Un micro pour la justice à Epinal

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Ayant plus que de coutume, les temps derniers, fréquenté les tribunaux de la république pour assister et soutenir l’animateur de l’Odeur du Sapin mis en cause devant ces mêmes tribunaux par Messieurs Heinrich député maire d’Epinal et Jodion Directeur des services de la ville d’Epinal , j’ai pu constater que contrairement à ce que stipule l’article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et l’article 6.1 de  la Convention européenne des droits de l’homme, à savoir que : « Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial… » il était quasiment impossible pour le public présent dans la salle et assis au delà du premier rang d’entendre et donc de comprendre la teneur des débats, la Présidente s’adressant aux prévenus et à leurs avocats, debout à la barre devant elle, d’une voix fluette et parfaitement inaudible.

La lecture de l’acte d’accusation et les questions aux prévenus, pourtant prononcées dans un silence religieux n’atteignaient pas les oreilles de 90% du public.

Alors que les salles des tribunaux d’Instance et de grande Instance d’Epinal  sont équipées d’un système de sonorisation dernier cri, et de micros ultramodernes, ces derniers pendaient là, inutiles et abandonnés au bout de leurs flexibles, frêles silhouettes désarticulées, telles des âmes en peine conscientes de leur vacuité.

C’est alors que défiant toutes les règles et les usages communément admis je me permis d’interrompre la Présidente pour lui faire part de mon juste courroux, partagé par le public, d’où montait crescendo un murmure réprobateur, qui rendait pour le coup l’audition encore plus improbable. Malgré une irritation perceptible, mais devant le soutien très sonore cette fois, de la salle, à ma demande, elle consenti après avoir reconnu que les micros ne fonctionnaient pas à hausser le ton afin de se faire entendre de toute la salle. Ce qu’elle fit durant les deux minutes qui suivirent pour aussitôt revenir au mode initial du quasi chuchotement.

A l’occasion d’une sortie de la Présidente et de ses deux assesseurs de la salle d’audience pour délibération, un débat s’engagea entre le public d’une part et la greffière et l’huissier restés sur place d’autre part. Ce fut l’occasion de constater la distance qu’il peut exister entre la réalité pourtant bien établie et la perception qu’en ont les auxiliaires de justice. Ces derniers affirmant mordicus et contre toute évidence que les débats étaient parfaitement audibles, et ajoutant, pensant sans doute impressionner la salle et apaiser « l’émeute » qui couvait, que c’était la première fois qu’une telle question était soulevée. Il n’en fallait pas plus pour que le différend rebondisse et gagne en intensité.

Heureusement, l’arrivée inopinée du procureur de la République promptement informé de la controverse eut pour effet de pacifier la foule, ce dernier en effet reconnut sans difficulté que cette question était légitime et nécessitait une solution dans les meilleurs délais

Du public fut aussitôt lancé l’idée d’une manifestation conjointe pour revendiquer des moyens supplémentaires pour la justice. Le Procureur en tout cas, sembla agréer la suggestion.

La reprise de l’audience fut précédée par une information du Procureur à la Présidente et aux deux assesseurs et tout le monde put constater une amélioration sensible du niveau sonore des débats.

Cette péripétie, malgré son caractère bon enfant et primesautier, n’en soulève pas moins une question de fond, celle du caractère public des débats, reconnu et prescrit par la loi. La justice est rendue « au nom du peuple français », le peuple français doit pouvoir entendre et contrôler ce qui se dit en son nom. C’est pourquoi je vous propose de signer la pétition ci dessous intitulée « un micro pour la justice à Epinal », pétition qui sera remise au Président du tribunal et au Procureur de la République.

Le 03 décembre 2016

Gracchus

Un micro pour la justice à Epinal

Pour que les débats soient audibles pour le public, dans l'enceinte judiciaire d'Epinal

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