Le marché de La Bresse est-il en train de devenir un marché aux chiens ?

Quand les laisses se mêlent aux paniers, la promenade dominicale finit par ressembler à un parcours d’obstacles

Le dimanche matin, le marché de La Bresse devrait être un lieu de rencontre, de flânerie et d’échange. On y vient pour acheter quelques produits, retrouver des connaissances, discuter avec les commerçants et circuler tranquillement d’un étal à l’autre.

Mais, au fil des années, cette promenade dominicale devient de plus en plus difficile. La fréquentation augmente, les allées se resserrent et les bouchons se forment rapidement. Aux cabas, poussettes et groupes de visiteurs s’ajoutent désormais de nombreux chiens, parfois deux ou trois par propriétaire, tenus au bout de laisses qui se croisent au milieu de la foule.

Certains animaux, manifestement peu à l’aise dans cette agitation, aboient, tirent sur leur laisse ou réagissent au passage d’un congénère. Les maîtres tentent alors de les retenir, les passants les contournent et chacun improvise un petit slalom entre les étals.

Le problème n’est pas le chien

Il ne s’agit pas ici de déclarer la guerre aux chiens, pas davantage que de mettre en accusation tous leurs propriétaires.

La question est beaucoup plus simple : un marché alimentaire très fréquenté est-il vraiment un lieu adapté à leur présence ?

Les chiens eux-mêmes ne gagnent rien à être conduits au milieu d’une foule compacte, dans un espace étroit, bruyant et saturé d’odeurs. Quant aux museaux qui arrivent parfois à hauteur des marchandises, ils soulèvent une question d’hygiène que l’on ne peut écarter d’un haussement d’épaules.

Un chien n’est ni un accessoire de promenade ni un objet que l’on devrait nécessairement emmener partout. Aimer son animal, c’est peut-être aussi savoir lui épargner certains lieux qui ne sont faits ni pour lui ni pour la tranquillité des autres.

Le droit de fréquenter paisiblement son marché

Les habitants de La Bresse subissent déjà, pendant les vacances, les fins de semaine et les jours fériés, une forte occupation de leurs routes, de leurs espaces naturels et de leurs lieux de vie.

Le marché dominical est précisément l’un des endroits où les habitants devraient pouvoir continuer à se rendre sans avoir à renoncer devant la foule, les laisses tendues et les passages encombrés.

Il ne s’agit pas d’opposer caricaturalement les habitants aux visiteurs. Mais le tourisme ne confère pas un droit illimité à transporter partout avec soi l’intégralité de son mode de vie. Une commune n’est pas seulement un décor de vacances ni un parc de loisirs ouvert à tous les usages. C’est d’abord un lieu habité.

La liberté des uns ne devrait pas conduire les autres à abandonner leur marché, leurs chemins ou leurs espaces publics.

Une interdiction serait-elle possible ?

Cette demande n’a rien d’extravagant.

Le maire dispose de pouvoirs de police destinés à assurer le bon ordre, la sécurité et la salubrité publiques. Une réglementation locale peut donc être envisagée lorsqu’elle est motivée par les caractéristiques du lieu et demeure proportionnée à la gêne constatée.

La présence des chiens sur les marchés n’est d’ailleurs pas considérée partout comme allant de soi. À Paris, le règlement des marchés alimentaires interdit l’accès aux animaux familiers, notamment aux chiens, à l’exception des chiens guides.

La municipalité de La Bresse pourrait donc étudier plusieurs possibilités :

  • interdire les chiens dans le périmètre du marché, au moins pendant les périodes de forte fréquentation ;
  • prévoir naturellement une exception pour les chiens guides et les chiens d’assistance ;
  • installer une signalisation claire aux différentes entrées ;
  • commencer, si elle le juge préférable, par une expérimentation pendant la saison touristique.

Une question simple à la nouvelle municipalité

La présence croissante de chiens au marché dominical est-elle compatible avec la sécurité des déplacements, l’hygiène des étals et le confort de l’ensemble des usagers ?

La municipalité entend-elle observer la situation et envisager une réglementation ?

Il ne s’agit pas de chasser les chiens de La Bresse. Il s’agit seulement de reconnaître qu’un marché alimentaire encombré n’est peut-être pas leur lieu naturel de promenade.

Nos amis les chiens peuvent très bien patienter une heure loin des étals. Les clients, eux, aimeraient simplement retrouver le plaisir d’aller au marché sans avoir à franchir une course de haies faite de laisses, de harnais et de pattes enchevêtrées.

Annie Aucante
Usagère du marché dominical de La Bresse

Post Scriptum :

Au moins une vingtaine de communes françaises ont adopté des règlements interdisant les chiens, même tenus en laisse, sur tout ou partie de leurs marchés. C’est notamment le cas de Paris, Divonne-les-Bains, Cancale, La Trinité-sur-Mer, Montivilliers, Gannat, Saint-Vallier, Ars-en-Ré, Les Clayes-sous-Bois et Saint-Maur-des-Fossés. D’autres communes appliquent une interdiction limitée aux halles couvertes ou aux périodes de forte fréquentation estivale.

This entry was posted in Billet, Brèves, La Bresse. Bookmark the permalink.

Comments are closed.