EHPAD La Bresse, plus c’est gros, …

Contre vérité, dérapage verbal, outrance, manipulations

Monsieur le Maire dans la réponse (voir ici) qu’il publie à la lettre ouverte de Madame Aucante (voir là) commence par les chiffres et pour respecter la tradition tente de les manipuler par une présentation inexacte de ceux-ci et une tentative d’enfumage. Mais à trop vouloir en faire on finit par se prendre les pieds dans le tapis et s’allonger de tout son long. C’est ce qui lui arrive, nous le verrons un peu plus loin.

Mais réglons tout d’abord un point de détail que le Maire, par la plume d’un de ses conseillers au style inimitable, tente d’exploiter pour décrédibiliser à bon compte Madame Aucante. L’expression « abonder le déficit » qu’elle emploie peut être effectivement interprétée de travers mais le contexte du courrier ne laisse aucun doute sur le sens qu’il faut lui donner et votre acharnement sur cette maladresse langagière serait plutôt risible si le sujet n’avait pas cette gravité. En effet dans la phrase qui suit elle écrit : « or elle [la provision] a été utilisée pour combler un déficit dont les résidents ne sont en rien responsables » Je crois que c’est clair, et ou vous ne savez pas lire, ou votre rage contre vos opposants est telle que vous tentez par tous les moyens, particulièrement les plus étriqués de masquer votre responsabilité dans la catastrophe qui vient.

Il serait trop cruel, et c’est pourquoi je ne le ferai pas, de vous rappeler la quantité impressionnante de contre sens, d’approximations de langage, de termes impropres ou carrément déformés prononcés dans vos discours pourtant si brefs ! C’est pourquoi je m’étonne, Monsieur le Maire que vous vous risquiez à donner des leçons de français !

Passons maintenant à l’essentiel.

Le Maire et ses amis inventent deux légendes qu’ils aimeraient faire passer pour la vérité.

Première légende : Les déficits annuels ne s’ajoutent pas, (il vont bientôt nous expliquer qu’ils se retranchent !).

Eh bien nous allons vous prendre au mot. Vous écrivez « [les déficits] sont repris dans les résultats des exercices suivants » le déficit total s’établit par conséquent à celui du dernier compte connu, celui de 20161, soit selon le Maire, -100 109,20 €.

Ce chiffre est issu du compte administratif 2016, or une analyse de gestion se fait en analysant le compte de gestion et pas le compte administratif. Le Maire une fois de plus tente de brouiller les pistes avec des grosses ficelles. Mais reprenons malgré tout ses chiffres, et si comme il le dit le déficit s’établit à -100 109,20 €, alors :

1) Pourquoi la municipalité a-t-elle voté, contrainte et forcée en allant de plus à l’encontre de toutes ses déclarations antérieures, une subvention de 300 000€ pour l’EHPAD en 2017 ? Ceci pour combler un déficit de 100 109 € !

Quelle générosité, 200 000 € de plus que le prétendu déficit ! Et surtout quelle inconséquence, alors que le Maire clame partout vouloir préserver les intérêts des contribuables bressauds qui n’ont pas selon lui vocation à financer l’EHPAD. Il écrit « cela revient à faire supporter à l’ensemble des contribuables bressauds une aide qui, elle, ne bénéficie pas qu’à des Bressauds. » Y aurait-il des métèques imméritants qui plus est aux origines douteuses à l’EHPAD ? Mais alors Monsieur le Maire il faut interdire l’entrée de la piscine à tous ceux qui ne justifieront pas de la présence de 7 générations d’ancêtres bressauds au cimetière de La Bresse. Il en va de même pour toutes les activités sportives et culturelles subventionnées. Peut-être envisagez-vous d’éditer une carte de « bressaud de souche » dûment « stampfellisée » par vos soins ?

Il y a une vingtaine de résidents bressauds à l’EHPAD de Cornimont, j’espère que la Mairie de cette ville ne partage pas votre raisonnement !!!

2) Pourquoi est-il prévu de reprendre dans les comptes 2017 une part du déficit de 2015 pour un montant de 115 550 €, puis 96 200 € en 2018 et encore 96 200 € en 2019 ; ces sommes constitutives du déficit dont la responsabilité vous incombe par négligence, devront, si vous persistez dans votre refus d’ajouter à la subvention déjà versée, être payées intégralement par des augmentations de redevance à la charge des résidents.

Pas besoin de sortir de Polytechnique pour comprendre que votre légende ressemble à un tonneau percé.

Le total de ces sommes donne le vertige et l’on comprend que tous les moyens vous soient bons pour tenter de vous exonérer de vos écrasantes responsabilités.

Deuxième légende : l’ancienne municipalité est responsable du déficit !!

C’est une méthode bien connue et là encore qui manque singulièrement d’imagination.

Alors que les travaux pour plus d’un million d’euros dans l’ancien bâtiment furent réalisés après que la Municipalité actuelle a modifié substantiellement le plan et le calendrier initialement prévu, mais sans qu’aucune subvention ne soit pour autant sollicitée, donc totalement financés par un emprunt, Monsieur le Maire et ses amis n’hésitent pas à mettre l’augmentation des charges financières sur le compte de leurs prédécesseurs. La tartufferie atteint ici des sommets.

Il ne s’agit pas ici d’exonérer l’ancienne équipe de toute responsabilité dans les difficultés de l’EHPAD, les élus actuels de l’opposition qui en sont issus devraient normalement se charger de fournir les réponses. Ils le font assez timidement et sans grande conviction s’agissant d’une accusation récurrente du maire qui vise à leur faire porter le chapeau, la toque, le béret et toute la chapellerie… !

A la suite d’un laborieux procès que vous instruisez – toujours par la plume de votre conseiller au style et à la hargne tellement reconnaissable – à l’encontre de Madame Aucante, vous l’accusez entre autre de faire preuve « d’obstination idéologique », puis vous parlez « d’affirmations péremptoires », de  « doctrine personnelle », « d’accusations gratuites » et pour couronner le tout de « diffamation ». Vous concluez votre réquisitoire en apothéose par l’évocation de la « dictature ». C’est franchement gonflé et vous sombrez dans l’outrance, quelle sera la prochaine étape de votre indigente rhétorique, je vous suggère de traiter vos opposants de terroristes, c’est porteur en ce moment et cela ne nécessite pas beaucoup d’imagination, cela devrait donc vous convenir.

Mais réglons une fois pour toute le sort de ce conseiller à la plume tellement élégante, surpris en pleine réunion publique en train de tenter de faire retirer le micro à Madame Aucante, donnant ainsi raison au dicton qui dit que l’on ne prête aux autres que les intentions que l’on porte soi même !

Mais tout de même, Monsieur le Maire, vous qui en appelez aux principes démocratiques, je vais vous raconter une petite histoire édifiante qui date de quelques jours. Madame Aucante a été élue au CVS de l’EHPAD avec une confortable avance sur le second candidat. La tradition démocratique veut que le poste de président revienne à celle ou celui qui a obtenu le plus de suffrages, or par un curieux hasard la personne arrivée en second assez loin derrière a, contre toute logique démocratique et toute honte bue, présenté sa candidature et second hasard a été élue président. Cette même personne s’était brillamment distinguée par son silence assourdissant lors de la réunion publique du 5 décembre, alors que l’annonce d’une augmentation sans précédent de la redevance va affecter très gravement les résidents et leurs familles. Cette peu glorieuse manipulation est une insulte aux familles qui ont apporté majoritairement leur confiance à Madame Aucante en la plaçant largement en tête du scrutin. Je n’ose imaginer quels en furent les instigateurs ?

Imaginez, si lors de votre élection à la mairie, Monsieur Mathieu, par exemple et par hasard, avait présenté sa candidature au poste de Maire et comble de malchance avait été élu ?

Monsieur le Maire, vous qui semblez vouloir vous instaurer en gardien de la langue française et de la syntaxe, je vous signale confraternellement que la présomption d’innocence que vous réclamez pour l’ancien directeur, s’applique lorsqu’une personne est mise en cause d’une manière ou d’une autre par la justice. Il ne semble pas que ce fut le cas de celui-ci. Cette expression est impropre et ne correspond à aucune réalité avérée.

Monsieur le Maire, passerez vous votre mandat à vous renier tous les matins au chant du coq ? Après avoir soutenu contre toute évidence que les augmentations de la redevance n’avaient pas pour but de s’aligner sur les tarifs élevés des EHPAD privés, vous voilà dans votre furie démonstratrice en train de l’avouer sans retenue. Je vous cite, citant vous même en la faisant vôtre, la note d’information DGAS/5B n° 2004/379 du 2.08.2004 du Ministère des Affaires Sociales : …« Cette procédure est contraire à la sincérité des comptes et peut même être dans le secteur des personnes âgées constitutive d’une concurrence déloyale avec les établissements commerciaux qui œuvrent dans le secteur des personnes âgées »

Les masquent tombent, après la prétendue impossibilité de verser une subvention à l’EHPAD, voilà maintenant la question de la concurrence avec le privé qui tombe elle aussi.

A quoi devons-nous nous attendre, quelle sera votre prochaine reculade ? Tout cela n’est pas très glorieux. Croyez bien, Monsieur le Maire, que loin de me réjouir du constat de vos errements, je m’inquiète au contraire des désastreux effets qu’ils produisent sur l’EHPAD et ses résidents et plus largement sur la commune et l’image qu’elle donne d’elle-même.

Permettez-moi, par conséquent de vous délivrer, de manière désintéressée, cela va de soi, le conseil suivant :

En tant que Maire vous devriez garder votre sang froid, éviter de sombrer dans les outrances et les excès de langage, et la première des mesures qu’il vous faudrait prendre pour cela serait de vous dispenser des services toxiques de ce conseiller plus prompt à vouloir assouvir des rancœurs personnelles et à viser les personnes, qu’à argumenter sérieusement sur le sujet en cause.

Le 23 décembre 2017

Gracchus

1) qui ne l’oublions pas a bénéficié d’une reprise sur amortissement de 300 000€ (différente de la subvention de 300 000 € versée par la municipalité en 2017)

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