EHPAD de La Bresse, règlement de comptes à OK Corral

ok-corral-3Les articles que vient de publier la presse locale au sujet de l’EHPAD de La Bresse résonnent comme un coup de tonnerre. On y découvre sous la plume du Maire  une double condamnation et entre les lignes un aveu d’incompétence ou d’aveuglement, ce qui revient au même. Condamnation de l’ancien directeur parti en juillet dernier et de la municipalité précédente conduite par Guy Vaxelaire. Incompétence ou aveuglement de l’actuelle municipalité conduite par Hubert Arnould. Ces articles reprennent les termes d’un communiqué de la Mairie publié suite à la réunion du Conseil d’Administration du CCAS qui je le rappelle est en charge de l’administration de l’EHPAD. Que nous apprend ce communiqué qui mélange les faits et les tentatives de justification du Maire face au désastre qui s’annonce.

Les faits tout d’abord : à la demande du Maire le nouveau directeur a été chargé de réaliser un audit de la situation. Je cite les termes du communiqué de la mairie évoquant les résultats de cet audit :

« Un manque de rigueur concernant le management des ressources humaines dans l’établissement, une désorganisation des services et l’absence d’optimisation des achats ont contribué à creuser un déficit structurel. »

« le plan de restructuration des bâtiments a été sous-estimé et surtout très optimiste en terme d’économies de gestion qui en fait se traduit en surcoûts…. Plus de surfaces à chauffer, éclairer, entretenir, tout cela couplé à un manque de financement des autorités de tutelle dû à un agrément sous-évalué »

Plus discrètement, on parle d’un lourd déficit au compte de gestion 2015. Certains évoquent même une possible mise sous tutelle de l’établissement ! Qu’en est-il en réalité ? Des réponses et des précisions rapides s’imposent.

Première question que tout le monde devrait se poser, me semble-t-il. Si les chiffres et les observations faites par le nouveau directeur sont exacts, et il n’y a pas de raison jusqu’ici de ne pas le croire, alors le Maire de La Bresse, Président du CCAS n’a rien vu et rien entendu pendant plus de deux ans et demi ? Il est vrai que l’ancien directeur a même été promu directeur du CCAS en mai 2015 par Monsieur le Maire. Pourtant la question de la « compétence » du directeur avait été soulevée à plusieurs reprises, par courriers adressés au Maire, sur la base de faits pour le moins troublants concernant notamment, la sécurité des résidents puis celle du bâtiment du 27 rue de la Clairie après les travaux de mises aux normes. Monsieur le Maire à l’époque, a fait la sourde oreille, face à ce qui pourrait être qualifié de graves manquements et a même tenté d’impressionner la Présidente de l’association de défense des résidents en la menaçant dans un courrier, d’actions contentieuses à son encontre. Cette lettre à la lumière de la situation actuelle, vaut son pesant de moutarde. Voir ci-dessous un extrait de celle-ci :

extrait-lettre-maireIl était très difficile d’obtenir des informations fiables sur la gestion de l’EHPAD : à plusieurs reprises Monsieur le Maire a mis des bâtons dans les roues à ceux qui demandaient communication de documents ordinairement communicables. Lors de la réunion publique d’information du 21 octobre 2015, malgré la demande réitérée par de nombreux présents, il ne fut pas possible d’obtenir de la part du directeur, en présence du Maire, le montant des provisions qui avaient été reprises dans le projet de budget, alors que la réponse à cette question était une des clés du problème.

Opacité et dissimulation semblent avoir été la règle, à tel point que le CCAS lui même et son Président, à moins qu’ils n’en fussent les organisateurs, en furent les victimes.

Nous sommes donc face à une sévère mise en cause par Monsieur Hubert Arnould de l’action de l’ancien directeur de l’EHPAD, qui jusqu’à son départ en juillet 2016, était pourtant considéré comme un excellent gestionnaire par Monsieur Arnould Hubert Maire/Président du CCAS, par ailleurs censé “évaluer les compétences professionnelles de celui-ci” et contrôler l’équilibre budgétaire et financier de l’établissement !!!

Chacun pourra juger, en son âme et conscience, au delà de la justesse d’évaluation du Maire/Président, de l’élégance de la manœuvre, vieille comme le monde mais pas moins immorale, et consistant à charger les absents. Monsieur le Maire a sans doute pris exemple sur Jérôme Cahuzac qui vient de nous expliquer que ses comptes offshore avaient été alimentés pour financer la campagne de Michel Rocard, disparu en juillet dernier.

En tout état de cause, si l’ancien directeur n’est pas exempt de responsabilités, l’actuel Maire, Président du CCAS les partage, au moins depuis deux ans et demi, largement avec lui.

Monsieur le Maire ne s’arrête pas en si bon chemin et met sur le compte de la municipalité précédente, menée par Guy Vaxelaire la responsabilité d’avoir sous estimé le plan de restructuration des bâtiments avec les conséquences en matière de gestion et sous évalué l’agrément, avec pour corollaires un financement des autorités de tutelle insuffisant. Nous laissons aux membres de l’ancienne municipalité le soin d’apporter, si il y en a, les éléments de réponse à ces graves accusations qui ne me semblent toutefois, pas totalement dénuées de fondements.

Nous nous félicitons aujourd’hui que la nouvelle direction ait décidé de mettre cartes sur table, mais il faudra aller plus loin et expliciter un certain nombre de points encore obscurs, comme « le manque de financement des autorités de tutelle dû à un agrément sous-évalué », qu’est que cela signifie, y aurait-il plus de résidents que de places agréées, donc financées? Quelles sont les conséquences sur le financement? Etc. Il faudra aussi publier les plans de financement et les tableaux d’amortissements des emprunts réalisés pour le nouveau bâtiment et celui du 27 rue de la Clairie, ainsi que les incidences sur les tarifs. Des informations non confirmées ont également circulé sur le plan de financement des travaux de mise aux normes du 27 rue de la Clairie, laissant entendre qu’aucune subvention n’aurait été sollicitée et donc perçue pour cette tranche de travaux ! C’est pourquoi la publication de tous les comptes avant la réunion d’explication prévue fin novembre est non seulement une nécessité absolue, mais aussi une obligation morale, sous peine de rendre suspectes toutes décisions futures.

La présentation faite à la presse, laisse penser qu’il n’existe pas de retour à l’équilibre sans augmentation des tarifs chaque année, pendant au minimum 3 ans et sans doute plus. Que la nouvelle direction de l’EHPAD ait fait un travail de mise à plat des comptes et de la situation est une excellente chose, et c’est ce qui aurait dû être fait depuis longtemps, n’est ce pas Monsieur le Maire/Président du CCAS? Que la nouvelle direction engage une réorganisation des services et une rationalisation des achats, nous ne pouvons que nous en féliciter ; mais que l’ultime issue envisagée à cette catastrophe annoncée soit encore une majoration très substantielle des tarifs n’est pas supportable, l’argument abondamment développé pour tenter de justifier cette mesure étant la comparaison avec les prix des EHPAD de la vallée. Singulièrement, personne n’explique que l’alignement sur les tarifs moyens de ces établissements, compte tenu des évolutions de prix qui y sont prévues pour 2017, nous mènerait à une augmentation d’au moins 300€ par mois à La Bresse!

Il sera difficile de faire accepter des efforts supplémentaires aux résidents et à leurs familles sans une véritable transparence des chiffres. L’augmentation des tarifs programmée pour 2017, les augmentations déjà annoncées pour 2018 et plus sont de véritables coups de poignards dans le dos des résidents. Il est inacceptable que ces derniers payent le prix de l’incompétence et de l’incapacité des responsables à contrôler la gestion.

Évoquons maintenant la question de la subvention communale à l’EHPAD. Jusqu’à présent, alors que l’Association de défense demandait à la municipalité d’exprimer sa solidarité avec les anciens, en versant une subvention permettant de contenir les augmentations qui sacrifient les petites retraites très nombreuses à La Bresse, le Maire affirmait que cela n’était pas possible. Il semblerait, à la lecture de ses dernières déclarations, que cela le soit devenu aujourd’hui. Tout le monde peut se tromper, mais il ne faudrait pas que l’erreur devienne un art de (ne pas) gouverner. Cela finit par faire désordre !

A la lumière encore trop faible des informations qui ont filtré, la subvention nécessaire à l’équilibre des comptes et à une stabilisation des prix de journée à son niveau actuel, s’élèverait à plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est le prix à payer par la municipalité pour assumer les erreurs du passé et assurer à nos aînés une vie digne dans un esprit de solidarité. Saura-t-elle le faire ? Elle en a les moyens.

La réunion publique d’explication prévue fin novembre devra, sur la base d’une information sincère et transparente, apporter les réponses attendues par tous.

Gracchus

Le 01 novembre 2016


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