsi qu'aux contribuables, que la situation actuelle. En effet celle-ci se traduit par une mise en danger de l'approvisionnement en eau potable des habitants, un pillage du bien commun au bénéfice d’intérêts privés, une atteinte à la capacité de production électrique de la Régie municipale et une ponction significative des ressources financières de la commune.

3/4 Redevance

Je connais par avance les objections qui me seront faites, parmi celles-ci il est souvent fait référence au montant de la redevance que verse Labellemontagne chaque année à la commune, redevance calculée en partie sur le chiffre d'affaires réalisé. Les représentants de cette société font entendre régulièrement des plaintes déchirantes lorsqu'ils évoquent cette « captation » sur leurs profits.

Certains parmi leurs admirateurs extasiés s'offusquent même que la commune prélève autant, mais laissons les imbéciles regarder le doigt quand celui-ci montre la lune. Si on les écoute, la commune devrait mettre gratuitement à disposition la totalité des surfaces du domaine skiable, ou tout au plus percevoir pour cela une indemnité symbolique.

Il apparaît clairement que la stratégie mise en œuvre depuis quatre ans par les dirigeants de Labellemontagne, avec le concours de la municipalité, vise d'une part à s’exonérer de toutes les contraintes attachées à l'activité et d'autre part, à obtenir des facilités et des avantages par toutes sortes de moyens afin de récupérer le montant de cette redevance que la direction de cette société n'a jamais digérée.

On verra dans le prochain épisode quelles en sont les conséquences pour les finances communales.

3/5 Gestion privée, gestion publique.

Certains, toujours les mêmes, objecteront qu'une gestion privée est toujours plus efficace qu'une gestion publique. On se demande toujours sur quelles expériences ils s'appuient pour répandre de telles âneries.
Puisque nous évoquons le cas de Labellemontagne, je renvoie à une des stations qu'elle a gérée, celle de Pralognan la Vanoise dans les Alpes, où la municipalité a dû mettre fin à leur collaboration. Sans doute que Labellemontagne n'y avait pas obtenu tous les avantages dont elle bénéficie chez nous !!

Certains encore opposent le privé, qui investit et sait prendre des risques, au public, frileux qui ne sait pas innover. Ils oublient simplement de préciser que les risques pris par le privé sont toujours payés par le public, de même que les investissements bénéficiaires du public sont bien souvent cédés pour peu de chose au privé. Deux exemples emblématiques à l'appui de mes dires, le dernier grand crash bancaire de 2008 qui a vu l'état injecter des milliards d'€uros, et la vente à vil prix des sociétés d'autoroutes à Vinci, Eiffage et Abertis Compagnies dont les actionnaires engrangent chaque année plus d'un milliard de dividendes !!! Chaque jour apporte son lot d'illustration de ce principe, à grande ou à petite échelle, privatisation des profits, socialisation des pertes.

La réalité est souvent triviale et peut se résumer à quelques propositions simples. Il en est une que je livre à votre sagacité : la gestion privée sur le domaine public se nourrit toujours d'aides et d'avantages arrachés au bien public pour servir l'intérêt privé. Sans ces avantages prélevés sur l'intérêt collectif ces sociétés s'effondrent.
Cette proposition peut d'ailleurs être étendue à la plupart des activités industrielles et commerciales qui sans l'intervention, sous des formes variées, de la puissance publique, donc de la collectivité des citoyens, ne pourraient survivre.

Nous pourrions, en guise de conclusion temporaire, évoquer comment par le passé, suite à des saisons touristiques médiocres, les gestionnaires de stations, le dirigeant de Labellemontagne en tête, ont fait le siège du Préfet et des Collectivités, régions et départements, afin d'obtenir aides, subventions et avances de trésorerie qui pour certaines ne seront jamais remboursées.

Monsieur le Maire et Monsieur l'adjoint, il est temps d'annoncer la couleur et de faire part aux habitants de votre stratégie et de vos véritables intentions, concernant la Régie Municipale d'électricité.

Il est possible aussi, que vous n'ayez jamais eu la moindre réflexion stratégique. Je n'ai aucune peine à l'imaginer après vous avoir observé dans vos diverses actions ou plutôt inactions, au sujet de nombreux dossiers importants pour la commune, depuis que vous êtes élus. Ceux du Collége et de l'EHPAD, pour ne citer que les plus spectaculaires.

Dans cette très probable hypothèse, cela ne justifie pas toutefois que vous persistiez à multiplier les cadeaux et à céder aux injonctions et au chantage exercés par une société privée.

La Bresse le 18 décembre 2018
Gracchus

Posted in Enquête, Environnement, La Bresse, Régie Municipale d'électricité | Commentaires fermés sur La Régie municipale d’électricité de La Bresse au centre d’une stratégie de détournement de l’intérêt public au profit d’intérêts privés. “Plus belle la Régie” (épisode 2)

Le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges crée des réserves pour écologistes.

Communiqué de SOS Massif des Vosges

Comme le gouvernement colonial états-unien a créé des réserves d’Indiens après avoir détruit consciencieusement leur environnement, massacré les troupeaux de bisons et les Indiens eux-mêmes, voilà le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges qui s’inspirant de ce glorieux passé tente, à son petit niveau certes, et avec des moyens sans commune mesure, de créer des réserves pour écologistes pacifiés, dans le double but de leur offrir un hochet à agiter et de masquer derrière une prétendue sollicitude pour la préservation de la nature, ses véritables objectifs dont l’origine commune est le développement touristique à outrance.

Le Parc a donc, dans un grand déploiement de moyens, organisé le 29 novembre une « journée d’études » pompeusement intitulée « Quiétude attitude ». Les objectifs affichés au nombre de trois sont :

Communiquer sur l’existence de zones de quiétude à l’échelle du territoire du Parc.

– Présenter les bons réflexes à adopter pour préserver la tranquillité de la faune sauvage.

– Mobiliser les professionnels du tourisme et des loisirs pour assurer un relais vers le grand public.

On l’aura compris, rien d’autre que de la communication et de l’emballage marketing pour justifier toutes sortes d’activités qu’on souhaite développer, et faire prospérer dans des zones naturelles fragiles.

Y étaient invités toutes sortes de représentants aux responsabilités écrasantes issus des mouvements sportifs et de loisirs ainsi que, pour faire bonne mesure, des écologistes défenseurs de la nature. Ces derniers, sans doute échaudés par les pratiques désormais habituelles de la direction du parc, n’avaient semble-t-il, pas daigné faire le voyage en nombre jusqu’à La Bresse, lieu d’élection de cette journée qui, si l’on s’en tient au programme sur papier glacé abondamment distribué, devait constituer un moment fort d’échanges et de concertations.

Cette journée donc, après avoir été introduite comme il se doit par les discours successifs, mais néanmoins parsemés des navrantes et habituelles banalités, du Maire de la commune, du Président du Parc et de quelques-unes des importantes sommités invitées, se poursuivit par la présentation du morceau de choix, le plat de résistance, la présentation du programme « Quiétude attitude » résultat de l’étude commandée par le Parc et réalisée par un cabinet spécialisé dans la production de présentations « power point » au graphisme accrocheur et de slogans non moins agressifs, produits de la réflexion de chargés d’études, diplômés d’écoles de commerce et de marketing.

C’est ainsi qu’au titre du programme à l’originalité décoiffante « Quietude attitude » fut associée une devise en guise de sous-titre, au nom au moins aussi époustouflant : « Sauvagement responsable ».

Tout commentaire serait à ce point, superflu, et nous n’en ajouterons donc aucun !

De la même manière il est inutile d’évoquer le contenu de cette étude, car c’est simple il n’y en a pas. Sinon une compilation d’éléments connus et reconnus, recopiés et alignés sans vergogne, agrémentés de recommandations aussi élémentaires que : « Attention ! Les pratiques du camping et du bivouac sont réglementées dans certains espaces protégés ».

Nous n’évoquerons pas non plus ici le coût, inversement proportionnel au contenu, de cette si considérable étude !

La matinée se conclut par l’inauguration du site internet, moment paroxystique soutenu par l’enthousiasme collectif.

Bien entendu les ateliers qui ont suivi et conclu la journée n’étaient là que pour donner l’impression d’une large concertation des acteurs, comme aime à le clamer la direction du Parc. En réalité le « programme d’action » est depuis longtemps établi et arrêté. Il se résume en quelques mots, comment donner bonne conscience et un vernis de protecteur de la nature aux associations sportives et de loisirs qui veulent développer leur présence et leurs activités sur le massif, considérant ce dernier comme un espace de jeux artificiels où tout ou presque doit être permis. Les activités en question allant de la randonnée aux manifestations motorisées sans autres précisions !

La consultation studieuse du site internet nous apprend que les « recommandations » du programme relatives à l’organisation de manifestations, n’apportent aucune contrainte supplémentaire que celles prévues et décrites dans les textes réglementaires habituels régissant ces activités, et leur sont en tous points identiques.

Les professions de foi des « ambassadeurs », quant à elles, sont en phase avec le programme, creuses, et profondément navrantes.

Au moment où les conséquences toujours plus préoccupantes du réchauffement climatique nous imposent de revisiter radicalement notre relation à la nature, le Parc s’engouffre dans une campagne déguisée de promotion des activités de masse dans les zones naturelles.

Cette opération de communication de la direction du Parc révèle, s’il en était encore besoin, l’état de profonde déliquescence des principes qui présidaient à l’origine de la création des parcs naturels. A ces principes se substituèrent à petites touches, jusqu’à les remplacer totalement, la soumission aux lobbys, à l’air du temps et l’adoption des valeurs de la consommation et du tourisme de masse.

La question vaut donc aujourd’hui d’être posée, le Parc a-t-il encore une parcelle de légitimité à exister en tant que tel ?

Ne serait-il pas plus rationnel afin qu’il assume sa véritable vocation, qu’il fusionne avec les offices de tourisme départementaux ?

La réponse à cette question lors d’une prochaine initiative de SOS Massif des Vosges.

La Bresse le 04 décembre 2018

Dominique Humbert

Président

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Gilets Jaunes, Appel des écologistes du 22 novembre 2018

Appel des écologistes du 22 novembre 2018

Soutien total aux Gilets jaunes !

Nous écologistes, responsables associatifs ou militants, engagés dans l’action pour la défense de l’environnement, la préservation de la biodiversité et de la planète apportons notre total soutien au mouvement des gilets jaunes qui occupent depuis 5 jours les ronds-points de France.

Nous écologistes sommes allés à la rencontre de ceux qui occupent les carrefours et expriment ainsi leur désarroi devant la situation d’injustice sociale qui leur est faite.

Nous écologistes nous élevons contre le mépris de classe affiché par la classe dirigeante et les gouvernants de ce pays pour leur action.

Beaucoup ont compris qu’il était inutile de s’adresser aux politiques qui, quoi qu’ils disent ou fassent sont entièrement déconnectés du peuple.

Nous sommes tous conscients des enjeux climatiques et environnementaux et vouloir faire de l’écologie, la responsable de la détresse sociale, est une imposture utilisée par le pouvoir afin de détourner l’attention.

Nous apportons notre soutien à l’appel lancé ce jour par les gilets jaunes de la zone portuaire de Saint Nazaire https://www.facebook.com/osonscauser/videos/289558331677442/?t=3

(texte de l’appel de Saint Nazaire joint ci-dessous )

Notre initiative ne vise à aucune récupération ni tentative de prise de contrôle. On ne récupère ni ne contrôle le peuple en mouvement.

Nous voulons affirmer qu’il existe dans notre pays des écologistes dont certains sont engagés depuis longtemps et qui sont non seulement solidaires, mais partie prenante, frères d’armes du mouvement des Gilets Jaunes.

Nous saluons ce sursaut salutaire du peuple de France qui fidèle à sa tradition n’accepte plus l’injustice sociale. Car c’est bien de détresse sociale qu’il s’agit, de l’impossibilité de vivre dignement pour une partie de plus en plus grande de la population de notre pays. Ces difficultés qui s’étendent à des couches hier encore préservées n’est pas le résultat du hasard, pas plus que l’urgence environnementale n’en est responsable, c’est bien le système et ceux qui le dirigent qui voudraient nous faire croire, que lutter contre le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité c’est taxer la population et particulièrement les plus vulnérables. Cette « écologie » punitive nous n’en voulons pas, ce n’est pas la nôtre.

Oui il est urgent de réduire notre consommation d’énergie fossile, oui il est urgent de modifier radicalement nos modes de vie, de production et de consommation, mais il est tout aussi urgent d’assurer une vie digne à tous. L’un ne va pas sans l’autre.

Nous écologistes, dénonçons les fausses solutions dirigées par la finance verte :

développement de la voiture électrique, de l’éolien et du photo-voltaïque industriel, du bio gaz, prolongation de l’utilisation des pesticides, taxes sur le gaz oïl, utilisation de l’huile de palme dans les biocarburants, destruction et surexploitation des forêts…

L’écologie telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui est la continuation d’un système devenu fou qui ignore le peuple et sa capacité à décider et à assumer lui-même son avenir et celui de ses enfants.

Nous appelons les responsables et militants écologistes à soutenir cet appel et à participer aux initiatives qui seront prises, suite à l’appel des Gilets Jaunes de Saint Nazaire, sur le département des Vosges.

Premiers signataires : Antoine Chonion, Dominique Humbert, Annie Aucante, Yves Melin, responsables associatifs

Contacts : biodiversithaies88@gmail.com

Signer l’appel ici

Appel des Gilets Jaunes de la zone portuaire de Saint Nazaire

A tous et à toutes, le mouvement des Gilets Jaunes exprime le raz le bol d’un peuple qui n’en peut plus d’être taxé, humilié, exploité, méprisé par un pouvoir toujours plus distant de sa réalité, toujours plus arrogant envers les faibles, toujours plus acquis aux puissants.

Les actions de blocage économiques, routiers, de centre de grande consommation se multiplient partout en France. L’objectif est d’assécher les puissances de l’argent pour faire plier un pouvoir politique qui leur est acquis.

Ces actions ont aussi pour conséquences malheureuses de gêner les citoyens dans leurs tâches quotidiennes ; citoyens qui subissent eux aussi un système qui éliminent toujours les rapports humains et bienveillants pour leur substituer les rapports comptables, d’argent. Notre objectif est de redonner, le plus rapidement possible le pouvoir de décision au peuple, par le peuple, pour le peuple ; un pouvoir qui lui revient pleinement de droit, si nous attendons trop notre mouvement s’essoufflera et se divisera fatalement.

Pourtant l’éveil du peuple se répand. Partout, en Belgique, en Bulgarie, en Allemagne, ailleurs dans le monde les peuples se réveillent, décident eux aussi de ne plus subir. Le problème est chez eux comme chez nous.

Un rassemblement parisien a été décidé le samedi 24 novembre prochain, en direction de l’Elysée, pour aller trouver, comme il le demandait lui-même l’actuel Président Emmanuel Macron. Que ceux qui peuvent se déplacer jusqu’à Paris y aillent. C’est une tès bonne chose.

Mais le pouvoir exécutif a aussi ses relais locaux, les représentants des pouvoirs exécutifs dans les régions et villes de province, sont les préfecture et les sous préfectures. Ce sont eux qui sont tenus d’appliquer les décisions politiques prisent en haut lieu par des « élites » toujours plus déconnectées de nos réalités.

Ces lieux devraient être les lieux de l’exercice d’un pouvoir populaire où la fraternité et la bienveillance se côtoieraient, où les problèmes humains et environnementaux puissent trouver des réponses naturelles et simples, soucieuses de préserver le bien être de chacun et celui de notre patrimoine commun-et celui-ci inclut notre environnement-

Le mouvement des Gilets Jaunes du bassin nazairien, le mouvement des Gilets Jaune du bassin portuaire de Saint Nazaire ont décidé d’organiser une assemblée dans la cour de la sous préfecture de Saint Nazaire, le samedi 24 novembre à 14 heures.

Nous appelons tous les participants à observer et à faire observer le respect des rues environnantes et des bâtiments de la sous préfecture elle-même. Notre objectif n’est pas de détruire mais bien au contraire de construire, de construire un monde plus humain pour nous et les générations futures.

Nous appelons toutes les villes de France à organiser, le même jour à la même heure, samedi 24 novembre à 14 h, une assemblée dans les lieux d’exercice du pouvoir exécutif et à y observer le même caractère pacifique et respectueux des biens communs.

Nous demandons aux autorités publiques de laisser le peuple entrer dans ces locaux qui sont les siens, qu’il a financés et même construits de ses mains.

Nous n’attendrons plus que la solution vienne d’en haut. Les directions politiques financières et industrielles qui gouvernent aujourd’hui notre pays, seront toujours incapables de résoudre à notre place des problématiques sociales et environnementales que bien souvent, elles n’entendent et ne voient même pas.

La solution est en nous mêmes, en nous les travailleurs, les chômeurs les retraités de toutes origines et de toutes couleurs. Agissons tant qu’il est temps. Nous nous le devons à nous même. Nous le devons à nos anciens, Nous le devons à nos enfants. D’ici samedi 24 novembre, nous appelons les Gilets Jaunes à poursuivre les actions de blocage économique.

Le mouvement des Gilets Jaunes de la zone portuaire de Saint Nazaire.

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Les Colibris, une secte ordinaire…

Colibri

Dimanche dernier le cinéma de la Bresse projetait le film « La terre vue du coeur » et proposait à l’initiative des jardiniers de La Bresse un débat avec deux représentants du mouvement des Colibri.

Michel Hutt et Joseline Montaigu-Lancelin, le premier étant présenté comme un écrivain et la seconde comme une spécialiste de la permaculture.

Si ce film documentaire un peu longuet, dresse un diagnostic concret mais toutefois très incomplet de la dégradation des écosystèmes dans le monde, il n’aborde à aucun moment l’analyse des causes de cet effondrement qu’il persiste à qualifier de crise. L’emploi de ce terme n’étant pas dû au hasard, en effet une crise est passagère et on peut lui trouver des solutions techniques. Un effondrement, c’est une toute autre affaire, il impose si on veut en sortir sans trop de dommages une remise en cause radicale de ce qui l’a provoqué. Mais encore faut-il se donner les moyens d’identifier les causes et de les analyser. Ce que ne fait justement pas le film. C’est tout au plus un constat tantôt réaliste tantôt poétique, quelquefois nostalgique de quelques-unes des graves questions qui se posent à notre environnement.

Tout ceci ne serait pas bien grave, si derrière ce film ne pointait un cortège disparate d’idées et de recettes picorées ici et là et se présentant comme une doctrine aboutie.

Le débat annoncé qui devait suivre la projection devant permettre d’y voir plus clair, révélera la nature cachée de l’escroquerie que l’on a voulu nous fourguer.

Tout d’abord réglons le sort de ce débat, car il n’y en eut pas, ou plutôt il fut immédiatement guillotiné par le grand ordonnateur de la soirée Michel Hutt. Faisant appel à des méthodes simples et éprouvées il pratiqua l’étouffement de la contradiction et des contradicteurs. Alors qu’un intervenant mettait en question les graves défauts du film évoquées plus haut , on lui prêta des intentions qu’il n’avait pas exprimées et qui caricaturaient et dévalorisaient sa pensée, la rendant ridicule et incohérente. Pour conclure la manœuvre on fit en sorte qu’il ne puisse, malgré sa demande, reprendre la parole afin qu’il apporte les rectifications nécessaires et dénonce la méchante opération.

Ces techniques, tronquer la pensée des contradicteurs pour mieux la disqualifier, puis interdire le droit de suite en gardant la parole le + longtemps possible, avant de la donner à un comparse sur un sujet différent, sont bien connues des mouvements sectaires. Les chefs des Colibris, formés à leur maniement sont passés maîtres dans cet art.

Toute contradiction structurée.n’est pour eux pas supportable. Le risque est grand qu’elle ne dévoile l’imposture Votre parole est la bienvenue si vous racontez une histoire inessentielle, faite de gentilles anecdotes pleines de sentiments de ressentis et d’émotions. C’est d’ailleurs ainsi qu’il fut d’emblée proposé à la salle de procéder, la vision globale etant réservée aux chefs.

Si vous exprimez une pensée globale, qui plus est, critique de leur vision simpliste, on s’arrange pour ne pas vous redonnez la parole et noyer tout cela sous des interventions émotionnelles pleines de banalités et de bons sentiments, mais tellement vraies !

Sous des apparences de respect et de démocratie, leurs manœuvres ne sont que la reprise des pires procédés sectaires qui visent à rendre inopérante toute pensée critique.

Ces gens qui se présentent sur terre, comme porteurs d’un corpus d’idées, qui selon eux devrait permettre de sortir de la voie funeste sur laquelle est engagé le monde, destruction de la biodiversité, 6éme extinction massive des espèces, réchauffement climatique, ne sont pas des militants, malgré ce qu’ils voudraient nous faire accroire. Ils ne sont en réalité que de misérables bonimenteurs, tels ces marchands de lotion capillaire qui vantaient dans les westerns un produit miracle pour en faire un business si possible juteux mais dont l’effet sur la repousse des cheveux était ausi efficace qu’un cautère sur une jambe de bois.

Le mot d’ordre des Colibris, du « chacun fait sa part », est parfaitement adapté à l’idéologie libérale actuelle : comme s’il n’y avait pas de société, comme s’il suffisait de changer les comportements de consommateurs atomisés pour lutter contre le changement climatique.

D’ailleurs l’un vend des livres, l’autre des séances de coaching et des formations dont le contenu toujours indigent est judicieusement emballé dans un vernis philosophique, accumulation de banalités désespérantes largement usées et élimées par les déjà vieilles badernes du développement personnel et du New-age. La présentation de la permaculture que nous servit Madame Joseline Montaigu-Lancelin, laborieuse litanie de généralités et de lieux communs qui ne nous apprirent rien sur cette pratique estimable et la consultation de son site web, sont à cet égard édifiantes tout autant que les tarifs par icelle pratiqués.

Ces gens surfent sur la vague de désespérance qui s’est emparée du monde, pour en tirer un bénéfice personnel sonnant et trébuchant. Aucune solution, sinon celles de suivre un stage supplémentaire, un accompagnement-coaching ou une séance de « recentrage » tout cela düment facturé bien sûr. Mieux se connaître, rencontrer son moi profond sont les pierres angulaires de leur pensée. Le point commun de ces « techniques » étant la valorisation hypertrophiée du moi, autre vieille recette illusoire, expérimentée depuis toujours par les gourous de tout acabit qui en abuse pour dominer leurs disciples et les rendre dépendants.

Tout l’art de nos Colibristes étant de faire passer cela pour de la nouveauté, en l’habillant d’un discours pseudo philosophique, à fortes connotations environnementales et accessoirement, telle Madame Joseline Montaigu-Lancelin, en s’affublant de certifications pompeuses et prétentieuses délivrées par des supers gourous auto-proclamés (certifiée par l’International Coaching Federation)

En général, ainsi qu’on me l’a rapporté, les quelques réunions qu’ils organisent pour leurs affidés, toujours prêts à engloutir les paroles du chef, ressemblent à des séances de confessions collectives, dans lesquelles vous êtes priés de n’exprimer que des émotions, des ressentis qui deviendront la matière première du gourou animateur qui en extraira des sentences édifiantes et, s’il est en forme, la substantifique moelle.

Interdiction absolue de sortir de cette règle, sous peine d’un rappel à l’ordre vigoureux. La raison, la recherche des causes, les liens de cause à effet n’y ont pas leur place. Il vous est livré un package complet, un prêt à penser homologué par le père fondateur, le proclamé « grand sage » Pierre Rabhi. Le disciple n’est pas censé réfléchir, il est l’objet, le porteur d’émotions, celui qui est prié, comme chez Carrefour, de toujours positiver. Aucune dérogation à l’ordre du jour de la réunion préalablement fixé par le seul gourou n’est permise. Ce sont exactement les méthodes et les techniques employées par les mouvements sectaires. Confiner le disciple dans une logique segmentaire de laquelle il lui est impossible de s’échapper. Lui fixer des œillères qui en feront un gentil soldat totalement dépendant de la doxa du groupe. Et petite anecdote qui m’a été rapportée par un ex-disciple repenti, à chaque début de réunion, chacun est invité à prononcer un mot censé exprimé son état d’esprit du moment, l’opération étant répétée à la fin, et bien sûr les mots du début sont négatifs, ceux de la fin positifs !!! C.Q.F.D. ils appellent cela la météo !!!

Ils ne veulent surtout pas changer le monde, pas plus qu’ils ne souhaitent aider leurs contemporains. Notre accablante réalité et la souffrance bien réelle de beaucoup sont leur gagne-pain, pourquoi leur faudraient-ils tuer la poule aux œufs d’or ?

Ne soyons pas naïfs, ces gens sont des sectaires du genre commun, et sous l’image qu’ils véhiculent de défenseurs de la nature et de l’homme, ils apparaissent comme les derniers avatars des dieux de la marchandise, protecteurs d’un système à l’agonie. Ils trompent leur monde et n’ont d’autre objectif que de préserver ce qui est, pour y faire prospérer leur déplorable business.

Le 20 novembre 2018

Gracchus

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Pénurie d’eau, pas pour tout le monde!

L’industrie des canons à neige

Communiqué de presse

Les associations La Bresse environnement et SOS Massif des Vosges s’étonnent du fonctionnement ce jour des canons à neige situés sur le domaine skiable de La Bresse gérés par la société Labellemontagne.

En effet nous avons constaté que tous les canons à neige visibles au bas de la station étaient en pleine action en milieu d’après midi.

Alors que la situation hydrique du massif, de l’ensemble des cours d’eau et des retenues est plus que préoccupante, qu’un arrêté préfectoral N° 533/2018 du 19 octobre 2018 « portant limitation provisoire de certains usages de l’eau au sein de la zone de gestion Moselle amont et Meurthe… » dont fait partie la commune de La Bresse, la place en situation « alerte renforcée ».

Alors que l’eau pompée pour la fabrication de neige industrielle, à raison de 1000 m³ par heure dans le barrage de la Lande, au niveau exceptionnellement bas, est également utilisée pour l’alimentation en eau potable de zones d’habitation de la commune, ainsi que pour maintenir le niveau d’étiage minimal de la Moselotte. Cette dernière fonction étant réalisée par le turbinage de la masse d’eau nécessaire et produisant donc de l’électricité.

Bien que l’arrêté du Préfet ne prévoit pas explicitement la limitation ou l’interdiction de la fabrication de neige industrielle, sans doute suite à une sous estimation de la durée de la sécheresse.

Alors qu’une disposition de l’arrêté ouvre la possibilité au maire de La Bresse de « prendre des mesures plus restrictives si l’état de la ressource sollicitée par le réseau d’eau potable le nécessite » et compte tenu de la situation générale de la ressource en eau sur la commune, des communications successives de la mairie sur cette question allant jusqu’à nous expliquer comment nous laver les dents avec parcimonie ! il ne fait aucun doute que des mesures plus restrictives s’imposent. C’est pourquoi nous demandons au Maire de prendre séance tenante un arrêté interdisant jusqu’à nouvel ordre la fabrication de neige artificielle sur le territoire de La Bresse, ainsi que l’arrêté préfectoral le lui autorise.

La Bresse le 19 novembre 2018

Pour La Bresse environnement et SOS Massif des Vosges

Dominique Humbert

Président

 

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EHPAD La Bresse – ADMR le divorce !

Alors que la situation financière de l’EHPAD de La Bresse commence à peine à se redresser, un nouveau coup dur est annoncé. Au Conseil de la vie sociale (CVS ) du 25 juin dernier, la direction de l’établissement informait que le portage des repas à domicile par l’ADMR était susceptible d’être modifié. Celle-ci envisageant de passer en liaison froide. Le couperet est tombé, la convention a été dénoncée et la liaison chaude abandonnée au profit de la liaison froide. Malheureusement l’extinction de cette activité va causer des dommages collatéraux pour l’EHPAD mais aussi pour les bénéficiaires de ce service. L’association de défense des résidents de l’EHPAD de La Bresse et de leurs familles, très inquiète de ce changement, et devant l’absence de réaction et d’anticipation des élus, a souhaité alerter l’opinion en rédigeant un communiqué de presse.

Communiqué de presse

ADMR, repas à domicile à La Bresse : que veut-on privilégier, l’usager et le service ou la rentabilité ?

L’association de défense des résidents de l’EHPAD de La Bresse et de leurs familles s’inquiète vivement de la décision prise à l’unanimité par le conseil d’administration de l’ADMR de La Bresse, de passer à compter du 1er janvier 2019 de la liaison chaude à la liaison froide pour le portage des repas à domicile sur notre commune, et s’interroge sur les conséquences d’une telle délibération.

Hormis les problèmes occasionnés par la liaison froide pour des usagers  plus ou moins autonomes: utilisation et manipulation d’un four à micro-ondes dont la nocivité n’est plus à démontrer et rendue quasi obligatoire afin de réchauffer les plats, le mode de production est au coeur des débats. La liaison chaude proposée jusqu’à présent permettait de conserver un lien social avec les bénéficiaires, notamment ceux vivant seuls à domicile, avec une livraison 7/7j, cela en privilégiant une cuisine traditionnelle sur place à base de produits frais. La liaison froide ayant pour but d’optimiser l’organisation, il est probable que la livraison n’interviendra plus journellement. De plus, le lieu de production est séparé du lieu de consommation. La production sera désormais réalisée en cuisine industrielle où les denrées sont préparées et cuites puis réfrigérées ce qui certes permet de différer la distribution dans l’espace et le temps, mais qu’en sera-t-il de la qualité des repas et du service rendu aux usagers ?

De plus, le passage en liaison froide impacte malheureusement l’EHPAD de la Bresse au plan financier, alors même que l’établissement commence seulement à retrouver un équilibre budgétaire. Qu’en est-il en effet ? L’EHPAD par une convention avec l’ADMR confectionne depuis 1999 des repas portés à domicile et livrés par les personnels de l’ADMR sur la commune. A l’origine l’EHPAD confectionnait 432 repas par an. Cette convention a évolué au fil des ans car la demande a rapidement augmenté pour atteindre 13 200 repas sur 2017.

L’ADMR a choisi de mettre un terme définitif à cette convention pour s’adresser dorénavant au privé. Le manque à gagner pour la maison de retraite, s’élève à 60 mille euros, ce qui diminue d’autant les recettes en atténuation permettant de minimiser l’augmentation du tarif hébergement. Cette décision oblige dans la foulée à supprimer un poste de cuisinier au 1er janvier 2019 si aucune mesure de compensation n’est trouvée d’ici là ! Ajoutons que l’établissement a financé en 2013 le réaménagement de la cuisine et le matériel investi fut calibré en fonction du nombre de repas à élaborer, cela prenant en compte les repas confectionnés pour l’ADMR.

Association indépendante, l’ADMR est sans aucun doute libre de ses choix, mais elle est également une association reconnue d’utilité publique, subventionnée par la municipalité de la Bresse. C’est pourquoi nous nous étonnons que la commune, elle aussi libre de ses choix, n’ait pas davantage peser sur cette décision.

Le directeur de l’EHPAD, Patrice Français, avait pourtant annoncé publiquement lors de l’AG locale de l’ADMR le 25 mai dernier, qu’il était tout à fait prêt à s’adapter à la volumétrie requise en terme de repas. De plus, il s’engageait à maintenir le tarif actuel des repas (7,10 euros) pour l’année 2019. Mais un directeur ne peut agir seul et notre association s’interroge une fois de plus sur l’absence de réaction des élus et des membres du CCAS. Des communes voisines, Cornimont, Saulxures, ont su résister aux incitations fortes de la fédération départementale de l’ADMR, et conserver leur liaison chaude, optant ainsi pour la continuité de la qualité de service à leurs administrés. Alors pourquoi pas La Bresse ? Parce qu’enfin, l’actuel portage à domicile en liaison chaude satisfait l’ensemble des Bressauds concernés depuis près de 20 ans.

Nos élus, dans ce dossier comme dans d’autres dossiers, ont fait preuve de pusillanimité. Ni le maire, ni personne de son équipe n’osent taper du poing sur la table quand c’est nécessaire et élever le ton. Refusant de s’affronter à l’autorité, ils préfèrent à chaque difficulté , baissant la tête, s’exclamer : « on n’y peut rien…c’est comme ça..faut accepter… ». Depuis son arrivée aux affaires en 2014, voici le sempiternel refrain de nos élus…Mais n’ont-ils pas précisément été élus pour défendre les intérêts de leurs concitoyens ? Dommage encore une occasion manquée.

La Bresse le 24 octobre 2018

Annie Aucante

Présidente de l’Association de défense des résidents de l’EHPAD de la Bresse et de leurs familles

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Plus belle la Régie ! saison 1, épisode 1

Turbine de la Vertbruche (photo RME)

Nous vous proposons un feuilleton pour l’automne 2018. Le titre : « Plus belle la Régie ».

Il s’agit bien évidemment de la Régie municipale d’électricité de La Bresse (la RME), vieille et digne institution locale à laquelle sont attachés, à juste titre, les Bressauds.

Comme dans tout feuilleton, chaque épisode ou saison, si on veut faire moderne, apportera son lot de nouveautés et de rebondissements. Les héros de la série ne sont pas des inconnus, et vous les découvrirez sous un jour que vous ignoriez peut-être !

Plantons le décor.

La Régie municipale d’électricité de La Bresse que nous appellerons désormais RME fut créée en 1934. A cette date, il existe déjà à La Bresse des moyens de production électrique sous la forme de deux turbines, l’une au lac des Corbeaux, l’autre à la Vertbruche, et un réseau de distribution qui alimente la quasi totalité des habitations.

La production d’électricité de la Régie est locale et renouvelable. Elle utilise la puissance hydraulique fournie par les lacs et retenues d’eau situés sur le territoire de La Bresse.

La Régie ne produit qu’une partie des besoins de la commune, entre 20 et 25%, le solde étant acheté à des fournisseurs extérieurs, aujourd’hui EDF et Électricité de Strasbourg.

Depuis sa fondation, les municipalités successives n’ont cessé de défendre avec raison, l’indépendance de ce service public municipal de l’énergie.

Unique dans les Vosges, cette Régie municipale d’électricité est gérée par les élus locaux et a fonctionné jusqu’il y a peu dans l’intérêt de la commune et de ses administrés. Les excédents financiers dégagés par son exploitation sont utilisés en partie pour l’investissement et en partie reversés au budget communal.

Il s’agit par conséquent d’une activité industrielle et commerciale qui échappe au privé et dont l’activité bénéficie à la collectivité. On pourrait parler, comme pour un certain nombre de dispositifs de service public du même type, d’administration communiste, même si cette qualification en gêne quelques-uns, il n’en demeure pas moins qu’elle décrit pour partie la réalité et c’est d’ailleurs ce qui, nous le verrons plus tard, pousse certains à vouloir en modifier les statuts, adopter un mode de gestion fondé sur les valeurs du marché plutôt que celles de l’intérêt collectif et communautaire, pour à terme privatiser.

Le statut actuel de la Régie ne garantit pas à lui seul que les principes énoncés plus hauts soient en tous points satisfaits. La façon dont est géré ce service public communal y participe pour beaucoup. Cette question sera abordée en détails dans un prochain épisode de ce feuilleton communal, et l’on pourra constater que les actuels choix de gestion sont loin d’être innocents !

Le déroulement de notre feuilleton n’empruntera pas les chemins naturels du temps,  la chronologie ne sera pas respectée. Cela n’affectera en rien la compréhension du lecteur avisé ni l’intérêt qu’il pourra en retirer.

Puisque nous avons décidé de ne rien respecter, commençons tout de suite par la fin.

Comme chaque année, le Conseil Municipal examine les comptes de la commune et ses annexes.

Les comptes de la RME font partie des annexes et sont donc présentés et commentés par le Maire ou l’adjoint président de la RME.

La présentation des comptes 2017 de la RME au Conseil municipal du 26 mars 2018 s’ouvre sur le constat suivant : « La RME enregistre un résultat d’un montant de 503 022.25 € (,) inférieur à celui de l’année 2016. » C’est moi qui rajoute la virgule, sans laquelle on aurait pu penser que le résultat 2017 était inférieur de 503 022,25€ à celui de 2016 ! Ce qui n’est heureusement pas le cas, le résultat 2017, bien que positif, est seulement mais cependant inférieur à celui de l’année précédente.

Nous n’ignorons pas que la production, la distribution et la vente d’électricité sont des activités industrielles soumises à toutes sortes d’aléas qui peuvent influer dans un sens ou dans l’autre, sur le résultat annuel.

Mais il est normal, dans cette situation, que les élus apportent des explications et développent les raisons de cette baisse du résultat annuel. C’est donc ce qu’ils ont fait.

Attachez vos ceintures, car c’est là que l’énigme se noue, alors que dans le même temps se lève une partie du voile sur la personnalité des protagonistes !

Au Conseil municipal du 26 mars 2018, on nous explique que cette baisse du résultat est due à deux causes, tout d’abord : «à une pluviométrie 2017 pas très satisfaisante », puis «aux taxes spécifiques à l’industrie électrique, notamment la CSPE, qui fluctuent d’une année à l’autre et ont été supérieures à celles de 2016 », et ils ajoutent pour faire bonne mesure ou peut-être anticiper 2018

« et devraient encore augmenter en 2018 ».

De plus on entendra et on lira par la suite le Maire et son adjoint en charge de la RME mettre en cause les impayés !

Et voilà notre affaire réglée, braves gens. Puisqu’ils le disent et l’écrivent, cela doit être vrai. La pluie, sa raréfaction en l’occurrence, les taxes et leurs augmentations bien sûr, voilà deux bonnes raisons de rentrer chez soi l’esprit tranquille, de s’installer dans son canapé, boire une bière et passer à autre chose devant « Plus belle la vie » et autre ânerie télévisuelle, propre à rendre béat le premier clampin venu.

Sauf que, une petite recherche pas très pointue sur Internet et voilà qu’en quelques minutes nous pouvons retrouver la quantité de pluie tombée à La Bresse, la pluviométrie donc !

La comparaison de 2017 avec 2016 est effectivement à l’avantage de 2016 qui fut, rappelons-le, une année qualifiée de pluvieuse par les météorologues ; en revanche en 2015 et 2014, années qui furent loin d’être défavorables pour les comptes de la RME, la pluviométrie fut dans les deux cas inférieure à celle de 2017 ! Voilà les chiffres : en 2017 / 864 mm, en 2016 / 1010 mm, en 2015 / 708 mm, en 2014 / 782 mm.

Vous remarquerez toutefois que l’expression employée, « une pluviométrie 2017 pas très satisfaisante », laisse entrevoir un manque d’assurance dans l’argumentaire, voire l’expression d’un doute sur la pertinence de celui-ci…

Bon d’accord, la pluviométrie ne serait pas seule en cause, et c’est vrai que celle-ci est avancée timidement, du bout des lèvres, presque comme une excuse de n’avoir pas trouvé mieux. En revanche l’augmentation de la CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité), ça c’est du solide, de l’argent sonnant et trébuchant, ça parle directement au porte monnaie et de plus chacun connaît l’aversion des Français, les Bressauds n’y échappant pas, pour les taxes. Prononcer le mot et les bonnets rouges (fabriqués en Chine) ressortent en Bretagne, la Vendée se soulève et les comptoirs de bar se transforment en tribunes révolutionnaires !

Et le mot fut lâché, les taxes augmentaient encore…

Sauf que, qui paye les taxes et notamment la CSPE ? Serait-ce la RME ? Bien sûr que non ! C’est l’usager, chacun peut le constater sur sa facture, la RME se contentant de collecter la taxe pour la reverser au fond chargé de sa redistribution. Et à qui est reversée une partie de cette taxe ? Aux producteurs d’électricité, donc à la RME pardi, qui au lieu d’être affectée par son augmentation, fait au contraire partie des bénéficiaires de la CSPE perçue sur la part d’électricité produite par ses turbines !!!

Et nous voilà revenus à la case départ, nos bons messieurs ont bien tenté de nous fournir des explications, mais vous conviendrez avec moi qu’elles ne résistent pas à l’analyse, pour qui veut bien se donner la peine de l’exercer.

Depuis ce Conseil municipal, on a vu pointer ici et là, reprise tantôt par le Maire, tantôt par un élu, une troisième tentative d’explication. On en trouve la trace, à propos d’un sujet connexe, sous la plume du rédacteur de la tribune de la majorité dans le bulletin municipal de juillet 2018. Les impayés seraient responsables ! Et voilà notre homme, tout à sa laborieuse démonstration nous expliquer que depuis 2011 le cumul des impayés s’élève à 250 000€. Ce qui représente 36 000€ par an. C’est peu au regard du chiffre d’affaire de la RME, et c’est de plus sans doute1 inexact, car Messieurs les élus additionnent les chiffres bruts des impayés constatés en fin d’exercice, sans tenir compte des recouvrements intervenus dans l’intervalle.

Alors pourquoi cette baisse du résultat et surtout pourquoi ces explications fallacieuses et emberlificotées ? Nos héros tentent-t-ils de nous cacher quelque chose ?

Ah oui, je ne vous les ai pas encore présentés, mais vous les avez reconnus bien sûr. Il s’agit du Maire Hubert Arnould et de son adjoint Jérôme Mathieu.

Le Maire, parce qu’en temps que Maire il est l’autorité responsable des écrits et des actes de la municipalité, l’adjoint parce qu’il est le Président de la RME et qu’il décide et valide les orientations de celle-ci.

Les personnages principaux étant connus, il faudra aussi évoquer les autres, sans lesquels la série ne serait pas complète. On les trouve autour de la table, celle du Conseil Municipal. Adjoints et conseillers de la majorité et de l’opposition. Leur rôle n’est pas anecdotique, puisqu’ils doivent contrôler, questionner, discuter et valider ou pas, les décisions proposées à leur discernement.

Nous verrons dans les épisodes suivants ce qu’il en est de ce discernement, en même temps qu’apparaîtront de nouveaux personnages.

Revenons un instant sur les explications extravagantes et on l’a vu, totalement incongrues, soutenues par nos deux protagonistes. Elles font inévitablement pensé à cette expression : « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ».

Première leçon à tirer de cela, il est aisé pour des élus de justifier leurs actions et la gestion des deniers publics, puisque les explications les plus grotesques passent comme une lettre à la poste. Cela est d’autant plus aisé que personne, pas plus les adjoints que les élus de base, conseillers municipaux de la majorité ou de l’opposition,, dont c’est la mission et les citoyens dont ce devrait être le devoir, sauf quelques exceptions, ne prennent la peine de vérifier ni d’exercer un esprit un tant soi peu critique sur les justifications données. Serait-ce par peur d’ouvrir la boite de Pandore ? Faudrait-il, à La Bresse, afficher en permanence un semblant de consensus ? Craindrait-on de se singulariser par des critiques trop marquées ? Y-aurait-il un climat général de soumission sur fond de pusillanimité ? Je n’ai pas la réponse, mais ce que je sais c’est que lorsque les problèmes apparaissent, c’est toujours trop tard et les remèdes sont alors très douloureux. (voir le dossier de l’EHPAD et ses conséquences qui sont loin d’être épuisées)

Cette municipalité rentre dans sa quatrième année de mandat et son bilan n’est rien moins que désastreux. Nous aurons l’occasion d’en dresser le tableau prochainement. Quelques élus, pouvant être comptés sur les doigts d’une seule main, sont à la manœuvre, et, sans l’ombre d’un projet, dépourvus de toute réflexion sur l’avenir de la commune, prennent seuls les décisions, la plupart du temps imposées par le cours des choses ou suggérées par leurs amis politiques ou privés. Le reste de l’équipe majoritaire, conseillers et adjoints, pointant aux abonnés absents, ou quand ils leur arrivent de se manifester, s’illustrant par leur inanité, qualité libéralement partagée dans cette équipe.

On constate même depuis peu que des représentants de commerce réussissent à leur fourguer quelques produits inutiles mais onéreux pour le contribuable. L’absence totale d’idées et de réflexions, la nature ayant horreur du vide, laisse la porte ouverte au premier bonimenteur venu ayant flairé la bonne affaire. C’est ainsi que l’on entends parler de l’installation de caméras de vidéo surveillance, système extrêmement coûteux tout autant qu’inutile et de la mise en place d’un dispositif de délation communautaire appelé « voisins vigilants ». Nous reparlerons de ces délires sécuritaires de nos édiles le moment venu.

Revenons à la RME. Nous examinerons les choix opérés par le Conseil d’administration de la RME sous la direction de Jérôme Mathieu son président. Plusieurs de ces choix, au sujet desquels on s’épuise à trouver trace dans l’abondante et souvent superficielle communication municipale, ont déjà des conséquences délétères sur les comptes de la Régie et cela ne pourra que s’aggraver dans la période qui vient. Certains de ces choix touchent à la structure du fonctionnement de la Régie et affectent d’ores et déjà son autonomie de gestion. D’autres présentent un caractère outrageusement avantageux pour quelques clients etc… Nous mettrons à jour, dans les épisodes suivants, sur la base de documents techniques et financiers, les orientations à l’œuvre dans la gestion de la régie, et nous constaterons que nous nous dirigeons à terme vers une privatisation de celle-ci et par voie de conséquence, vers un naufrage des principes de services public, intérêt collectif, gestion économe et transparente toute entière au service du citoyen, égalité d’accès et continuité du service, au profit de grands groupes et de leurs actionnaires qui n’ont qu’une seule religion et un seul dieu, toujours plus de profit.

Ce processus est déjà bien engagé, et si les Bressauds veulent conserver leur régie municipale d’électricité et les avantages qu’elle leur procure, les temps sont aujourd’hui venus de l’exprimer avec force.

Le 20/09/2018

Gracchus

1 J’utilise cette expression car n’ayant pas accès au détail du grand journal de la comptabilité de la Régie tenu par la perception de Cornimont, je ne puis être affirmatif. Cependant l’analyses des comptes administratifs et notamment de la ligne “admission en non valeur” laisse penser que la réalité des impayés est au moins 4 fois inférieure au chiffre annoncé.

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La Bresse l’honneur perdu du CCAS (suite), pantalonnades et bouffonneries

Extrait du compte-rendu du Conseil d'administration du CCAS de La Bresse du 22 mars 2018

Présents :

Membres titulaires : Madame DEMANGE Genevieve, Vice-présidente ; Mesdames et Messieurs, CROUVEZIER Maryvone, MARCHAL Raymond, MOREL Fabienne, VINCENT-VIRY Claudine, MENGIN Liliane, DUCHATELLE Chantal, GEHIN Bruno, DELACOTE Stephane, MORSINK Michele, PERRIN-TOININ Annie, STOECKLIN Monique, MOUGEL Eliane.

Membres consultatifs : M. FRANCAIS Patrice, Mme AME Nicole, Mme LEROY Regine, Mme CLAUDEL Marie-Francoise, M. CUNY Etienne, Mme CLAUDEL Odette, Mme PERRIN Pascaline.

Excusés :

Membres titulaires : M. ARNOULD Hubert (procuration donnée a Mme Maryvone CROUVEZIER), Mme Alexandrine DUCRET (procuration donnée a Mme DEMANGE Geneviève)

Membres consultatifs : Mme POIROT Catherine, Mme BOCA Edith.

[….]

"Recours de Madame Aucante auprès du Tribunal Interrégional de la tarification sanitaire et sociale de Nancy

Quatre familles ont fait une demande de remboursement a l’EHPAD. Le CCAS a pris l’attache du Cabinet d’avocats Gartner qui a confirmé que, bien que le jugement du Tribunal Interrégional de la tarification sanitaire et sociale s’adressait au Conseil Départemental, qui a depuis procédé à la rectification de la tarification 2015, la charge du remboursement incombait bien à l’EHPAD qui a encaissé les sommes de manière indue, compte tenu de la réformation du tarif de 2015. Toutefois le cabinet Gartner considère également, qu’à ce jour aucune décision juridique n’oblige ni ne condamne l’EHPAD à procéder à ce remboursement.

En conséquence, compte tenu des difficultés financières rencontrées par l’EHPAD, les administrateurs à l’unanimité font connaître leur souhait de ne pas procéder au remboursement des trop perçus aux familles sachant que cette charge financière pour l’EHPAD aurait un impact conséquent sur le tarif journalier à venir (soit +1.56€).

Pour Monsieur Français, ce que l’EHPAD devrait rembourser aux résidents pour l’année 2015, ferait l’objet d’une hausse des tarifs pour les années 2018 et / ou 2019. La seule différence tiendrait dans l’assiette des bénéficiaires. En effet, le remboursement concernerait uniquement les résidents de 2015 tandis que la hausse concernerait l’ensemble des résidents actuels, faisant des nouveaux résidents de l’EHPAD les principaux perdants de l’opération.

Il précise également que le Conseil de Vie Sociale a adressé un courrier au Conseil Départemental afin de solliciter ce dernier pour le remboursement des familles.

Madame Claudine Vincent-Viry demande que le CCAS s’associe a ce courrier."

Il n'était pas utile de consulter un avocat pour enfoncer des portes ouvertes et apprendre « que le jugement du Tribunal Interrégional de la tarification sanitaire et sociale s’adressait au Conseil Départemental, qui a depuis procédé à la rectification de la tarification 2015, et que la charge du remboursement incombait bien à l’EHPAD qui a encaissé les sommes de manière indue, compte tenu de la réformation du tarif de 2015. »

C'est ce que nous disons depuis le début, et n'importe quelle personne sachant lire pouvait le comprendre et le vérifier aisément.

Et pour faire bonne mesure l'avocat ajoute : « à ce jour aucune décision juridique n’oblige ni ne condamne l’EHPAD à procéder à ce remboursement. » Nous touchons là au sommet de la pantalonnade, on pourrait en effet appliquer cette phrase à n'importe quelle transaction commerciale ou décision d'une collectivité publique.

Mais plus fort encore, notre bon avocat reconnaît que l'EHPAD « a encaissé les sommes de manière indue » mais ne se gêne pas pour suggérer de ne pas procéder au remboursement. Depuis quand les avocats encouragent-ils leurs clients à ne pas appliquer les conséquences d'un arrêté ?

Monsieur le Maire, devant tant d'inconséquence, deux hypothèses me viennent à l'esprit, ou bien le Cabinet Gartner est incompétent et il est urgent de le renvoyer à ses études de droit, ou bien ce Cabinet tente d'aiguiller les ayants droits vers une mise en cause du CCAS devant les tribunaux, et il encore plus urgent dans ces conditions de le renvoyer tout court.

Nous demandons officiellement quel a été le prix payé par le CCAS ou la Municipalité pour ce « conseil » avisé.

Puis le CCAS s'inquiète de "l'impact conséquent sur le tarif journalier a venir (soit +1.56€)" qu'aurait le remboursement des trop perçus aux familles. C'est bien la première fois depuis 4 ans que le CCAS s'inquiète de l'augmentation des tarifs, lui qui est responsable d'une augmentation  de 21% sur ces mêmes quatre années !!! Puis on fait parler le directeur de la structure pour nous expliquer que les « nouveaux résidents seraient les principaux perdants de l'opération » Voudrait-on nous faire rejouer les Montaigu contre les Capulet ? Tout cela manque d'élégance!

Non Monsieur le Directeur, les perdants, ce sont tous les résidents, anciens, actuels et à venir qui ont déjà payé, payent et continueront de payer, si personne ne bouge, les inexcusables et répétitives erreurs de gestion de l'ancienne direction et de l'actuelle municipalité, dont plus personne à part peut-être le Maire et quelques affidés, ne contestent l'impéritie.

Le dernier paragraphe de cet extrait de compte-rendu vient couronner cette pantalonnade honteuse. Alors qu'il est de la responsabilité du CCAS de rembourser sans attendre, les trop perçus, et d'exiger par tous moyens à sa disposition la compensation par le Conseil Départemental des sommes engagées, une timide proposition d'associer le CCAS à un courrier, déjà envoyé, du Conseil de Vie Sociale au Conseil Départemental afin de solliciter ce dernier pour le remboursement des familles, tombe dans les oubliettes et n'est même pas soumise au vote.

J'aimerais enfin que l'on m'explique, Madame la conseillère municipale, comment, après avoir décidé de ne pas rembourser, on puisse penser avoir la moindre autorité face au Département pour le convaincre de payer ?

Le 15 juin 2018

Gracchus

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La Bresse, l’honneur perdu du CCAS !

Il y a des gens qui observent les règles de l’honneur, comme on observe les étoiles, de très loin.” 

Victor Hugo

Le Conseil d’Administration du Centre Communal d’Action Sociale de La Bresse qui s’était illustré par sa très grande couardise lorsqu’il avait fallu, en 2014, résister (verbe apparemment absent du lexique de ses membres) aux injonctions scandaleuses et illégales du Conseil Départemental, qui lui avait forcé, sans trop de mal, la main pour qu’il accepte une augmentation exorbitante de la redevance mensuelle payée par les résidents de l’EHPAD, fait preuve aujourd’hui d’un courage encore plus grand en décidant par un vote unanime! de ne pas procéder au remboursement des sommes trop perçues sur le dos des résidents. Rappelons que ce remboursement est de droit, car après sa condamnation par le tribunal, le Conseil Départemental a dû annuler sa délibération et en prendre une nouvelle fixant des tarifs inférieurs, ce qui a été fait. Quel courage Mesdames et Messieurs les membres du conseil d’administration du CCAS, il est en effet tellement plus aisé de s’en prendre aux résidents déjà largement ponctionnés par les augmentations incessantes que vous leur avez infligées depuis 2015, + 21% en 4 ans, que de se retourner vers le Conseil Départemental responsable avec vous de cette injustice faite à nos aînés, pour le mettre face à sa responsabilité.

Et pourtant vous avez l’obligation de vous conformer au nouvel arrêté en remboursant le trop perçu aux résidents ou à leurs ayant droit. Vous devez aussi agir par tous moyens pour que le Conseil Départemental prenne à sa charge le montant global des remboursements et verse cette somme à L’EHPAD. C’est pour vous une double obligation, MORALE d’abord, puis légale.

Sans doute avez-vous été (mal) conseillé et fait le pari que la difficulté juridique apparente de cette affaire – c’est le Conseil Départemental qui a été condamné, et c’est l’EHPAD qui doit rembourser – découragera les résidents et leurs familles de toute velléité pour obtenir réparation.

Si vous avez réellement fait ce calcul ignominieux, ce dont je ne doute plus, ceci ne vous grandit pas, mais êtes-vous encore en mesure de répondre positivement à cette question : savez-vous ce qu’est le sens de l’honneur ?

Évitez cependant de vous frotter les mains trop tôt, votre malfaisance et l’indignité dans laquelle vous sombrez vous resteront collées aux basques et ne manqueront pas un jour ou l’autre de se rappeler à vous !

Vous avez tout oublié ou peut-être n’avez-vous jamais appris que la mission d’un CCAS est, comme son nom l’indique, d’abord sociale, elle n’est pas de se réfugier dans la médiocrité comptable qui vous tient lieu de viatique et encore moins de bafouer sans vergogne une décision de justice, prise, une fois n’est pas coutume, au bénéfice des plus faibles.

Le Conseil Départemental, à qui vous obéissez, et devant lequel vous courbez si prestement l’échine vous accompagne dans cette lâcheté sans nom. Il démontre, une fois de plus, la totale vacuité de son discours sur la solidarité.

Je pourrais, en paraphrasant Churchill, écrire vous concernant : Vous avez voulu vous soustraire à la justice au prix du déshonneur, vous aurez le déshonneur et nous ferons appliquer la justice.

Mesdasmes, Messieurs, je suis en colère et je ne vous salue point !

Le 29 mai 2018

Gracchus

P.S. le Maire, président du CCAS, a été destinataire de courriers de plusieurs familles lui demandant le remboursement des sommes dues. les premiers datent du mois de janvier 2018. Je joins ici les échanges édifiants entre Madame Aucante présidente de l’association de défense de l’EHPAD et le Maire.

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